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Les chuchotis du lundi: Chefs sur France 2, les frères Dumant, Alléno, Le Quellec, Ravin

Article du 16 février 2015

Drôles de « Chefs » sur France 2

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« La » série dont on parle: « Chefs » sur France 2, réalisé par Arnaud Malherbe. Certes, elle ne donne pas une idée très valorisante du monde de la cuisine (entre humiliations, passage à tabac, taquineries ou tabassages, harcèlement sexuel ou simplement sexisme), mais se regarde avec plaisir. Entre le décor de la salle – celle de Gilles Epié au Citrus-Etoile-, avec le conseil culinaire de David Toutain pour les plats joliment épurés, et le jeu talentueux d’excellents acteurs comme Clovis Cornillac, en leader éclairé façon Ducasse/Maximin/Veyrat, Robin Renucci, en homme d’affaires gourmet (on a sans doute pensé à François Pinault), Hugo Becker en émule de Ratatouille, surdoué naïf, et quelques autres bien vus, d’Anny Cordy à Anne Charrier… Evidemment, on en reparlera… Toutain, Ducasse, Gagnaire et son lieutenant Michel Nave font partie des chefs remerciés au générique.

Les frères Dumant récidivent

Jérôme et Stéphane Dumant © GP

Jérôme et Stéphane Dumant © GP

On avait évoqué leur nouvelle demeure. On les suit depuis belle lurette. Les frères Dumant, Jérôme et Stéphane, qui adorent les vieux bistrots, les gardant dans leur jus (ainsi la Pizzeria d’Auteuil, l’Auberge Bressane dans le 7e, le Paris 16 ou encore la Villa des Ternes) jouent la carte des « routiers », mais un routier sympa, façon 16e. Leur nouveau s’appelle Les Marches (c’était aux Marches du Palais), et se trouve au pied de la volée de marches qui sépare leur très discrète rue de la Manutention du plus passant boulevard du Président Wilson, au pied du Palais de Tokyo dédié à l’art contemporain, tout voisin du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Il y a la devanture à l’ancienne, les mosaïques au sol, le bar comptoir, les stucs au plafond, la collection de menus au mur, les nappes en papier à carreaux rouge et blanc, les tables en bois, les chaises idem, les serveuses souriantes, la carte comme avant, les petits prix, le bon frichti d’antan. Bref, un retour joyeux aux années 1950…

Alléno: l’étoile manquante de Courchevel

Au 1947 © JD Sudres/Voyage-Gourmand

Au 1947 © JD Sudres/Voyage-Gourmand

Et si ce n’était pas le Alléno de Paris qui devait être couronné de trois étoiles? La décision aurait été prise en haut lieu par Michelin de décerner la récompense maximale au 1947, le riche laboratoire cuisine signé Yannick Alléno à l’hôtel Cheval Blanc de Courchevel, après des visites répétées des inspecteurs du guide rouge l’hiver dernier. Mais le beau Yannick s’installant en septembre à Paris, le Michelin aurait changé son fusil d’épaule, ne voulant pas décerner deux fois la même récompense au même cuisinier la même année. Ce dernier aurait d’ailleurs émis le souhait d’être plutôt lauréé à Paris ce qui lui permettrait d’engager les grands travaux annoncés au Pavillon Ledoyen et se montant à quelque cinq millions d’euros en toute sérénité… A Courchevel, en tout cas, le 1947 a été crédité de cinq couverts rouges, dans l’édition 2015, soit un de plus que l’an passé – alors que le décor n’a pas changé – le plaçant ainsi en tête des tables citées de la station. Et le commentaire, fort élogieux, a été renforcé, vantant « une superbe partition de cuisine contemporaine, où la créativité et l’audace technique sont toutes entières guidées par la recherche des saveurs« . Le guide rouge ajoute même: « quelle leçon! » Ne manquent que les trois étoiles…

David Le Quellec: du four au Moulin

David Le Quellec ©  AA

David Le Quellec © Alain Angenost

David Le Quellec, mari de Stéphanie, la très médiatique chef du Prince de Galles, prend la direction des cuisines du Moulin Rouge de Paris. C’est au Georges V, auprès de Philippe Legendre, que son parcours a vraiment commencé, là aussi qu’il a connu sa future épouse, puis l’a accompagnée au Terre Blanche Hôtel Golf Spa, à Tourrettes-sur-Var, pour rejoindre les cuisines, dirigées par Philippe Jourdin. Quand Stéphanie, qui avait brillé à Top Chef sur M6, en a pris la tête, il en fait de même à l’Impérial Garoupe, au Cap d’Antibes. Après être montés tous deux à Paris, Stéphanie prenant les cuisines du Prince et lui, celles du Concorde Opéra, qui changera plusieurs fois de noms au gré des repreneurs (c’est désormais le Hilton), le voilà à un sacré poste. Ce bon meneur de brigade, gros bosseur et excellent cuisinier, a pour mission de faire en sorte que les clients du Moulin Rouge aient autant du plaisir dans l’assiette qu’avec le spectacle de cette adresse fameuse dans le monde entier.

Des Antilles à Monaco: Magic Marcel

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Marcel Ravin © Alain Angenost

Marcel Ravin, qui est, depuis 2004, le chef exécutif du Monte-Carlo Bay Resort et Spa, s’était donné pour but d’obtenir le mythique macaron. Une étoile brille désormais sur le Blue Bay, son restaurant gastronomique. Le 2 février 2015 sera une date gravée dans sa mémoire. Savait-il, enfant sur les plages de son île, regardant le ciel étoilé, que l’une d’elles se décrocherait pour lui un jour? C’est à sa grand-mère Yvannesse qu’il doit d’avoir eu l’envie de devenir chef. Tout petit, il était toujours dans ses jupes, hypnotisé par sa façon de préparer ses recettes aux parfums inoubliables. Les moments difficiles sont loin derrière lui depuis son arrivée en métropole, n’ayant jamais baissé les bras. Sergio Mangini, DG du Monte-Carlo Bay, a cru en lui, lui qui l’avait fait venir à ses côtés, comme chef du Méridien Bruxelles. Cette étoile, tant méritée, il tient à lui dédier, ainsi qu’à son équipe dont certains le suivent depuis le début de son aventure monégasque et fier de ses racines, à la Martinique, là où tout a commencé.

A propos de cet article

Publié le 16 février 2015 par

Les chuchotis du lundi: Chefs sur France 2, les frères Dumant, Alléno, Le Quellec, Ravin” : 1 avis

  • Vaslin Jean-Jacques

    Marcel Ravin à réussis le grand écart « d’un rocher à l’autre », avec une souplesse et une audace maitrisée.
    Ses créations graphiques et colorées, entrainent nos papilles dans un festival de sensations exotiques.
    Ses variations sont justes, raffinées, intelligentes, ses plats signature somptueux.
    Une équipe remarquable, un confort et un niveau de service exceptionnel font du Blue Bay le cadre idéal d’une aventure culinaire incomparable. Magique !

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