Neva

« Neva (Paris 8e): exceptionnel! »

Article du 10 janvier 2012

Beatriz Gonzales et Yannick Tranchant © GP

On vous en a parlé à l’ouverture. On vous en donne des nouvelles six mois plus tard. Neva Cuisine ou Neva tout court, c’est mieux que bien! Il y a un cadre d’angle, genre bistrot chic, néo 1900 avec ses globes lumineux et hauts plafonds dont on a oublié qu’il s’agissait d’une pizzeria, il n’y a guère, plus une ambiance chaleureuse et gaie, une carte menu (à 37 € en tout compris) qui vaut le déplacement jusqu’à ce quartier de l’Europe cher aux frères Caillebotte (rappelez-vous « Rue de Paris, temps de pluie »). Bref, si vous n’êtes jamais venu à l’angle de la rue de St Pétersbourg et de la rue de Berne, honte à vous!

Spaghetti de calamar © GP

Gourmet parisien, qui vous pâmiez hier chez Septime et avant hier chez Saturne, sachez que c’est là que les choses se passent aujourd’hui. Il y a le talent conjoint de Beatriz Gonzalez, la chef, mexicaine formée jadis à l’Institut Bocuse d’Ecully, puis chez Senderens, enfin à la Grande Cascade, et de Yannick Tranchant, le pâtissier, qui officia, au Bois de Boulogne dans cette dernière maison, où ils se rencontrèrent et formulèrent, ensemble, le projet de leur table neuve. A dire vrai, ils travaillent à quatre mains, se complètent, se relayent sans rupture. Beatriz réalise avec dextérité la sphère au chocolat de Yannick, tandis que ce dernier peut mitonner avec dextérité les tempuras de la première.

Sot l'y laisse © GP

Bref, ça déménage rue de Berne! Venez vite goûter les spaghetti de calamar(s) au lomito Iberico de Bellota, avec sa fine crème de cresson et son rien de piment d’Espelette, le sot l’y laisse au potiron, présenté façon nem ou fine raviole, et sauce suprême (corsée) à l’huile de truffe, la dorade demi-sel avec sa tombée de poireaux et gingembre aux baies de genièvre, la volaille fermière des Landes aux pommes de terre confites, plus thym/citron, avec sa peau rôti en tempura, pistou d’amandes. A ce niveau de prix et de modestie, c’est tout bonnement exceptionnel!

Dorade royale au beurre demi-sel © GP

On donne une pelletée d’étoilés rassis dans leurs certitudes pour ce faux couple (de fait, Matthieu Marcant, le mari de Beatriz, gère la salle) qui raconte la cuisine du jour, le goût du moment, sans tomber dans les tics et les travers de l’époque ou les chichis d’usage. Un rien d’épices, des saveurs bien corsées – Beatriz n’est pas mexicaine pour rien. Et voilà qu’on se régale sans se lasser en prenant rendez-vous, déjà, pour la semaine d’après. Allez y le midi, c’est plus calme, plus aéré. On y est quasiment entre soi et soi. Mais le soir, si vous trouvez place, après avoir soigneusement réservé, c’est également cosy.

Volaille fermière des Landes © GP

A ne pas louper surtout: des desserts de haute volée, comme la fameuse sphère déstructurée au chocolat Samana, qu’on vit jadis chez Emmanuel Renaut à Megève, avec ananas confit aux épices douces (chez « Manu » c’était à la poire), ou encore le chocolat Légato, avec caramel et cacahuète en fin sablé, qui donne envie d’y revenir sans cesse. On oublie, au passage, le marron d’Ardèche comme un Mont-Blanc et le biscuit noisette avec sa pomme confite à la vanille, sa tuile beurrée.

Sphère en chocolat © GP

Chocolat Légato © GP

Les vins au verre ne sont pas mal vus (vif chablis, fringant gewurz de Josmer, léger pinot noir ou morgon de Foillard joliment rouge rubis). Bref, on y revient très vite et on remercie le ciel qu’une maison comme celle là existe !

Le décor © GP

Neva

2, rue de Berne
Paris 8e
Fermé sam. midi, dim., 3 sem.août. Jusqu’à 22h15. M°: Liège, Europe, Rome
Tél. 01 45 22 18 91
Menus: 29,50 € (formule), 37 € (entrée plat dessert)
Carte: 55 €

A propos de cet article

Publié le 10 janvier 2012 par Gilles Pudlowski
Catégorie : Coups de coeur, Restaurants
Tags : , , , , , , , , , , , , , , , ,

7 commentaire(s) pour “Neva (Paris 8e): exceptionnel!”

  1. Bonjour,
    J’ai découvert il y a peu de temps ce restaurant grâce à votre article… et c’était fabuleux !
    Mon père étant chef, je suis un peu difficile à contenter au restaurant, mais Neva m’a littéralement subjuguée :-)
    Un grand merci donc !!

  2. Nicholas dit :

    The service was terrible. We were seated then we waited at least 15 minutes before anybody took care of us. We had to ask for the menu on two occasions. We were asked if we would like an aperitif, we chose glasses of champagne. After ten minutes waiting for those we had to ask again to be served. By now we had already ordered. The waiter brought the wine to the table at the same time as the champagne, naturally he did not ask me to taste the wine at that moment but then he never came back to ask me later either. The starters were OK, as for the main course, my wife took the St Pierre, quite alright but the smallest portion of fish I have ever seen. I took Lard…., which according to Neva clearly means a piece of pork FAT, just FAT. There was little you could really eat without risk of heart problems one hour later and the raw onions that were served at the same time did little to help. When we explained our dissatisfaction I was offered an entrecote. If I had wanted an entrecote I would have chosen one from the beginning. Understandably we did not stay around for desert, even the melting chocolate ball, how original, now where have I seen that before…..At the end I really had the impression that they did not really care that I was not satisfied. This restaurant is nothing special, nothing new., as for creativity, if you really think they are creative you should get out more aften. They are just riding the wave of being new and no doubt living on the recommendation of friends of friends of family. Do not waste your time nor money.

  3. Christophe V dit :

    MERCI!
    Conseil exceptionnel pour une cuisine en effet exceptionnelle. Venus de Strasbourg, nous n’avons pas hésité un instant à faire un crochet par ce bistrot qui sera sous peu un futur grand. Il a tout compris à la gastronomie : simplicité de l’accueil, choix de produits marché de qualité et cuisine gouteuse.
    On y reviendra !

  4. Guillier .P dit :

    restaurant de très grande qualité à recommander !!!!
    le ris de veau croustillant un régal ! la queue de bœuf mélange de parfum très subtil et la fameuse sphère chocolatée à ne surtout pas manquer !!
    bravo….
    cordialement
    P.G

  5. LauQ dit :

    Une des mailleures tables de Paris assurément!
    Nous y avons déjeuné vendredi 13 et ce fut en tous points parfait.
    Créativité, originalité, maîtrise, service aimable et pro, émotion au rendez-vous pour la désormais fameuse sphère…

  6. Ariane dit :

    On est d’accord avec vous, on y a déjà déjeuné ou dîné avec délice trois fois et par chance, on est presque voisins :
    http://ariane.blogspirit.com/archive/2011/08/02/decouverte-de-neva-cuisine.html
    http://ariane.blogspirit.com/archive/2011/10/20/neva-cuisine-vive-la-liberte.html
    En effet, le rapport qualité-prix est exceptionnel !

  7. L. GODARD dit :

    Bonsoir,

    De passage à Paris, j’ai eu l’occasion d’y dîner; Un vrai délice. Vivement l’occasion d’y retourner. Ahhhhh, la sphère au chocolat !!!!

    Cordialement



Et vous, qu'en avez-vous pensé ? Donnez-nous votre avis !

Découvrez d'autres articles similaires:

  • 1 août 2011 • Coups de coeur, Restaurants

    Et la Neva va… fort bien! (Paris 8e)

    Un coup de coeur signé Didier Chambeau notre avocat gourmet, emballé par une toute neuve table de jeunes créateurs, au coeur du quartier de l’Europe. Ecoutons-le. Yannick, Béatriz et Matthieu © Didier Chambeau A l’angle des rues de Berne et de Saint-Petersbourg, Béatriz Gonzales qui fit ses classes chez Senderens puis fut chef en second de Frédéric...

    Lire la suite de l'article...
  • 17 octobre 2011 • Restaurants

    Café Faubourg (Paris 8e) : Keigo est arrivé!

    Keigo Kimura © GPSi vous avez loupé le début de l’histoire, sachez qu’il s’appelle Keigo Kimura, qu’il était le chef japonais des Bons Enfants tant vanté par les initiés gourmands aux Bons Enfants de St Julien du Sault, dans l’Yonne. Et qu’il est arrivé il y a tout juste un moins au coeur du Paris...

    Lire la suite de l'article...
  • 29 juin 2011 • Restaurants

    Vernet (Paris 8e): sérieux comme Poitevin

    Laurent Poitevin © GP Il n’est pas Poitevin, mais Angevin, a travaillé au Bristol et au Crillon, époque Constant, sans omettre le Taillevent, avant d’être le chef de l’Angle du Faubourg. Depuis un mois, le très discret Laurent Poitevin fait tourner les machines au Vernet (on ne dit plus « les Elysées », comme on temps de Cirino,...

    Lire la suite de l'article...
  • 14 février 2011 • Restaurants

    Bouchet, le discret (Paris 8e)

    Dominique Bouchet en cuisine et son maître d'hôtel © GP Ce Charentais discret constitue un cas à part dans la restauration parisienne. A la fois cuisinier artisan, maestro de sa rue gourmande où il possède trois enseignes (je vous parlerai vite de son « Little B« ) et pigeon voyageur, il semble aussi à l’aise au Japon qu’à...

    Lire la suite de l'article...
  • 17 novembre 2010 • Coups de coeur, Restaurants

    Un festival d’automne chez Gagnaire (Paris 8e)

    Pierre Gagnaire chez lui © GP Un repas chez Pierre Gagnaire, c’est toujours un moment de folie douce. Il y a le festival des amuse-gueule, le rite des entrées à rallonge, les mets de saison en variante amusante et changeante, les desserts en deux actes, après les pré desserts, comme un instant de fête. Mais une...

    Lire la suite de l'article...