Un dimanche à Ville d’Avray de Dominique Barberis

Article du 8 septembre 2019

Vous souvenez-vous du film de Serge Bourguignon, « les Dimanches de Ville d’Avray », sorti en 1962, où Hardy Kruger, jouant un pilote de guerre devenu amnésique, entretenait une étrange amitié avec une petite fille avec laquelle il se promenait aux étangs de Corot. Sur ce thème, mais en filigrane, loin, en avant, Dominique Barberis, dont on connaît l’écriture sensible, brode une histoire parallèle: deux soeurs se rencontrent dans cette même commune mi-urbaine, mi-champêtre à Ville d’Avray où habite la seconde, qui vit avec son mari médecin et s’ennuie. Elle rencontre, par hasard, un étranger d’origine hongroise avec qui il ne se passera pas grand chose, mais ce « pas grand chose » fait lui-même la matière d’un récit fort et tendre. Dominique Barberis excelle, avec des grâces modianesques, à scruter les lignes de l’ennui dans la vie des êtes, les entre-lignes où s’immiscent les possibles. Elle raconte aussi l’habitat de banlieue, avec les maisons et les communes qui se chevauchent, la verdure et les arbres qui s’immiscent ça et là comme une sorte d’oasis incertain. Doux, précis et fin, voilà un petit livre dont on a envie de reprendre la lecture sitôt la dernière ligne achevée.

Un dimanche à Ville-d’Avray, de Dominique Barberis (Arléa « la rencontre », 125 pages, 17€).

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Publié le 8 septembre 2019 par
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