Le Central
« Le Central à Roanne: Troisgros version douce »
Pile face à la gare de Roanne, une façade d’hôtel grise revue, discrète, sans tapage… On pénètre à l’intérieur. Et on découvre l’annexe de la maison Troisgros. Douce, jolie, fine, ludique. Michel a imaginé là, avec l’aide du designer Champsaur, le plus séduisant des cafés/épiceries.
C’est le Central, avec sa salle 1880 aux piliers corinthiens, ses camaïeux de gris, ses fauteuils marrons, ses tables de bois couvertes de sets élégants. Le menu, qui se dédouble, entre déjeuner et diner, à prix câlins, est gentiment canaille, jouant la mode italienne avec légèreté, finesse, malice. Le sablé à la tomate au thym frais, le risotto d’escargots, le rigoureux vitello tonnato côtoient les moules « comme chez Hortense« , au Cap Ferret, les gambas à la plancha, sauce orientale, la poêlée de grenouilles fraîches avec ail et gingembre, la marée de poisson safranée ou la raie meunière aux câpres, sans omettre les aiguillettes de canard rôties sauce cressonnière.
Il y a encore le steak tartare haché à la seconde, la « presa » de cochon à la charcutière, joli moment de cuisine ménagère, plus la belle tête de veau sauce tortue, superbement canaille. Patrice, en salle, veille avec dynamisme, en père protecteur, sur la maisonnée. Il sillonne les tables avec ardeur, sourit aux uns, conseille les autres, rassure les habitués. Bref, il est le garant de l’ambiance douce du lieu. Il y a une salle particulière pour les agapes de famille et d’amis. Tandis qu’un recoin très déco joue la bibliothèque de bon ton.
On vend aussi les pâtes et sauce tomate, les livres et sets de tables, les vins, huiles et condiments estampillés maison, sans omettre les confitures et les aigres-doux de la copine Christine Ferber de Niedermorschwihr. Et on ne néglige pas les desserts superbes, genre dariole au chocolat coulant et glace pécan, « panini » choco/praliné, mille-feuille framboises à la chantilly ou encore tarte aux noix de pécan qui s’additionne d’une glace au café à se rouler par terre.
Bref, on passe ici un moment de fête dans la sérénité, en buvant bon, sans prise de tête. En vedette: la toute voisine côte roannaise de la maison dite“ les Blondins ” vinifiée avec l’aide du copain star de l’appellation Robert Sérol, qui fut le plus fruité des gamays, sans omettre le joli côtes du Rhône la Félicitée du domaine des Bouzons qui coule en bouche comme du velours. C’est là, face à la gare, une légende Troisgros qui se fait docile, s’offre à tous au moindre coût (23 €, la petite formule du midi, 27 € la complète) et ne dispense pas – ce sera la prochaine étape – de rendre visite à la maison mère.















