Là où vivent les hommes, de Christian Signol

Article du 1 octobre 2021

 

Un paysage sauvage, un plateau magnifique, une ferme, ses agneaux, son berger, sa fermière esseulée : dans ce hameau de Lozère isolé débarque, par hasard, un voyageur venu d’ailleurs, qui cherche à oublier un drame. On le comprendra vite : Etienne, notre narrateur, est trader dans une banque; il est jeune, à peine trentenaire, a perdu brusquement sa femme aimée, cherche l’oubli, fuyant un monde de bruit et de fureur, non seulement Paris et de douloureux souvenirs, mais une vitesse inutile. Il va peu à peu coller au paysage, trouver de nouveaux compagnons, aidant Achille le berger auprès des bêtes, relayant Louise, la fermière, prenant peu à peu sa place. Dans une langue magnifique à la Giono, le Signol de « Une si belle école » et de « la Rivière Espérance » se fait le chantre exalté de la terre lozérienne qui bouge avec une souveraine lenteur. Solitude immaculée et beauté sauvage, changement des heures et vigueur des saisons, force des choses et intemporalité de la nature : on songe à « Regain », comme au « Moulin de Pologne » qui évoquaient la Provence des hauts plateaux. Mais le Clavel du « Seigneur du Fleuve », comparant la sauvagerie de la ville et la civilité de la nature n’est pas loin non plus. Voilà en tout cas un bien beau livre compagnon qui s’inscrit dans un lignée d’écrivains naturels au souffle durable avec hauteur, fierté, justesse.

Là où vivent les hommes, de Christian Signol (Albin Michel, 246 pages, 19,90 €).

 

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Publié le 1 octobre 2021 par
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