Les Racines
« Exquises Racines, généreuses Racines (Paris 6e) »
C’est un bistrot récent (tel quel, il date de 6 ans), mais vu à l’ancienne, avec son coin d’angle genre vieux café refait et agrandi d’une salle cosy, avec ses nappes à carreaux rouges, surmontées de papier, son atmosphère de bouchon de toujours, façon Doisneau, Cartier-Bresson ou Isis, mâtiné de Willy Ronis. Bref: très vieux Paris sans chichi. Aux commandes: un aubergiste de coeur, qui fut mon « bistrot de l’année » 2007: j’ai nommé Jean-François Debert. Il fut jadis le patron du voisin Maître Paul (devenu Monsieur le Prince et évoqué il y a peu), a gardé ce qui fut son annexe modeste, en a fait un lieu de coeur.
Impossible de ne pas aimer son bagou, son sourire, sa faconde sans ostentation. Maître après Dieu dans ce café d’anodine apparence, il se contente d’y offrir, à prix angéliques, des choses douces et bonnes issues de produits de qualité. Salade de lentilles (4,50 €), hareng pommes tièdes à l’huile (5,50 €), velouté de potimarron aux brisures de châtaignes, tête de veau sauce gribiche, saucisse de Monbéliard aux lentilles, andouillette AAAAA (on ne les a pas perdus, ceux là!) ou encore splendide foie de veau meunière, tirés d’un registre canaille, mais tenu à la perfection, font bel effet.
Il y a encore le superbe et si tendre boeuf gros sel (issu de paleron) avec ses légumes de saison (14 € sur l’ardoise du jour) ou la bavette d’aloyau avec ses frites (12,50!). On boit là dessus un menetou salon de Roger à Bué, un saumur-champigny de Daheullier, un bourgueil de Vémont à Benais ou encore un brouilly de Dutraive, tous choisis avec un nez comme ça, tarifés sans méchanceté et qui se boivent comme des élixirs de jouvence. In fine, on craque pour un pot de crème au café à se pourlécher. Jean-François Debert, un restaurateur? Un philantrope.
















