Lao Tseu
« Les plaisirs sages de Zhu Wen (Paris 7e) »
« On dit de moi que je suis le « maître vénérable » ou le « sage enfant », ceci est de peu d’intérêt. Seul le sage montre l’étoile, l’imbécile, lui, regarde le doigt« . Le ton est donné sur le menu de la maison, dans cette suite d’aphorismes qui précède l’énoncé des mets Nous sommes chez Lao Tseu. Ou plutôt chez Zhu Wen. Cet aubergiste affable et policé, natif de Shanghaï, tient depuis vingt ans déjà cette discrète demeure bourgeoise et intime sur deux niveaux, face au métro Bac, sur le boulevard St Germain. Le tout Gallimard et sa banlieue y ont élu domicile. Je dois l’adresse à Eric Neuhoff, qui y emmène sa mère et y croise- eh oui, tout arrive, surtout dans le 7e – BHL. Mais chacun reste discret.
On peut venir là pour des dînettes charmeuses, sérieuses et sages, un joli menu vapeur à 17 €, qui offre, c’est le cas de la dire, un excellent rapport qualité prix. Le potage aux ravolis de crevettes, l’assortiment de dim sum (fins hakao, exquis siau maï), le poulet pané (un peu épais, toutefois) sauce citron, celui au curry, présenté (eh, eh, c’est un signe…) en cocotte Staub, avec sa fine sauce à peine aqueuse, le riz gluant ou le cantonais, comme la mangue fraîche, laissent de doux souvenirs.
On est là entre gens de bonne compagnie, sur deux étages, avec des tables bien mises et bien nappées (les rondes sont évidemment plus propices aux confidences), de gens de l’édition qui devisent du marché du moment, de la foire de Francfort et du monde comme il va. L’été, il y a une terrasse sur le boulevard. L’hiver, tout ce petit monde est là au chaud, dans une salle à manger cosy qui pourrait celle de votre cousin de Pékin (ou de Nankin). Bref, voilà un joli chinois BCBG, qui plaît à tous aisément sans se hausser du col.














