Les lauréats du Pudlo Paris 2014

Article du 1 avril 2014

Pudlo Paris 2014

Voilà les lauréats d’une riche année. Avec les photos de Maurice Rougemont.

Chef de l’année : Thierry Marx

Sur Mesure par Thierry Marx – Paris 1er

MR_FR_75_7746MR_FR_75_7746MR_FR_75_7746MR_FR_75_7746MR_FR_75_7746MR_FR_75_7746MR_FR_75_7746MR_FR_75_7746

Il est fortiche techniquement, solide humainement, forçant l’empathie, un cuisinier magicien pas comme les autres. Pour le découvrir, entrez dans son « sas » façon cabine spatiale, au cœur du Mandarin-Oriental. Et laissez-vous séduire par ces plats vifs, qui semblent toujours jaillir d’une boîte magique. Un peu jus de cerveau, un brin gadget, sans jamais perdre le sens du goût : voici la manière Marx. Franco-français avec des influences asiatiques néo-nippones, adroit dans son sens des couleurs comme des saveurs, son style est séducteur en diable, vivifiant, avec douceur, légèreté, malice. Manière de dire que la planète Marx est accueillante, formidablement gourmande.

Révélation de l’année : Stéphanie Le Quellec

La Scène – Paris 8e

MR_FR_75_13121

Il y a le décor moderne, le service enlevé, le cadre du Prince de Galles revu en palace contemporain. Stéphanie Le Quellec se met en scène dans une cuisine ouverte avec marbre et atmosphère lumineuse, ludique, de haut niveau. Cette Parisienne de 31 ans, qui fut lauréate du Top Chef 2011, connaît ses classiques. Elle a de la trempe, du relief, du caractère. Ses plats, ses produits, ses idées en témoignent. Séducteurs, vifs, nets, jouant les saveurs franches, ses mets parlent à la sensibilité autant qu’à l’intellect. Bluffants, amusants, sérieux! Les desserts sont frais et subtils. De quoi se dire que la vie en temps de crise a du bon à Paris. Vive Stéphanie, la nouvelle star !

Evénement de l’année : Bruno Verjus

Table – Paris 12e

Europe/France/Paris.Restaurant Table. Bruno Verjus

Bruno Verjus, blogueur passionné, a créé un événement près du marché d’Aligre. Il s’est créé un chic comptoir en étain avec espaces bar, boutique ou rôtisserie. Tout ce qu’il propose relève de l’exceptionnel. Le bœuf blonde d’Aquitaine de Polmard, le porc noir gascon de Saint-Géry, la fourme de Valcivière des Hautes Chaumes, le beaufort d’alpage de Mons, sans omettre les légumes et champignons d’Annie Bertin ou de Joël Thiébault. Et tout ce qu’on sert là est absolument superbe. Avec ses deux aides japonais, Bruno prouve qu’il est un vrai chef (d’orchestre et de gourmandise). Sa demeure est à saluer chapeau bas pour tous les fanas du goût.

Découverte de l’année : Takayuki Honjo

ES – Paris 7e

DSC07035

Es ? Le « ça » freudien. A cette sibylline enseigne, voilà  « the » table à découvrir. Le jeune maître de maison s’appelle Takayuki Honjo, a travaillé à l’Astrance, chez Mugaritz, Noma, Quintessence. Assez pour situer le personnage, discret, qui travaille en one man chaud. Le blanc décor lui ressemble. Les mets défilent avec franchise, subtilité au fil de bien jolis menus surprises qui frisent la perfection dans la netteté, avec brio et sincérité, sans jamais pousser aux strass et aux paillettes. Il y a là une sincérité dans la volonté de convaincre sans forcer le trait qui émeut. C’est ce qu’on nomme un événement.

Table étrangère de l’année : Ivan Schenatti

Officina Schenatti – Paris 5e

 Europe/France/Paris. Officina Schenatti. Ivan Schenatti

Ce Lombard du nord du lac de Côme fut, sept ans, le chef d’Armani Caffè. Le voilà modestement chez lui, non sans chic, avec murs de pierre, banquettes de velours, tables non nappées. Le tout est un peu sombre le soir, et la grande foule n’est pas au rendez-vous. Raison de plus pour se rendre dans cette « officine » dédiée à la cuisine de la Botte sous sa forme artisane : pâtes faites maison, comme les glaces et les biscuits vous attendent là, juste pour le plaisir de se régaler sans œillères. Tout ce qu’il promeut est d’une grande délicatesse : petits gnochettis à la farine bio aux supions ou spaghettis d’épeautre poêlés à la joue de porc et œufs carbonara. Réservez !

Brasserie de l’année : Eric Fréchon

Lazare – Paris 8e

MR_FR_75_13258

Le décor qui joue le moderne et le rétro à la fois, la carte alléchante, les vins qui plaisent au verre et en flacon, l’accueil non stop, la gaieté et la clarté : voilà ce qu’on trouve dans la brasserie d’Eric Fréchon, sise à l’orée de la gare Saint-Lazare. On se régale à coups de terrine de maquereau au vin blanc, sole dieppoise, poitrine de cochon grillée. Fréchon, qui sait s’entourer et servir les quelques heureux comme le grand nombre, a réussi un coup de maître. Il y a les jolis vins au verre , les sandwichs a comptoir, les petits déjeuners gourmands et les desserts à fondre (joli « Paris-Deauville »). Bref, réservez, courez. Il y a du monde !

Bistrot de l’année : Jean-Baptiste et Virginie Gay

Les Botanistes – Paris 7e

Europe/France/Paris. Les Botanistes. Jean-Baptiste et Virginie GayEurope/France/Paris. Les Botanistes. Jean-Baptiste et Virginie GayEurope/France/Paris. Les Botanistes. Jean-Baptiste et Virginie GayEurope/France/Paris. Les Botanistes. Jean-Baptiste et Virginie GayEurope/France/Paris. Les Botanistes. Jean-Baptiste et Virginie GayEurope/France/Paris. Les Botanistes. Jean-Baptiste et Virginie Gay

Leur bistrot de cœur réjouit avec son sol en céramiques, son bar, ses colonnes, ses affiches anciennes, ses mets malicieux, ses vins subtils. L’ardoise fait plaisir, le service rassure, l’accueil sourit. Jean-Baptiste et Virginie Gay se relayent avec aise, lui en cuisine, derrière son placard ouvert, elle de la desserte à la salle. Un bon mot, un conseil, une idée, un cru au verre et l’ambiance est lancée. Il y a les desserts à ne pas louper, car Jean-Baptiste fut pâtissier dans une vie antérieure, formé chez Peltier, passé chez Philippe Conticini. Son mille-feuille à la légère crème vanillée est une petite merveille. Bref, voilà un p’tit bonheur à Paris la grande ville.

Bistrot de l’année : Laetitia Rouabah et Alain Ducasse

Allard – Paris 6e

MR_FR_75_13464

Le dernier bon coup de Ducasse : la retrouvaille d’une vieille gloire reprise avec la jeune Laetitia Rouabah aux fourneaux. Le cadre années 1930 nus ou années 1950 de part et d’autre de la cuisine ouverte au vent, est inchangé. De Fernande à Laetitia, les mêmes jolis mets de cuisine bourgeoise à retomber en enfance : pâté en croûte, œuf cocotte, escargots : le public est heureux qu’en apparence rien n’ait changé. André Allard disait : « Les clients ne viennent pas chez nous faire des découvertes gastronomiques, mais pour retrouver de vieilles connaissances culinaires. » C’est ce que promeut une carte alléchante.

Rapport qualité-prix de l’année : Christophe Chabanel

Invictus – Paris 6e

Europe/France/Paris. Invictus. Christophe Chabanel

Il fut notre « jeune chef de l’année 1995 », wonderboy parisien, élevé au biberon de papa Vigato chez Apicius, à la Dînée dans le 15e. Lorsqu’on a su qu’il revenait à Paris, après six ans d’exil en Afrique du Sud,, on est accouru. Bref, le voilà intact, ou quasiment. Toujours fringant, œuvrant en one man chaud dans une cuisine placard et délivrant l’une des plaisantes cuisines du moment au gré de son humeur. Son menu-carte est un cadeau, offrant, c’est le mot à ce niveau de qualité, des choses bonnes, exquises, légères, ayant du goût, jouant le côté canaille chic. Le service est complice, les vins bienvenus. Voilà une redécouverte qui fait plaisir.

Maître d’hôtel de l’année : Patrice Jeanne

Le 114 Faubourg – Paris 8e

Le 114: Patrice Jeanne maître d'hôtel et son équipe.Si l’annexe du Bristol prend son envol c’est non seulement grâce à la cuisine d’Eric Desbordes, mais aussi au service mené par Patrice Jeanne qui la met en scène avec brio. Ce dernier, qu’on connut jadis au Plaza Athénée, veille sur une salle fleurie sur deux étages en père protecteur, souriant à tous, pratiquant le conseil plein de vivacité, comme la découpe au guéridon d’une volaille avec dextérité. Les classiques de la maison font toujours merveille : œuf King Crabe et mayo, superbe fish & chips présenté dans son journal british et magnifique mille-feuille avec son caramel coulant. Bref, un grand maître d’hôtel pour des agapes de grande classe.

Maraîcher de l’année : Joël Tiébault

Les Légumes de Joël – Paris 16e  

Europe/France/Paris. Joël Thiébault, maraîcher, sur le marché de l'Alma.

Joël Thiébault est la star de son métier. On peut venir quatre fois la semaine, sur le marché Gros-La Fontaine, ou celui de l’Alma, découvrir ce prince des herbes rares, ce pédagogue du légume parfumé, coloré, qui cultive ses jardins de Carrières-sur-Seine et prend le temps de livrer le bon conseil à tout un chacun. Ce maraîcher d’exception explore les nouvelles variétés, diversifie sa production. Ses choux-fleurs, comme ses tomates anciennes, courgettes, poivrons, artichauts, ou ses pommes de terre, ainsi que sa mélisse, sa coriandre et son laurier sont des poèmes dédiés à Dame Nature. Cet expert ès culture rare est un enchanteur du quotidien.

Volailler de l’année : Julien Bissonnet

Le Coq Saint-Honoré – Paris 1er

Europe/France/Paris. Le Coq Saint-Honoré. Julien Bissonnet

Les Bissonnet des Nivernaises ont repris cette maison historique de la volaille. La tradition est toujours aux commandes de cette belle enseigne avec Julien, dont le père tient la Boucherie Lalauze dans le 19e. Dans les casiers se trouve le meilleur des belles volailles françaises. Poulet jaune des Landes, volaille de Bresse du Chapon Bressan, cros de la géline, rare gauloise à crête blanche, issue d’une ferme de Jonquières dans le Tarn, jouxtent canard de Challans, lapin Rex du Poitou, pigeon de Vendée, agneau des Pyrénées, volailles festives du Gers, gibiers de Château-Thierry, de Sarthe ou de Beauce et saucisson de Conquet.

Fromager de l’année : Michel Fouchereau

La Fromagerie d’Auteuil – Paris 16e

Europe/France/Paris. La Fromagerie d’Auteuil. Michel Fouchereau

Il est le roi fromager d’Auteuil – un roi discret, certes. Michel Fouchereau, Vendéen de Paris et MOF 2004 de son registre, vient de refaire en beauté, dans les tons gris, avec son comptoir en pierre, sa jolie boutique villageoise dédiée aux bons fromages fermiers sous toutes leurs formes. Belles pâtes de montagne, cantal, saint-nectaire, comté de 33 mois, morbier, vacherin mont d’or, beaufort d’alpage, mais aussi superbes gruyère, fribourg ou étivaz, jolis chèvres de Loire, roquefort, saint-marcellin, cantal ou saint-nectaire sont présentés avec maestria et commentés avec science.

Pâtissier de l’année : Christophe Adam

L’Eclair de Génie – Paris 4e

Europe/France/Paris, Christophe Adam pâtissier, "l'Eclair de génie"

Il est l’homme aux 36 éclairs, aux saveurs folles, mais si douces. Ce natif de Landivisau (Finistère), passé au Gavroche à Londres, au Crillon, chez Fauchon, s’est lancé comme un grand, créant ses concept store et lançant une marque qui le révèle. Le résumer en quelques éclairs est difficile. Fins macarons ou éclairs avec passion et framboise, caramélia, cigare ou vanille noix de pécan sont quelques-unes des merveilles qu’il propose. Il faut compter avec Christophe Adam dont le brillant corner dans la galerie commerciale du Passy Plaza dans le 16ee vaut le détour.

Boulanger de l’année : Priscillia et Sébastien Hayertz

Boulangerie Raphaëlle – Paris 18e  

MR-FR_75_14004

Enfant de Montmartre, Priscillia venait acheter son pain ici, rêvait de passer derrière le comptoir. Devenue pâtissière, elle laisse à Sébastien le soin de confectionner des pains spéciaux dont une superbe baguette à fermentation lente avec une farine Label rouge. Mie crème alvéolée, goût acidulé, croûte dorée : superbe ! On prend ici son temps pour fabriquer des croissants qui se reposent, avant d’incorporer le beurre avec le laminoir, secret d’un feuilletage aéré… Pains au chocolat, aux raisins, chaussons aux pommes, tarte aux myrtilles, gaufres liégeoises donnent envie de prendre un abonnement.

Chocolatier de l’année : Nicolas Berger et Alain Ducasse

Le Chocolat Alain Ducasse – Paris 11e

MR_FR_75_9471

Alain Ducasse s’est offert un bien joli cadeau avec un atelier de torréfaction, des crus au top et un homme de confiance expert Nicolas Berger      qui fabrique la « masse » maison, gère les couvertures, mitonne les tablettes, ganaches, bonbons. Le résultat ? Superbe, avec un cacao travaillé au plus près de sa vérité, sans sucre inutile. Des mélanges tels que l’emblématique coco-praliné-Passion à fondre, une ganache infusée à la menthe à tomber à la renverse, une vanille à se pourlécher, plus des tablettes « grand cru » de toute beauté et des provenances rares mises en avant (de Java, Madagascar, Venezuela, Pérou, Trinidad). Du chocolat trois étoiles !

A propos de cet article

Publié le 1 avril 2014 par

Et vous, qu'en avez-vous pensé ? Donnez-nous votre avis !