Arthur : le combat continue

Article du 27 juillet 2026

On avait parfois présenté J’ai perdu un bédouin dans Paris comme le livre d’un amuseur qui se découvrait écrivain. C’était mal le lire. Ce premier récit était avant tout un long cri dans la nuit, né du séisme du 7 octobre, de la douleur d’Israël, du silence de tant de consciences et de la nécessité, pour Arthur, alias Jacques Essebag, né à Casablanca, devenu l’animateur préféré des Français, de dire enfin « je ». Avec Même la nuit ne veut pas de moi – une sorte de suite obligée, Arthur ne change pas de registre. Il poursuit son chemin. Ce deuxième livre est d’ailleurs moins une suite qu’un prolongement. Le cri devient combat. Combat contre un antisémitisme qui ne se cache plus, qui s’affiche parfois sans complexe, ou qui s’insinue plus sournoisement dans les discours, les médias, les conversations, jusque dans les silences complices.

Arthur raconte ses nuits sans sommeil, ses peurs, les menaces, la solitude, mais aussi les élans de fraternité qui lui permettent de tenir. Il ne cherche ni à convaincre ni à régler des comptes. Il témoigne. Avec une sincérité qui désarme, une écriture simple, directe, sans effets, il raconte ce que beaucoup éprouvent sans toujours trouver les mots pour le dire.  Il y a dans ces pages une conviction qui traverse tout le livre : face à la haine, le pire serait de se taire. Écrire devient alors un acte de résistance. Non pour entretenir les blessures, mais pour empêcher qu’on les oublie. Un témoignage courageux – celui d’un amuseur public qui met sa réputation, son poids dans la balances -, un coup de poing puissant, nécessaire, qui éclaire une époque où l’antisémitisme, sous des formes nouvelles ou anciennes, est redevenu une réalité quotidienne.

Même la nuit ne veut pas de moi , d’Arthur Essebag (Grasset, 256 pages, 22 €).

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Publié le  27 juillet 2026 par

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