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Table

« Table (Paris 12e): l’atelier de Bruno »

Article du 26 avril 2013
Bruno Verjus © GP

Bruno Verjus © GP

Soyons bref: ce gars-là est formidable. Soyons objectif: Bruno Verjus vient de créer l’événement que le 12e attendait. Soyons clair: le marché d’Aligre et environs est en train de vivre un formidable happening gourmand sous la houlette du plus remuant des blogueurs gourmets. Soyons net: tout ce que propose notre Bruno national relève de l’exceptionnel. Le boeuf blonde d’Aquitaine signé Polmard, le porc noir gascon de St Géry, la fourme de Valcivière des Hautes Chaumes, le beaufort d’alpage de Mons, sans omettre les légumes et champignons d’Annie Bertin ou de Joël Thiébault tiennent lieu ici de viatique.

Bonite crue © GP

Bonite crue © GP

On est là ici en pèlerinage gourmand. Et ne dites pas, de grâce, que rien de tout cela n’est exceptionnel, que c’est à la mode et que tout le monde fait ça. L’événement – car événement il y a – c’est le gars Bruno qui est passé de l’autre côté de la barrière. Avec son copain financier et huilier Olivier Baussan, il s’est créé un chic comptoir en étain avec ses espaces bar, boutique ou rôtisserie. Il y a de la brique rouge et du métal vif argent, des recoins de table façon « stammtich » comme on dit en Alsace et des tabourets en bois qui donnent l’impression – l’illusion ? –  d’être chez soi.

Treccia di bufala © GP

Treccia di bufala © GP

Un Atelier Robuchon version popu? Pas vraiment. La déco est chic, soignée. Et, côté prix, Bruno frappe fort. Mais c’est une manière de vendre la qualité à son prix, de placer haut la barrière de hiérarchie où se situe cette demeure neuve. Entre nous, si je pouvais vendre mes articles au prix où il vend son ris de veau (à 47 €) et ses morilles (exquises, à 52 €), je  ne m’en priverai pas. Il y aussi, à côté des grands crus, tarifés sans aménité, une côte roannaise (Bruno est natif de Roanne, rappelons le) à 24 €, signée Dominique Lapendéry, absolument délicieuse.

Lotte et huile de laurier © GP

Lotte et huile de laurier © GP

A part cela, tout ce qu’on sert là est superbe, absolument superbe: bonite crue de St Jean de Luz avec infusion de sauge et agrumes, premières morilles du Jura sauce vin jaune (elles valent leur prix, c’est dire!), treccia di bufala (mozzarella façon tresse très crémeuse) avec champignons blonds de Paris splendides, au goût terreux et terrien. On ajoute le paleron de boeuf rôti bien rouge sur l’os avec sa purée de carottes et d’orange safranée, la lotte avec huile de laurier, condiment fanes de radis, ail des ours et petits légumes de printemps.

Premières morilles du Jura © GP

Premières morilles du Jura © GP

En issue, la crème façon mousse de chocolat au gingembre relevée d’une crème anglaise à l’oseille assure, comme le splendide ananas « bouteille » du Bénin, rôti deux heures, découpé devant vous, comme chez Passard à l’Arpège, flanqué d’une bouleversante crème glacée aux trois vanilles. Il y a encore le café de l’Arbre à Café, le service complice, la belle énergie déployée derrière le comptoir. BV n’est pas JR, mais l’esprit est identique.

Paleron de boeuf rôti sur l'os © GP

Paleron de boeuf rôti sur l’os © GP

Avec ses deux aides japonais, Bruno prouve qu’il est un vrai chef (d’orchestre comme de gourmandise). Les fèves crues de cacao et les cendres de poireaux avec la mozzarella façon tresse sont de vraies idées de cuisine et de cuisinier. Bernard Loiseau disait, à qui voulait l’entendre que « la star en cuisine, c’est le produit« . Bruno Verjus le prouve à qui en douterait. Sa demeure est à saluer chapeau bas par tous les fanas du goût.

Ananas et crème glacée vanille © GP

Ananas et crème glacée vanille © GP

Mousse chocolat et crème d'oseille © GP

Mousse chocolat et crème d’oseille © GP

Table

3, rue de Prague
Paris 12e
Tél. 01 43 43 12 26
Carte : 45 (déj.), 65-90 (dîn.) €
Fermeture hebdo. : Samedi, dimanche
Métro(s) proche(s) : Ledru-Rollin
Site: www.tablerestaurant.fr

A propos de cet article

Publié le 26 avril 2013 par

Table” : 18 avis

  • Emmanuel Krivine

    Nous retournons dans deux jours chez Verjus.Tellement c’était bon la dernière fois!Et intéressant.
    Et l’ambiance ,et le cadre,et le choix des vins .
    Et,surtout,la personnalité de Verjus!Et sa « présence »,et sa culture,etc.etc;
    Je pense que les commentaires entrevus sont dûs,inconsciemment ,à la jalousie:les clients n’aiment pas,généralement,que le cuisinier « existe » trop.
    Nous,on adore!
    Bravo !

  • Blanchard

    J ai vraiment honte d avoir propose à mon père ce restaurant que je trouvait au demeurant accueillant et s’ympa pour déjeuner en famille le midi
    3 coquilles st Jacques sans corail perdues dans l assiette prix exorbitant et franchement même pas exceptionnel au niveau du goût de tlute façon étouffe par le contenu de l assiette …
    Avons été prix pour des pigeons

  • Broquelet

    Enorme déception pour ce restaurant qui prend ses clients pour des touristes américains. Nous avons été sans douté été trop charmés par l’accueil pour avoir accepté une bouteille présentée comme (je cite) une « surprise » par le sommelier et à qui nous avions indiqué « nous vous faisons confiance ». Surprise qui s’est dévoilée au moment de l’addition. Nous avons été estomaqués de constater que cette bouteille que nous attendions en phase avec le rapport tarifaire des menus gastronomiques (60 € par personne) était de…..280 €. Donc soirée ratée. Dommage.

  • Thierry

    Le fait d’avoir très bien dîné la première fois où j’ai découvert cette Table.. ( magnifique ris de veau à la truffe d’Alba) me retenait d’écrire un article désagréable.
    Mais 4 jours après un dîner où nous avons réglé à 2 , 300 € pour 6 entrées 2 dessert et 2 verres de vin je ne peux m’en empêcher …
    Certes les coquilles st Jacques et les œufs miroirs étaient accompagnés de truffes ( pas transcendantes) mais quand même …
    A l’exception de magnifiques oursins norvégiens très bien préparés le reste était sans grand intérêt ( tartare de bar sans assaisonnement )
    Le rapport qualité prix n’est pas acceptable.
    Dommage car l’accueil est agréable ,le décor réussi mais cela ne sera pas suffisant pour y revenir

  • Bernard

    Tout à fait d’accord avec Benoît.
    Très très très surfait, à la limite du mépris pour le « couillon de client ».
    Prix ENORMES portions minuscules, je veux bien que ça soit des produits exceptionnels mais quand même. Que des vin « natures » et ceux qui sont à prix abordables piquent un peu….
    Pas un brin de générosité dans l’assiette et le service prend les clients pour des ploucs. Mr Verjus était là mais s’occupe peu de ce qui se passe en salle.
    Fuyez cette Table il y en à plein de bien plus généreuses à Paris.

  • Amélie marie

    Nous étions 3 et avons chacun apprécié nos plats : trompettes et chanterelles -œuf mollet -parmesan, agnelle, sole, ris de veau. Les plats sont « sur le produit » et les cuissons étaient superbes. Personnellement, j’ai été déçu par le dessert « la pomme » : une pomme au four avec une glace à la pistache, bien mais sans plus.
    Addition : 80€ par tête avec 1 verre de vin pour une des trois personnes et 2 bouteilles d’eau.
    Côté accueil, nous avons dû dire et re-redire que nous ne buvions pas de vin. Le serveur est même arrivé avec une bouteille de vin blanc à la main pour nous proposer encore une nouvelle fois du vin.
    Nous ne le recommandons pas, même si nous avons heureusement très bien mangé, à cause des relances sur les boissons et du prix qui est trop élevé vis-à-vis de l’expérience vécue en comparaison avec d’autres restaurateurs qui ont, eux aussi, de bons produits avec un meilleur rapport qualité prix.

  • Ce fût une très belle expérience pour ma part. Les produits sont magnifiques et la passion du Chef Verjus est vraiment communicative. Je vous propose de retrouver mon récit ici : http://lapassiondugout.com/restaurants/table-paris-12eme/

  • Isa

    Nous y avons dîné la semaine dernière et c’était excellent. Tout ce qui est dit ci-dessus est globalement vrai. Les plats sont chers mais parfaits. Je trouve juste que la personne qui a pris la commande exagère dans ses propositions d’extras hors de prix. Une assiette en apéritif à 24 euros et du vin blanc au verre (18 euros le verre tout de même) proposé en fin de repas, sans indiquer le prix…une bouteille entamée à finir?
    Sinon le chef est très abordable et parle avec passion de ses produits tout en les cuisinant devant vous.

  • Amélie

    Malheureusement, je ne suis pas de l’avis des internautes ayant publié ci-dessus….
    Je suis allée chez Table la semaine dernière et très déçu par les assiettes et les prix exorbitants pratiqués. Paris regorge d’endroits de bien meilleur rapport qualité prix.

  • sh34

    Tout à faut d accord avec Benoit, beaucoup de bruit pour rien…accueil snob, quand vous demandez qu est ce cette viande crue proposee en entree, on vous la sert d office acturee en amuse bouche a 24€. Le vin au verre vous est recommandé en fonction des bouteilles ouvertes… Amateur, non ? Personne n est vraiment près du client, ici àTable c est le vide sidéral, ambiance exangue qui se veut in the mood. Pas 12e du tout, très loin des feu « banquettes ». Boulogne peut etre pour Table mais pas ici, il y a tellement d authenticité ailleurs, à deux pas. Les vrais sont ailleurs sans tambour ni trompette, ici pas de saveur, que du pompeux. Passez votre chemin, Il y a tellement de belles adresses alentour !

  • benoît

    Je ne comprends pas l’emballement autour de Table. De mon côté, j’ai testé Table sur les conseils d’un fournisseur de Verjus. Au final, si je pèse le pour et le contre, j’en ressors assez déçu car l’addition (150 euros à deux en soirée) n’est pas la hauteur de la prestation. Coté service, c’est assez amateur avec un petit côté snob. Côté cuisine, proposer une pintade rotie à 40 euros (blanc, haut de cuisse, sot-l’yl-less) accompagnée d’une asperge verte posée sur le côté à 40 euros c’est simplement ridicule et trop cher pour de la cuisine de marché. Que la viande soit parfaitement cuite, très bien, mais c’est un pré-requis de cuisinier (devenant rare certes)…Ici aucune travail de cuisinier à proprement parler….Mes derniers restaurant sont Benoît (même prix mais avec un service et des produits tops et du travail en cuisine), Terroir Parisien et le Cotte-Roti (12e) avec un menu à 38/ euros le soir.
    Enfin, à titre du personnel, j’ai encore du mal à admettre (ou à justifier) que pour bien manger au restaurant, il faille débourser 150 euros… Gardons les pieds sur terre !!! Restaurant pour « happy few »…

  • Laurence

    Le commentaire de Nathalie est juste. Une cuisine de produits plus que parfaits. 10 morilles peut être mais c’etait juste un échantillon! Divines!!!! Mousse au chocolat à tomber… N’hesitez pas.

  • Nathalie

    Retour d’une soirée merveilleuse chez Table :
    Tout d’abord je précise qu’avec mon mari, nous sommes fous de restaurants. Quand je dis fous, nous testons toutes les semaines 1 nouveau restaurant. Donc dire que nous connaissons bien ce qui se pratique sur la place de Paris n’est pas qu’une simple affirmation.
    Ensuite, mon mari est un fin cuisinier qui court tout Paris pour trouver les meilleurs produits ( Hugo Desnoyer pour la viande, Dominique Maury pour le poisson, Terroirs d’avenir pour les légumes, Quatre Hommes pour les fromages). Donc bien manger avec de bons produits à la maison, ça nous connait aussi.
    Je dois dire que nous avons été époustouflés par la cuisine de Bruno Verjus.
    Son repas a tout simplement été l’un des meilleurs de ces dernières semaines.
    Les produits extraordinaires : un turbot de l’Ile d’Yeu de 7kg, des truffes d’été, des fleurs toutes plus savoureuses les unes que les autres
    et ceux qui mettent en avant le prix des plats ne connaissent pas le prix des bons produits.
    Bruno Verjus sublime des produits exceptionnels. En cela, il est totalement différent de la plupart des autres restaurants parisiens.
    Courez-y !

  • gibier

    J’ai compté 10 morilles moi. C’est absolument ridicule.

  • @Michel: L’article de fs semble avoir généré certaines réactions un peu trop hatives. Il faut essayer avant de juger. Ca fait 20 ans que je cuisine à un niveau sérieux et admet volontiers que plein de restos sont d’une banalité repoussante, mais je m’abstiens de juger sur la base de simples impressions. Bruno Verjus connait suffisamment le milieu pour y rajouter une plus value, donc ai bien hate d’aller y faire un tour lors d’un séjour à Paris. Je jugerai à ce moment là.

  • michel szer

    la querelle des anciens et des modernes?Lire l’article de votre confrère fs sur son blog.Une réponse me ferait plaisir,car tout ça me parait très cher,au fait on trouve des morilles dans le 93.

  • stéphane

    C’ est moi qui calcule mal ou le coéfficient des plats sont stratosphériques ? tout ça m’ a l ‘ air bien délicieux en tout cas !

  • Tout a l’air très bon et préparé au poil.

    Mais juste pour être sûr d’avoir bien compris, l’assiette avec la douzaine de morilles (photo: Premières morilles du Jura) coûte à elle seule 52€ ?

Et vous, qu'en avez-vous pensé ? Donnez-nous votre avis !

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