Bistrot Coco

« Strasbourg : un Coco de grand talent »

Article du 9 février 2025

Constant Meyer © GP

Le Bistrot Coco à Strasbourg ? La perle gastronomique de la mince rue de l’Ecurie, non loin de la place Gutenberg. On connut là jadis une winstub nommé l’Ecurie, dont le patron que l’on surnomma Coco et qui tint auparavant l’historique Tire Bouchon, transforma en bistrot contemporain. C’est aujourd’hui une table très gourmande et même très créative du grand (par la taille) Constant Meyer .

Millefeuiile de céleri et algue nori ©© GP

Ce jeune (32 ans) strasbourgeois, ancien du. Crocodile à Strasbourg au temps d’Emile Jung, du Relais de la Poste à la Wantzenau, avec Laurent Huguet, passé à la Folie Douce avec Franck Mischler, est né dans une famille célèbre de la gastronomie alsacienne  : il est le fils de Christophe Meyer et le petit-fils de Christian Meyer, les deux artisans zélés et fondateur (pour le second) de la cultissime pâtisserie Christian rue de l’Outre. Vous nous suivez jusqu’ici?

Filet de maigre, mousseline de chou fleur © GP

Sachez que sous son enveloppe de grès rose dans sa ruelle ancienne, ce faux bistrot, très grande table moderne, séduit sur le mode contemporain, avec son allure post-moderne et un brin industrielle, ses grands tuyaux apparents, sa cuisine ouverte, charme avec force. C’est drôle, sombre le soir, bruyant, serré et cela s’agite comme au théâtre  face à la grande cuisine apparente où s’agitent huit arpètes plus un service enlevé que dirige le maître d’hôtel sommelier Aurélien Romanowski.

Ravioli aux shitakés © GP

Les menus sont ici en « surprise » et l’exercice qui se révèle souvent casse-pied ailleurs se révèle là fort séducteur, sous la houlette de l’inventif Constant avec ses amuse-bouches malicieux (croustillant de sarrasin, confit d’oignons, neige de beaufort, pomme noisette au miso et crémeux champignons), avant des plats vifs, légers, agiles et savoureux, épousant l’air du temps mais avec beaucoup de personnalité.

Cylindre de pomme dauphine à l’ail noir© GP

Le millefeuille de céleri entrelacé d’algue nori, avec condiment œufs de truite, beurre blanc, pickles à la graine de moutarde est un petit chef d’oeuvre à la fois végétal, iodé et gourmand. La raviole au shitaké, avec condiment oignons doux, émulsion de châtaigne et sarrasin soufflée, indique que la version veggie du menu surprise ne manque pas de séduction.

Pigeon des Vosges, jus réduit au madère © GP

Il y a encore le filet de maigre avec sa mousseline de chou fleur rôti et brocolis, ses pickles de chou graffiti sauce matelote, son marbré à l’huile de persil ou encore le tendre et juteux pigeon des Vosges, avec son jus réduit au madère, son cylindre de pomme dauphine à l’ail noir et chapelure et crémeux cacahuète aux baies roses fort bien mené. Et les rétifs à ce plaisir carnassier auront droit au même cylindre de pomme dauphine à l’ail noir, avec une crème de miso fermenté, plus des pickles de chou graffiti condiments ail et orange sanguine (veggie).

Topinambours confits © GP

Là-dessus, le sommelier Aurélien Romanowski, d’origine picarde mais qui sait jouer la carte alsacienne, a le don de suggérer les vins en accords dans toutes les couleurs, et, pour les fans de rouges, dont nous sommes le pinot noir de Mittnacht frères à Hunawihr déjà goûté au Boeuf à Hohwiller, ou encore le grand Burlenberg (la « colline brûlée ») de l’impétueux Jean-Michel Deiss, très réussi en 2021.

Service du vin © GP

Au chapitre des desserts – et bon sang de fils et petit-fils de pâtissier ne saurait mentir – la surprise est au rendez-vous, avec l’exercice très mode sur le topinambour confit à la vanille de Madagascar avec sa ganache chocolat blanc, son « sponge cake » cacao, son jus de topinambour ou, mieux, la compression de pomme,  avec crumble estragon, gel bergamote, caramel beurre salé, glace vanille et pollen de fleurs : à fondre ! Et on n’oublie pas, au registre des mignardises, les jolies coques de meringue, avec crémeux vanillé et gel passion, ou encore les exceptionnels cannelés gel de rooibos . A star is born !

Crumble aux pommes © GP

Bistrot Coco

8 Rue de l'Écurie
67000 Strasbourg
Tél. 03 90 20 39 39
Carte : 32 (déj.), 67, 51, 83 €.
Fermeture hebdo. : Lundi, dimanche
Site: bistrot-coco.fr

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Publié le  9 février 2025 par

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