La gloire du Baratin (Paris 20e)
Mon pote (ou mon cousin à la mode Bretagne) Bruno Verjus, qui l’adore, en parle dans le dernier n° de Trois Couleurs (et sur www.foodintelligence.fr). Pour un blogger anglais, pris de « hitparadite » aigue, c’est tout simplement « the best bistrot in the world« ‘. Et j’en connais quelques uns de futés et de gourmets (n’est ce pas Francis Staub, n’est ce pas Pierre Hermé?) qui donneraient toutes les tables étoilées du monde, pour un abonnement ici même.
Disons que c’est non seulement la meilleure table de la rue Jouye-Rouve (il est vrai qu’elle n’est pas bien grande), mais surtout celle qui vous donne envie de redécouvrir les coteaux de Belleville, et même de grimper les marches (interminables) du métro Pyrénées, juste pour elle. Il y a l’ambiance de bistrot parigot comme dans le temps, la décoration sobre et dans le vent, la compagnie de soiffards intellos qui ne boivent pas n’importe quoi et font attention au contenu de leurs assiettes, les jolis crus de Philippe Pinoteau, plus, bien sûrs, les plats pleins de vivacité, de malice, de fraicheur, de simplicité, de sincérité de la douce Raquel Carena.
Cette Argentine d’origine, n’ayant pas perdu son bel accent, est devenue parisienne par amour, elle fait son marché avec science et compose ses formules du moment avec doigté. Depuis 23 ans, elle et Philippe rameutent en duo les gourmands/gourmets de partout. Et rien ou presque ne semble avoir changé depuis leurs débuts. Le menu du déjeuner à 16 €, qui en est le meilleur exemple, est une bénédiction. Ce midi, c’était la divine salade d’oreille de cochon aux gros haricots blancs avec sa jolie vinaigrette au basilic, genre pesto, le brave pâté de tête des familles, le ragoût de poissons aux moules, pommes de terre et tomate (un joli morceau de lotte avec son « os »), une queue et/ou une joue de boeuf en daube. Bref, de « l’ordinaire », mais superbement fait.
Avant, bien sûr, les desserts, qui font la part belle aux fruits du moment: figues rôties ou salades de cerises dénoyautées. Avec un blanc des coteaux de Loir vif et frais, une « poignée de raisin » rhôdanienne du domaine Gramenon, plus un café serré, on fait un repas exquis, ridiculement peu coûteux (moins de 60 € à deux).
Bref, on a juste envie d’embrasser Raquel à la sortie et de ne confier l’adresse qu’à ses amis.















