La naissance d’un Goncourt vue par Yann Queffelec

Article du 7 novembre 2018

Drôle, percutant, passionnant, hilarant même, c’est le récit de la naissance d’un écrivain et de son « coaching » vers le Goncourt par cette diablesse de Françoise Verny. Yann Queffelec raconte sa rencontre improbable avec la « papesse de l’édition » sur le quai de Belle-île (« toi, chéri, tu as une gueule d’écrivain« ), ses allers/retour avec la mer, l’île et le Castel-Clara où l’ogresse de Gallimard (qui restera aussi vingt ans chez Grasset) est en pension complète, refait le monde en décortiquant des langoustes ou en bâfrant des camemberts, puis ses montées/descentes au 46 rue de Naples, le domicile parisien de la dite Françoise. Yann Queffelec qui publie, avec elle, grâce à elle, le Charme Noir, puis les Noces Barbares, portraiture son éditrice en personnage hors norme – ce qu’elle était  (l’auteur de ces lignes publia sous sa houlette le Voyage de Clémence, paru chez Flammarion en 1987 et peut en témoigner!). Elle réclame ses pages à cors et à cris, interdit à son auteur de prendre l’avion (le récit de son vol en Concorde avec feu son épouse, la pianiste Brigitte Engerer est homérique), le conduit jusqu’à l’issue heureuse. C’est un récit picaresque, une ode à la grand pythie littéraire disparue, un chant sensible, plein d’humeur et d’humour qui se lit comme on se joue.

Naissance d’un Goncourt, de Yann Queffelec (Calmann-Lévy, 234 pages, 17,50 €).

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Publié le 7 novembre 2018 par
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