5

Auberge du Pont d’Acigné

« Guillemot en Bretagne: le jeune qui monte qui monte… »

Un article plus récent sur le même sujet est disponible sur notre site, vous pouvez le retrouver en cliquant ici

Article du 14 juin 2010

Il est le jeune qui monte dans le pays rennais, le wonder-boy d’Acigné. UN OVNI aux portes de Rennes? Au contraire, un chef modèle dans une nouvelle région phare qui cherche son identité à travers son identité et ses traditions. Le village de Noyal est paisible au bord de la Vilaine. Il y a l’auberge face au moulin et à la rivière, la terrasse, la salle quiète avec ses quelques tables.  Ce fut jadis là un « bar station-service ».

Sylvain Guillemot et son épouse Marie-Pierre, qui travaillèrent tous deux chez Alain Passard, à l’Arpège parisien, elle en salle, lui en cuisine, ont investi le lieu il y a quatorze ans. Ils ont grandi, gardant leur enthousiasme. Ils sont demeurés, modestes, très bretons d’allure, c’est à dire sans fioriture, ni ostentation, peaufinant leur manière, se dotant d’un service de classe, avec la sommelière Isabelle Jumel, sorte de Jeanne d’Arc du bon vin qui vous dégotte un pouilly fuissé (de Robert Denogent), une côte rôtie (de Jamet) ou un beaujolais rosé (signé Marcel Lapierre), de derrière les fagots. Bref, ils offrent la meilleure table « jeune » de la Bretagne conquérante du moment.

Une Bretagne fière, certes, de ses produits remarquables et de ses artisans, mais qui ne fait pas payer son talent plus cher qu’il ne le faut : voilà ce qu’on trouve ici et qu’il faut applaudir largement. On passe sur les très tendance « spaghetti » de pommes de terre avec leur mousse d’huître à l’avruga. Mais quand on goûte l’admirable maquereau au bouillon de curcuma, la langoustine crue en carpaccio à la rhubarbe, les asperges poêlées à la vinaigrette truffée, sans omettre ce morceau de bravoure et de roi qu’est l’admirable cochon de lait à la broche aux épices, servi avec sa fine peau craquante, ses petits légumes légèrement caramélisés, on se dit que quelque chose d’exceptionnel se passe dans ce coin champêtre du pays rennais.

Guillemot, qui a la main légère, le souci diététique de son maître Alain Passard et le sens du produit parfait, est bien devenu un grand de sa région. Même si la chose ne se sait pas encore. Il n’y a pas d’esbroufe dans sa manière, ni de ratés dans ses menus à thème. Qui n’oublient pas les desserts à risque  (mais réussis), telle la « coccinelle » à l’endive (en chips et sorbet), plus framboise (en coulis), plus crumble aux amandes, retombant parfaitement sur les pieds. Bref, ce chef de grand talent est demeuré un artisan cuisinant avec bon sens.

Autant dire que sa région lui doit une stèle. Et si le Pudlo Bretagne 2010 (Michel Lafon/Le Télégramme) le récompense cette année, avec deux assiettes et le titre de « jeune chef de l’année », il ne fait que précéder le mouvement de la mode qui ne va pas tarder ici à déferler.

Auberge du Pont d’Acigné


35530 Noyal-sur-Vilaine
Tél. 02 99 62 52 55
Menus : 27 (déj., sem.), 38, 57, 80 €

A propos de cet article

Publié le 14 juin 2010 par

Auberge du Pont d’Acigné” : 5 avis

  • lionel

    superbe restaurant nous avons hate d’y retourner

  • Magnifique déjeuner vendredi 10 février 2012 avec le menu « Tout truffe » à 135 € pour 6 plats. Tarte de navets, espuma de poireaux à la truffe d’anthologie, Ravioles d’oignons & bouillon de truffes, craquant de foie gras succulentes et Glace au foie gras exceptionnelle auront marqué particulièrement cette prestation. Isabelle Jumel, l’espiègle sommelière, nous a concocté des accords vineux idoines dont un Anjou sec AOC 2009 du Château de Fesles remarquable, un Côtes du Rhône Château des Tours 2007 de la même lignée et surtout un inattendu AOC Alsace 2007 de Marc Kreydenweiss associant Riesling et Pinot gris. On attend impatiemment l’année prochaine …

  • yves

    je serais plus circonspect mais bon!……….

  • Jean-Pierre

    On se bien chez Marie-Pierre et Sylvain Guillemot. Pas d’esbrouffe dans la présentation des plats, Sylvain va à l’essentiel, le goût. Et que dire de son superbe pain de campagne ? Contrairement à un autre au fin fond du Finistère qui en propose une multitude complétement décalés par rapport aux plats proposés, ici il n’y en a qu’un, à la mie fondante, à la croûte craquante. Normal, il est pétri et cuit chaque jour. Côté vin, laissez faire Marie-Pierre qui parcourt inlassablement les vignobles et les salons à la recherche de ce qui se fait de mieux pour accompagner la délicieuse cuisine de son mari. En ce moment, le menu Truffe est l’expérience incontournable et obligatoire (Dans 3/4 semaines, j’y serais !). A la saison de l’asperge et des fraises, le dessert composé à partir de ces 2 ingrédients est phénoménal ! Service tout attentionné avec notamment la pétulante et malicieuse Isabelle.

Et vous, qu'en avez-vous pensé ? Donnez-nous votre avis !

Auberge du Pont d’Acigné