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Les Lauréats du Pudlo Alsace 2026

Article du 2 mars 2026

Vive l’Alsace gourmande ! Découvrez ci-dessous le palmarès du Pudlo Alsace 2026 dévoilé ce lundi 2 mars à Strasbourg. 

 

 

Autant de coups de coeur à croquer dans le 8e numéro de TAG Magazine disponible dans les tables primées, restaurants & hôtels de la région. 

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Cuisinier de l’année : 

Jean-Yves Schillinger – JY’S, Colmar

 

Jean-Yves Schillinger © DR

Jean-Yves Schillinger ? On a suivi cet Alsacien voyageur dans toutes ses aventures, à Colmar chez papa Jean, à la brasserie du Théâtre, à Soulzmatt dans un music-hall gourmand, à New York dans l’ancienne Côte Basque de Jean-Jacques Rachou, au golf du Kempferhof en consultant éclairé, et désormais dans sa maison moderne et ancienne à la fois, dite JY’S, devenue Bord d’Eau, quai de la Poissonnerie. Cet éternel jeune homme, élève de Joël Robuchon, passé chez Gérard Boyer à Reims et au Crillon, relayé en salle par une équipe au taquet, s’est forgé une identité propre avec un style à la fois savant, technique, provocateur, séducteur, vif et végétal. Une cuisine de santé en Alsace ? Il y a de ça. Généreuse, spectaculaire, conçue en deux temps, dans une maison désormais très contemporaine et même futuriste, toute en verre, au rez-de-chaussée de l’hôtel Esquisse dans le parc du Champ de Mars, sa partition se fait virevoltante et surprenante, usant du service de salle comme un prolongement. Démonstration avec cette carotte mixée façon tartare, le couplet autour du homard cuit dans une cafetière Cona ou encore les noisettes grillées en mousse avec glace chocolat, lait et pamplemousse turbinée devant vous.

JY’S, 3 Allée du Champ de Mars 68000 Colmar

 

Révélation de l’année : 

Nicolas Laurent – La Charrue, Sand

Nicolas Laurent © DR

 

Le jeune chef qui monte en Alsace ces temps-ci ? Ils se nomme Nicolas Laurent. A 29 ans, ce natif de Strasbourg s’est formé dans tous les plus belles maisons de la région du Vieux Couvent à Rhinau au Cheval Blanc à Lembach sans oublier des escales au Chambard d’Olivier Nasti et à l’Auberge de l’Ill de Marc Haeberlin. Avec envie, il a repris la Charrue à Sand, auberge bicentenaire près de Benfeld tenue jadis par la famille Neff qu’il rénove en douceur. Le bonheur d’été ? Y découvrir le patio sous les ombrages avec un jeune service au taquet, en goûtant une cuisine de tradition et de novation mitonnée avec adresse et finesse technique. Le chic de Nicolas ? Mitonner les meilleurs produits d’Alsace avec subtilité, sens de la tradition et quelques notes d’ailleurs. Ainsi la carpe frite avec sa crème légère au raifort, le splendide foie gras d’oie d’été marié à la rhubarbe en gel et en chutney qui précèdent le sanglier de la chasse locale, servi en deux temps, d’abord confit, façon civet, puis en noisettes avec abricots, gâteau au fromage blanc fermier et sauce au genièvre. Les jolis crus fusent et les desserts n’échappent pas à l’enchantement avec la superbe profiterole au chou craquelin croustillant, glace vanille de Madagascar et sauce chocolat. L’étoile est proche.

La Charrue, 4 Rue du 1er Décembre 67230 Sand

 

Transfert de l’année : 

L’Orchidée, Ensisheim

Kriangkai et Chatchaï Klanklong © GP

Il était le Petit roi thaï d’Alsace à Altkirch, au coeur du Sundgau. Il vient de se rapprocher de Colmar en s’installant à Ensisheim, dans l’historique hôtel de la Couronne, bâtiment de 1620, Renaissance tardive, qu’il a investi avec charme et discrétion signant par là même un transfert remarquable. Le lieu est insolite. Chatchaï Klanklong lui donne du chic. Cet as d’Alsace, désormais étoilé et oeuvrant en duo avec son frère Kriangkai, développe ainsi son mini empire, comme son style fusion, franco-thaï. La marque de fabrique de ce surdoué, formé au Rendez-Vous de Chasse à Colmar, chez Michaela Peters, Julien Binz ou encore Philippe Bamas près de Bâle ? Est de mêler racines asiatiques et produits hexagonaux avec une audace et un doigté rares. Les amuse-bouche donnent le ton avant les langoustines juste raidies avec salade de fenouil et sauce coco, le vif maquereau brûlé au chalumeau et le superbe « tom yam » de homard breton, variation sophistiquée sur la soupe thaï aigre douce qui enchantent pareillement. Côté liquides, les flacons des voisins Weinzaepfel de Soultz font mouche alors que le chapitre sucré emballe avec cet abricot sur biscuit craquant parfumé fleur d’oranger et cardamome. Un déménagement réussi pour un voyage toujours surprenant et séducteur.

L’Orchidée Ensisheim, 47 Rue de la 1ère Armée Française 68190 Ensisheim

 

Hôtesse de l’Année : 

Allison Rott – Au Boeuf, Hohwiller

Cédric et Alison Rott © DR

Dans l’Outre-Forêt, à deux pas de Hunspach et d’Oberseebach, voilà une maison qui n’a pas besoin d’étoiles pour briller : Au Boeuf, à Hohwiller. Cédric Rott, revenu au pays après des saisons à Courchevel, Saint-Tropez et Saint-Barth, délivre une cuisine fine, créative et généreuse. Mais la véritable étoile de la maison, c’est son épouse Allison, native de Vichy, formée à Chamalières, qui offre à chaque repas un supplément d’âme avec grâce et professionnalisme. L’ancienne bâtisse des années 1950, qui fut le café du village, conjugue aujourd’hui deux visages : bistrot animé le midi, table gastronomique le soir et le week-end. Le couple y joue sa partition complice où Cédric livre des assiettes précises et inspirées. Foie gras en crumble au mille-feuille de céleri truffé, sandre confit au citron kafir à la volaille de Bresse avec butternut précèdent des douceurs bien ficelées de l’aérien soufflé vanille passion à la fleur de panais au safran. Avec un mot pour chacun et une attention de tous les instants, Allison apparait comme la note essentielle de ce ballet gourmand, conseillant avec talent les crus de Cleebourg ou d’Hunawihr et illuminant chaque service de son sourire. Elle nous rappelle qu’un grand restaurant tient autant à l’art de la salle et du service qu’à l’assiette.

Au Boeuf Hohwiller, 33 Rue Principale 67250 Hohwiller

 

Winstub de l’Année : 

Au Coin des Pucelles, Strasbourg

Anthony Girard & Alexis Albrecht © EV

Maestro du Vieux Couvent à Rhinau où il succédé a son père Jean, Alexis Albrecht ne manque pas de corde à son arc et sait cultiver l’art de la belle tradition. Il vient en effet de racheter, avec son cousin Mathieu Molteni, le mythique « Coin des Pucelles » millésimé 1947 à quelques pas de la cathédrale de Strasbourg. Avec son cadre de winstub à l’ancienne à peine revu et repeint dans les tons noirs, ses banquettes en bois et son côté « heimlich » ou comme à la maison, le lieu charme toujours autant, hier comme aujourd’hui. Sous la gouverne du chef Anthony Girard, le répertoire régale d’exquise façon entre entre classiques bourgeois et plats traditionnels alsaciens. Parmi les nombreux morceaux de bravoure de la maison, citons les splendides quenelles de brochet du Rhin avec sauce riesling et « freekeh », la bouchée à la reine avec feuilleté pur beurre posée, sur ses divers éléments de volaille et champignons ou encore les fleischschnacka, « escargots de viande » traditionnellement présentés et revus ici avec chevreuil. Dans le verre, l’Alsace triomphe et en dessert, on craque pour l’aumonière aux poires avec sorbet du même parfum ou la crème caramel à la reine des prés. Un bistrot hors pair à inscrire en lettres d’or dans votre carnet d’adresses strasbourgeoises.

Au Coin des Pucelles, 12, rue des Pucelles 67000 Strasbourg

 

Bistrot de l’Année : 

La Cave, Saverne

Christian Matt et Sébastien Schmitt © DR

C’était la Cave Profonde, c’est devenu « la Cave » tout court. A Saverne, face au canal de la Marne au Rhin, ce café gourmand signé Christian Matt et Sébastien Schmitt est ouvert chaque jour du matin au soir, attirant une clientèle d’habitués venus papoter, boire un verre et découvrir les jolis plats du moment. Rénové avec esprit, le lieu charme d’abord par son décor de rade à l’ancienne alignant vieilles plaques de pub, grand comptoir, tables en bois et cabane au dehors à réserver pour l’hiver. Façon QG de copines l’ambiance est veillée par le malicieux Olivier, vu jadis à la Taverne Katz et qui relaie Sébastien au braséro. Et entre clins d’oeil à la street food, modernisme malin et tradition alsacienne, les plats se font ludiques et savoureux. Témoins, les tartes flambées craquantes et extra-fines, le « chien marrant », variante du « hot dog » en version locale avec cervelas, lard et choucroute, les « knackrolls » avec knacks, pâte à bretzel et choucroute ou les röstis façon hamburger, avec lard et oeuf à cheval, tous mitonnés avec sérieux, rigueur et amour. Côté sucré, tartes aux pommes et aux myrtilles emballent alors que le choix de vins honore, l’enseigne rassemblant valeurs sûres et vignerons alsaciens en devenir. Tous à la Cave !

La Cave, 1 Quai du Canal 67700 Saverne

 

Brasserie de l’année : 

Chère Amie, Strasbourg

Le décor © DR

Chère Amie », comme une invitation complice ou le début d’une tendre missive… Voilà le nom de la brasserie nouvelle mode qui réveille et enchante Strasbourg au rez-de-chaussée de l’Hôtel des Postes, somptueuse maison du XIXe, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le lieu a été rénové avec élégance par le groupe Diabolo Poivre qui conjugue ici esprit design et tradition avec boiseries vert sauge, plafond culminant à cinq mètres de haut, collection de cartes anciennes et vaste comptoir séparant bar à fruits de mer et pâtisserie maison. Aux commandes des fourneaux, Alexandre Haudenschild, passé au Buerehiesel, à la Hache ou encore au Cantemerle à Vence, donne le « la » avec une cuisine de brasserie créative et précise. Les entrées séduisent ainsi à coups de ceviche de merlan au gel de yuzu ou d’oeufs mayonnaise au céleri rémoulade avant la fricassée de volaille aux morilles et sa purée onctueuse ou la choucroute signature jouant les plats réconfortants et non sans chic. Entre le divin mille-feuille minute à la vanille, pécan et caramel et l’entremet dit « L’Enveloppe », avec chocolat et crémeux aux épices, les douceurs suivent le mouvement alors que la salle lumineuse s’égaye au rythme d’un service chaleureux. Pas de doute, Strasbourg tient ici sa table de coeur.

Chère Amie, 5 Av. de la Marseillaise 67000 Strasbourg

 

Aubergiste de l’année : 

Eric Girardin – La Maison des Têtes, Colmar

Eric Girardin © Ed du Signe

Éric Girardin ? On le suit depuis ses débuts strasbourgeois à la Casserole à laquelle il donna son nom et où il obtint une étoile. Il a su transporter avec brio son style et son macaron à Colmar dans l’iconique Maison des Têtes. Sa table gastronomique, avec ses 28 couverts au décor sobre et design, reste un lieu de rendez-vous de haute volée, jouant l’élitisme avec mesure, le soir seulement. Mais ce natif de Sainte- Marie-aux-Mines n’est pas un simple étoilé. Bâtissant avec brio un petit empire gourmand au coeur du Colmar gastronomique, il soigne le fond, la forme et l’accueil dans chacune de ses maisons. Illustration d’abord à la brasserie mitoyenne de la Maison des Têtes dont le cadre historique mêle boiseries anciennes, poêle en faïence et magnifique cour-jardin et qui brille avec un formidable menu déjeuner, alignant carpaccio de tête de veau gribiche, merlu grenobloise, tarte au chocolat vanille. Mais avec de la suite dans les idées, l’entreprenant Eric a également mis le grappin sur la proche Brasserie Bartholdi tout en inaugurant à deux pas une pâtisserie-salon de thé confiée au talentueux Alexandre Dumel. Entre table gastronomique, brasseries et pâtisserie, ce Colmarien d’adoption façonne plus que jamais le goût et l’art de recevoir de la petite Venise alsacienne.

La Maison des Têtes, 19, rue des Têtes 68000 Colmar

 

 

Accueil de l’année : 

Au Vieux Moulin, Lauterbourg

Les Laghi au Vieux Moulin © DR

Lauterbourg : si loin, si proche ! A deux pas de la frontière allemande, au nord de l’Alsace et dans la cité française la plus éloignée de la mer, voilà une maison qui réconforte et rafraîchit. Les Laghi sont ici au four et au moulin, prodiguant leurs soins à des tablées nombreuses. Les équipes de salle et de cuisine s’anime avec coeur. Aux fourneaux, papa Éric est relayé par sa fille Hélène alors que maman Séverine accueille avec le sourire et virevolte entre les tables de la salle ou du jardin tandis que la belle-fille Élodie est au service des vins. Et tous s’affairent à donner du bonheur à chacun. La carte diverse et foisonnante navigue avec adresse entre mets alsaciens et de tradition française : duo de foie gras de canard aux mirabelles, presskopf de lièvre façon « Hasepfeffer » et cuisses de grenouilles à l’ail caramélisé côtoient le filet de charolais aux cèpes de Climbach ou encore le sandre qui se décline ici en matelote aux nouilles fraîches et sauce riesling ou en île flottante au safran. Là-dessus, la vive Élodie conseille gewurztraminer et riesling avec précision. Et l’on termine en beauté avec une tarte aux mirabelles ou les glaces maison à la pistache ou au nougat qui valent tout simplement le détour par Lauterbourg. Une maison loin de tout, proche du bonheur.

Au Vieux Moulin, 5 A Rue du Moulin 67630 Lauterbourg

 

Table Étrangère de l’année : 

Ma Maison, Guémar

Lucas Di Palma & Manon Nasti © DR

Elle est la fille d’Olivier Nasti, le prince doublement étoilé du Chambard. Lui a travaillé avec ce dernier à Kaysersberg, après la Briqueterie à Vinay et le Dorchester à Londres, sous le sceau d’Alain Ducasse en qualité de pâtissier. Manon Nasti et Lucas di Palma viennent de créer « la » table italienne raffinée d’Alsace avec Ma Maison à Guémar, près d’Illhaeusern, Alors que Manon veille sur la salle à l’esprit moderne, Lucas, né en Belgique, élevé en France par des parents italiens venus de Molise, fait honneur à ses racines avec une précision de goût sans faille. Portions bien dosées, mets inventifs et justes de ton convoquent l’Italie contemporaine avec éclat. Exemples avec les arancini, le risotto milanais au safran et parmesan en écume, les paccheri arrabbiata exaltés par leur sauce pimentée ou l’agneau façon saltimbocca avec mini-gratin d’aubergine parmigiana et polenta. Les vins au verre, notamment le La Segreta Planeta de Sicile, sont au diapason, alors que les douceurs (tiramisu de la Nonna revisité au siphon, panna cotta aux fruits exotiques) confirment le talent de pâtissier de Lucas. Disposant également de cinq chambres d’hôtes décorées avec soin, la maison se double d’une guinguette l’été. Une demeure qui court droit vers l’étoile.

Ma Maison, 1 Imp. du Cercle 68970 Guémar

 

Jeune Cuisinier de l’année – ex aequo : 

Guillaume Kassel – Au Vieux Moulin, Graufthal 

Guillaume Kassel © DR

Il est le virtuose des Vosges du Nord, à Graufthal, à deux pas des rochers troglodytes qui font la renommée du village, il s’apprête à fêter ses dix ans de retour au pays Et toujours pas d’étoile… Dans la maison familiale – Au Vieux Moulin -, sise en forêt au coeur du parc naturel des Vosges du Nord, dont il a bouleversé l’esprit gourmand, Guillaume Kassel est une sorte de révolutionnaire tranquille. Son itinéraire chez les grands chefs de l’époque ressemble à un parcours triomphal. Il fut stagiaire jadis chez les Marcon à Saint-Bonnet-le-Froid, au Plaza-Athénée période Alain Ducasse et au Pré Catelan à Paris avec Frédéric Anton, puis en cuisine, de commis à chef de partie, aux côtés d’Eric Pras chez Lameloise à Chagny, chez Franck Putelat à Carcassonne, sans oublier Christophe Bacquié au Castellet dans le Var et Eric Westermann au Buerehiesel strasbourgeois. Fils et petit-fils d’aubergistes, issu de la cinquième génération présente ici même, Guillaume K. est cependant le premier cuisinier de sa famille. Il ne cesse de peaufiner et d’affiner le style maison, de jouer avec le terroir d’ici, de la frotter aux meilleurs produits d’ailleurs et d’enrichir sa palette. Son foie gras de canard, avec melon brûlé, anguille fumée et jarret de boeuf séché, plus praliné de pépins et graines de tournesol fait un clin d » oeil au fameux mille-feuille caramélisé d’anguille au foie gras de Martin Berastegui à Lasarte, le multi-3 étoiles du pays basque espagnol.

Au Vieux Moulin, 7 rue du Vieux Moulin 67320 Graufthal

 

Jeune Cuisinier de l’année – ex aequo : 

Constant Meyer- Bistrot Coco, Strasbourg 

Constantin Meyer © GP

La perle gastronomique de la rue de l’Ecurie, non loin de la place Gutenberg ? Le Bistrot Coco fut jadis une winstub nommée l’Ecurie transformée en bistrot contemporain par le patron surnommé « Coco ». C’est aujourd’hui une table de haut vol et le terrain de jeu créatif et gourmand de Constant Meyer, grand par la taille et le talent. Fils et petit-fils de Christophe et Christian Meyer (les deux artisans de la cultissime pâtisserie Christian), ce Strasbourgeois de 32 ans ancien du Crocodile époque Jung et du Relais de la Poste a de qui tenir Produits de qualité à l’appui, il revisite ici avec allant une base de tradition française teintée d’inventivité et d’audace. Les menus sont en « surprise » et l’exercice qui se révèle souvent casse-pied ailleurs se fait sous sa houlette éminemment séducteur. Le millefeuille de céleri entrelacé d’algue nori, avec condiment oeufs de truite, beurre blanc, pickles à la graine de moutarde est un petit chef d’oeuvre à la fois végétal, iodé et gourmand. Ainsi, la patte de l’alerte Constant s’exprime à chaque étape du menu de la japonisante raviole au shitaké au couplet autour du tendre pigeon des Vosges sans oublier la symphonie sucrée autour de la compression de pomme à fondre. A star is born !

Bistrot Coco, 8 Rue de l’Écurie 67000 Strasbourg Tél.

 

Pâtissier l’année : 

Nicolas Multon – Strasbourg 

Nicolas Multon © DR

Il fut le pâtissier zélé et créatif de l’Arnsbourg à Baerenthal et de la Villa Lalique à Wingen-sur-Moder, au temps des Klein et à l’époque des trois et deux étoiles. Nicolas Multon s’est reconverti avec bonheur en pâtissier indépendant dans un salon de thé en étage, face à la demeure natale de l’artiste surréaliste Hans Jean Arp et tout près de la cathédrale de Strasbourg. Ce voisinage discret sied bien à ce créateur sucré d’origine berrichonne, rallié à l’Alsace, qui fourmille de bonnes idées et s’est ici associé avec la Lorraine Carine Clément Luck. Le service est aux petits oignons. Les préparations sucrées ou salées sont fort soignées. Le comptoir séduit d’abord par ses délices à emporter, présentés au rez-de-chaussée (superbe flan vanillé, entremets aux framboises, cakes variés). Une offre qui s’enrichit d’une pâtisserie sur mesure à goûter sur place, dans un salon de thé offrant un espace de dégustation minimaliste et chaleureux. On cède ainsi sans effort à l’arachnéen millefeuille vanille avec sa glace, à la tarte fondante au chocolat ou aux clafoutis aux cerises. D’exquises confitures artisanales et un vinaigre de cidre aux bourgeons de sapin complètent l’offre maison.

Nicolas Multon – Comptoir Gastronomique 31 rue du Vieux Marché aux Poissons, 67000 Strasbourg

 

Salon de Thé de l’année : 

Pâtisserie Klugesherz, Soultz-les-Bains

L’équipe de la pâtisserie Klugesherz © DR

Installé dans l’ancienne gare du village de Soultz-les-Bains, cet OVNI de la route des vins interpelle. Une belle histoire et un joli havre gourmand se cachent sous sa façade cubique. C’est ici que Jean-Luc Klugesherz, sixième génération d’une famille de pâtissiers, a établi son atelier et son salon. Il a aujourd’hui passé le flambeau à ses enfants Julien et Élodie qui donnent un nouveau souffle à cette maison familiale. Entre moelleux kougelhopf, bredele et exquis pains d’épices au chocolat, les classiques alsaciens tiennent leur rang et ont tous ici droit de cité. Mais l’audace de la nouvelle génération se dévoile dans des entremets soignés tels le « Pecan’s » avec vanille, chocolat au lait, caramel, praliné aux noix de pécan ou le « Noir Intense » mariant chocolat et fraise aux épices. S’y ajoutent des glaces aux saveurs insolites comme le « Frais Bornéo » avec sorbet mandarine, citron vert, crème glacée au Sichuan, crémeux églantine et biscuit macaron et les splendides bûches maison rythmant la fin d’année. Le plus de cette pâtisserie à part ? L’espace salon de thé, lumineux et cosy, qui permet de déguster sur place les délices sucrés maison avec un café ou un chocolat chaud alors que des brunchs gourmands sont proposés certains week-ends.

Pâtisserie Klugesherz 43, rue de Mosheim 67120 Soultz-les-Bains

 

Boulanger de l’année : 

Olivier Nasti – Levain, Kaysersberg

Olivier Nasti chez Levain © DR

Et si le meilleur boulanger d’Alsace c’était lui ? Il n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai. Pour la petite histoire, Olivier Nasti avait créé jadis « Koog – un singulier pâtissier », roi du kougelhopf à Kaysersberg. Le MOF deux étoiles a revu sa copie avec brio et continue de façonner avec soin son écosystème gourmand, notamment avec les conseils du boulanger de Digne-les-Bains, Luc Roux. Avec « Levain », sa boutique de pains et de douceurs, ouverte en lisière de sa cuisine, juste derrière son hôtel-restaurant affilié aux Relais & Châteaux, il a trouvé la formule gagnante. Il a donné les clés du moulin à Vincent Perriguey, Bearnais ex boulanger de Yannick Alléno et de Maison Lameloise. Mettant en exergue farine à la meule, pétrissage manuel et des temps de repos savamment respectés, cette dernière a ici tout bon et donne notamment vie à un pain maison d’exception mêlant levain naturel et khorasan. Mais les splendides viennoiseries, (croissants, pain suisse), les délicates tartes aux fruits ou le kougelhopf comme on l’aime avec amandes effilées et raisins trempés au marc de gewurz, complètent une offre à se pourlécher et valent tous le détour. par cette boulangerie de caractère et qui se hissa en finale du concours organisé par M6.

Levain, Rue du Tir 68240 Kaysersberg

 

Merci aux partenaires associés aux différents prix et qui soutiennent à nos côtés les talents de la gastronomie alsacienne 

 

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Les Lauréats du Pudlo Alsace 2026” : 2 avis

  • picault

    le Levain, boulangerie d’Olivier Nasti, a du sa réussite en grande partie à sa boulangère Marie-Vigdis Picault,, finaliste de l’émission de M6 dont le nom ne figure pas dans l’article et non au boulanger mentionné qui a pris ses fonctions à la réouverture du Levain au 1er fevrier 2026.

  • Max Pariser

    Tout noté pour mon prochain passage en Alsace, terre d’une moitié de ma famille. Le style est alerte et sait éveiller l’intérêt. Je vais, en attendant, voir si Olivier Nasti peut expédier ses kugelhofs…

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