La Rivière

« Strasbourg: une rivière de plaisir(s) »

Article du 25 décembre 2011

La serveuse, les soupes divines et Richard Meier © GP

Sacré Richard Meier! Lutin gourmand et gourmet, expert en vins, savant en cuisine d’Asie, chercheur tout azimut. On le trouva jadis en flagrant délit de folie et de recherches moléculaires au R dans la Grand Rue. Le voilà revenu chez lui, et à la raison, dans la maison de son père (« Der Chinese Meier« ) et de sa mère, dédiant à cette dernière, native du Tonkin sa neuve version (« My Mother’s Kitchen« ) de ce qui fut la Rivière des Parfums. Tandis que sa soeur Babeth, dans l’exquise et voisine Cambuse, poursuit sa voie marine et étoilée, que sa nièce gère avec sérieux l’Oignon nouvelle mode, non loin, il explore, avec sa compagne d’origine iranienne, désormais aux fourneaux, toutes les saveurs de l’Asie gourmande.

Sashimi de boeuf au gingembre © GP

Un peu de Chine et de Vietnam, mêlés à un soupçon de Corée, des clins japonisants et thaïs, et voilà la plus des cuisines exotiques délivrées dans le Strasbourg bigarré, éclectique et ouvert du moment. Détournez vous du marché de Noël pour venir goûter ici la soupe de crevette de Hué, qui, comme dit ma consoeur Nadine Dehaye de France Bleue, grande supportrice du lieu, « explose de saveurs« . Citronnelle, grenade, gingembre et mille herbes agiles vous donnent ici du tonus. Il y a aussi les sashimi de boeuf au gingembre, les splendides ravioli de dorade minute, quasi al dente, en pâte chinoise, les nems frits ou les rouleaux de printemps à se faire soi même, proposés en »kit », le poulet grillé à la citronnelle (lemon grass en anglais dans le texte) ou encore dim sum à la cantonaise plus le riz au jasmin, les pâtes jaunes végétarienne à l’huile d’olive, la purée de taro et le kimchi de légumes, dont le chou rouge à la coréenne divin. Venez vite: c’est bon, nouveau, exquis, pas cher… et réservez. Car il n’y a pas de place pour tout le monde…

Ravioli de daurade minute © GP

En prime, des livres de bonne extraction, disséminés ici et là, donnent une idée littéraire de la maison,  qui est à la fois bar à eau et à vins, offrant de grands crus au verre de Bourgogne, de la vallée du Rhône et d’ailleurs, sans omettre un thé vert genmaicha au goût de riz grillé qui vous requinque le gourmet fatigué en un clin d’oeil.

La Rivière

3 rue des Dentelles
67000 Strasbourg
Tél. 03 88 22 09 25
Carte: 20-36 €

A propos de cet article

Publié le 25 décembre 2011 par Gilles Pudlowski
Catégorie : Coups de coeur, Restaurants
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5 commentaire(s) pour “Strasbourg: une rivière de plaisir(s)”

  1. mastrofabi dit :

    l empire des sens  » la rivière » savoir detourner de la mal bouffe avec des parfums subtils et des prix en concéquences que de l esbrouffe et aux manettes richard meier. savories ? restaurant ? ……..faut pas nous prendre pour des touristes!!!!!

  2. Marie dit :

    C’est devenu cher malheureusement mais c’est toujours délicieux et le cadre est magnifique et ultra romantique …

  3. Alain dit :

    Unique, décalé, inclassable. Bar/restaurant à livres, expositions d’oeuvres contemporaines, ambiance feutrée, sonorité musicale rare. Nous fûmes charmés par les lieux, l’accueil, la cuisine hors du commun. L’influence de la période moléculaire est sensible, mais dans le bon sens. La complexité des saveurs et telle que le maître des lieux vous apprend l’ordre des plats disposés en présentoir devant vous. Du sucré à l’acide, en passant par un plat neutre pour rebondir sur les autres saveurs. Un plaisir de la leçon gustative, avec les vins à la hauteur des plats. Prenez le temps, savourez. Un pur moment de bonheur. Merci.

  4. Les prix sont indiqués, juste après l’adresse. Comme pour tous les restaurants signalés par ce blog.

  5. Riane dit :

    Comme je suis toujours à la recherche de bons restaurants sur Strasbourg, je me demandais si vous pouviez me préciser les prix pratiqués par ce restaurant?
    Je croyais pour ma part qu’il s’agissait d’un « savories bar », sorte de bar à tapas?

    Merci d’avance et merci pour vos adresses (je demande à ma grand-mère de garder la page hebdomadaire des DNA lorsque je suis à Lyon pour mes études…)



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