Les chuchotis du lundi : Giuliano Sperandio quitte le Taillevent, adieu à Bertrand Grébaut, Anthony Denon conseille le Mirage à Bormes, PiaPia petite soeur italienne de la Petite Chaise, Benjamin Patou rachète le Relais Louis XIII, Julien Gatillon nouveau maestro gourmand du Saint-Nicolas de Megève, les Viola lancent le Splendide rue de Courcelles, les menus vitalité de Lionel Rodriguez, la renaissance des Bas-Rupts

Article du 6 juillet 2026

Giuliano Sperandio quitte le Taillevent

Giuliano Sperandio © GP

Boum Badaboum ! Alors qu’on imaginait pour lui l’onction des trois étoiles au Taillevent, voilà que Giuliano Sperandio annonce, à l’orée de l’été, qu’il quitte la grande maison de la rue Lamennais. La raison officielle : il rejoint sa famille en Amérique Latine afin d’y mener un projet personnel. Ce serait bien sûr un euphémisme que de dire que les frères Gardinier, propriétaires de la demeure comme de Drouant et des Crayères à Reims, ne se sont pas trompés en misant sur cet italien filiforme et alors quasi-inconnu au bataillon des grands, natif d’Imperia en Ligurie, passé chez Pierre Gagnaire, Guy Savoy au Chiberta avant d’être douze ans durant le lieutenant de Christophe Pelé, d’abord à la Bigarrade rue Nollet dans le 17e, puis au Clarence  et de succéder ici à Alain Soliverès, David Bizet et Jocelyn Herland qui avait récupéré les deux macarons juste avant son arrivée. Ciselant des produits d’exception au diapason de la saison, mêlant subtilement ses racines italiennes à l’opéra de la grande tradition française sans oublier de replacer l’art du beau geste et du service guéridon au centre de la pièce jouée dans un décor renouvelé, Giuliano le magnifique aura sans conteste été l’artisan flamboyant du renouveau de cette maison constituant sans doute le l’archétype le plus abouti du grand restaurant à la française. L’étonnante omelette aux grenouilles avec foie gras sauce épicée, le divin homard à la nage, avec caviar et choux de Milan ou encore le couplet autour du carré d’agneau des Pyrénées garni de truffes et de morilles farcies en guise de célébration pascale resteront autant de coups d’éclat et de mets d’émotions signés de ce chef de 44 ans ayant séjourné cinq ans dans l’ancien hôtel particulier du Duc de Morny. On s’interroge bien sûr sur l’identité de son successeur dont la tâche sera immense alors qu’on persiste à penser que le magicien Sperandio n’était qu’à un doigt de replacer la demeure au rang des trois étoiles qu’elle détint sans faillir sous la houlette constante de Jean-Claude Vrinat, avec notamment Claude Deligne et Philippe Legendre à la tête des fourneaux.

Adieu à Bertrand Grébaut 

Bertrand Grébaut en 2011 © GP

La nouvelle est tombée ce week-end, comme une déflagration fulgurante dans la sphère gastronomique. Bertrand Grébaut, l’artiste de Septime, nous quitte à l’âge de 44 ans des suites d’un cancer contre lequel il aura lutté jusqu’au bout. Jadis graphiste, ce génie de son registre, dont Bruno Verjus se faisait le meilleur ambassadeur à ses débuts n’a eu de cesse de s’imposer comme le fer de lance d’une nouvelle génération de chefs avant-gardistes, indissociable de la gloire gourmande du 11e et de l’Est parisien, revendiquant une philosophie conjuguant excellence culinaire et décontraction assumée en salle comme aux fourneaux. Dans son adresse phare de la rue de Charonne – malicieux clin d’oeil au « Grand Restaurant » avec Louis de Funès – lancée en 2011 avec son complice de salle Théo Pourriat, il redéfinissait les codes d’une gastronomie contemporaine faisant rimer art du marché, touches bistronomiques, envolées végétales et iodées sans oublier une carte des vins plutôt nature. Une réussite immédiate vite érigée en phénomène de mode (notre post intitulé « la vérité sur Septime » fut longtemps l’un des plus lus de ce blog- et inlassablement saluée année après année par les 50Best dont les lauriers rendaient délicat l’accès à son vaisseau amiral aux places fort convoitées. Avec le même succès, l’ingénieux Bertrand doubla ensuite la mise avec une annexe marine (Clamato), avant d’ajouter à son mini-empire une pâtisserie soignée (Tapisserie) et une cave gourmande (la Cave de Septime) continuant ainsi  d’essaimer dans ce 11e qui lui était cher. En marge de son écosystème gourmand parisien, ce cuisinier aussi discret que talentueux, formé à Ferrandi, passé à la Table de Joël Robuchon et sur les bancs de l’Arpège avec Alain Passard, avant de prendre en charge les fourneaux de l’Agapé rue Jouffroy d’Abbans, qui fuyait volontiers la lumière médiatique, avait également concrétisé un pari audacieux avec la naissance d’Une Ile, halte champêtre combinant table d’auteur et chambres d’hôtes dans le petit village percheron de Rémalard. Figure de la nouvelle scène culinaire parisienne, ayant formé d’innombrables disciples et bénéficiant d’une aura dépassant largement les frontières de l’Hexagone, Bertrand Grébaut fut un précurseur et un passeur, qui avait encore tant à transmettre. Nul doute que l’héritage de ce chef singulier continuera de perdurer encore longtemps. Toutes nos pensées à sa famille, ses proches et, bien sûr, à son épouse Tatiana Levha, la talentueuse cheffe du Servan.

Anthony Denon conseille le Mirage à Bormes

Anthony Denon © GP

On l’avait connu comme l’un des plus beaux belvédères de la côte varoise. Le Mirage, perché au-dessus de Bormes-les-Mimosas avec sa vue majestueuse sur la mer et les îles d’Or, s’est offert une métamorphose spectaculaire. Agrandi, entièrement repensé et redécoré par les équipes de l’Atelier du Pont, l’établissement adopte désormais un style aux accents cycladiques très contemporains, mariant le blanc immaculé, les matières naturelles et les lignes épurées. Une renaissance élégante qui s’est dévoilée officiellement le 19 juin dernier. La maison, qui a gagné en ampleur et en raffinement, propose désormais de nouvelles suites avec piscines privées, pensées comme autant de cocons tournés vers la grande bleue. Entre mer et jardin méditerranéen, le lieu cultive un art de vivre paisible et solaire, avec spa, vaste piscine et chambres ouvertes sur le paysage varois. Côté table, l’offre s’est étoffée avec deux propositions signées Anthony Denon, fils de chef et ancien des belles maisons, comme Rech  avec Alain Ducasse, le Burgundy à Paris et le Jeu de Paume à Chantilly, désormais étoilé à son compte à Toulon, à l’enseigne de Shanahel. La première, « Monsieur Yuzu« , joue la carte de la fusion entre l’Asie et la Méditerranée dans un esprit de partage et de voyage gourmand, à coups de sériole fumée et laquée, champignons bruns snackés et crus, crevettes sauvages et fenouil, poitrine de cochon croustillante, avec miel et épices avant la pomme rôtie au sésame noir. La seconde, « le Balcon« , regarde davantage vers la Provence avec une cuisine méditerranéenne raffinée, inspirée des produits de saison et des producteurs locaux.  Avec les artichauts grillés au condiment café et pignons de pin, tomates confites et pain de campagne au parmesan, plus confit de tomates et poivrons grillés, mais aussi. loup grillé aux aromates, courgettes snackées au curcuma, version personnelle des gnocchi « pappa al pomodoro » et clafoutis aux cerises et amandes, plus jus au kirsch et hibiscus. On en reparle…

Piapia, petite soeur italienne de la Petite Chaise 

Piapia © DR

Avec la complicité de ses trois associés (Antoine Arnault, Raphaël Raingold et Alexandre de Rothschild), Josselin Léon-Dufour, grande bringue de charme jadis passé par le proche Basilic, offre, on le sait, un brillant renouveau à la Petite Chaise, cette perle historique de la rue de Grenelle qui n’a rien perdu de son cachet et peut toujours se prévaloir du titre de plus ancien restaurant de la capitale. Dans ce cadre intemporel charmant avec ses deux niveaux, ses salons intimistes et où Brillat-Savarin écrivit une partie Physiologie du goût, l’alerte Thibaut Repeto, Béarnais voyageur, fait des étincelles avec une cuisine bourgeoise d’excellent niveau. Mais l’entreprenant Josselin n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. Le voilà qui colonise une partie de sa rue et double la mise en surfant avec habilité sur la vague joyeuse de la cuisine transalpine. Toujours rue de Grenelle, la même équipe vient de donner naissance à Piapia, élégante doublure italienne avec aux fourneaux Louis Châ, jeune chef passé rue de Balzac chez Pierre Gagnaire sans oublier le Bristol avec Eric Frechon. Dans un cadre empierré alignant banquettes confortables, cadres aux murs et luminaires rétro, cette seconde adresse fait mouche sur le mode de la trattoria gourmande avec un répertoire dédié aux grands classiques italiens revisités avec malice entre polpette al sugo, avec sauce tomate et parmesan, fin vitello tonnato, linguine alla vongole avant un tiramisu de compétition. L’ensemble se complète d’une sélection pointue de crus de toute la Botte alors qu’un bar au sous-sol délivre une série de cocktails soignés dans une atmosphère cosy et intimiste. On vous en reparle vite et on glisse déjà l’adresse : Piapia Ristorante, 37 Rue de Grenelle, 75007 Paris

Benjamin Patou rachète le Relais Louis XIII

Manuel Martinez et Benjamin Patou © DR

Affaire conclue rue des Grands Augustins ! Dans la droite ligne du récent rachat du Lucas Carton à la famille Vranken et de celui de l’Auberge Bressane aux Dumant, Benjamin Patou continue de démontrer que ses ambitions sont plus que jamais intactes en matière de belle restauration. Serial restaurateur, le fondateur et ex DG du Moma Group qu’il a depuis cédé à Walter Butler, avait pris soin de conserver dans son escarcelle Lapérouse et Lafayette rue d’Anjou avant de jeter son dévolu sur Prunier avenue Victor Hugo avec son ami et associé Antoine Arnault. Il place depuis méthodiquement ses pions dans les demeures les plus mythiques de la capitale en dévoilant un penchant affirmé pour les maisons historiques. La preuve encore avec l’acquisition du Relais Louis XIII, fief du truculent Manuel Martinez dont l’entreprenant Benjamin vient de finaliser le rachat. Un nouvelle ère s’esquisse donc dans cette maison chargée d’histoire, installée en lieu et place du couvent des Augustins où Louis XIII fût sacré roi et conservant son cachet singulier avec ses grilles d’entrée, sa façade et ses deux salles ornées de poutres apparentes. Une demeure qui reste indissociable de la légende du maestro Martinez qui après lui avoir redonné son lustre y décrocha le titre de MOF en 1986 puis partit conserver les trois étoiles de la Tour d’Argent avant de revenir racheter les lieux en 1996. Il en a depuis fait un véritable conservatoire de la grande tradition tricolore, perpétuant des plats de légende dont le lièvre à la royale et la quintessence du gibier en saison. Alors que l’inimitable Manuel ne sera jamais bien loin des fourneaux, on s’interroge bien sûr sur les prochains projets du septuagénaire plus actif que jamais sur les réseaux sociaux avec son désormais mythique « ils se sont régalés au Relais XIII ». De son côté, Benjamin Patou peut encore se targuer d’une « belle prise » à moins de 70 mètres de son vaisseau amiral, Lapérouse avec ses salons historiques face à la Seine.

Baisser de rideau pour le Tan Dinh 

Freddy Vifian au service du vin © GP

Institution familiale, paradis vineux et ambassade du pays du Sourire dans la capitale, c’est un phare de la gastronomie vietnamienne et de l’oenologie tricolore qui s’apprête à s’éteindre rue de Verneuil dans le 7e parisien. Depuis cinq décennies, les Vifian, menés par les deux frères Robert et Freddy, avaient fait de leur Tan Dinh, autrefois lauré d’une étoile et tirant son nom d’un quartier de Saïgon, un bastion du bon goût vietnamien doublé d’une collection de beaux flacons unique en son genre. Outre les délicats banh cuhon à l’oie fumée, les rouleaux froids de canard et kumquats ou le fin rouget à la citronnelle, l’attraction de cette table à part que fréquentèrent avec assiduité François Mitterrand, Serge Gainsbourg, qui s’y rendait en voisin de l’autre côté de la rue, ou Claude Berri résidait dans son formidable choix liquide. Oenophile passionné depuis son plus jeune âge, fin palais ayant intégré les comités de dégustations de nos confrères de la RVF et du Gault et Millau, Robert Vifian avait ici relevé le pari de composer une cave hors norme, réunissant les meilleurs flacons de tous les vignobles, faisant le grand écart entre pépites confidentielles et grands crus les plus prestigieux du Bordelais ou de Bourgogne. Intarissable sur ses trouvailles et les grandes étiquettes, il virevoltait  entre ses 15 000 flacons vous vantant avec la même ferveur le côtes de blaye blanc de Michel Raguenot et le splendide aloxe corton 1er cru la Toppe au Vert de Michel Mallard et fils. Une page se tourne et la maison qui deviendra un restaurant mexicain fermera ses portes le 10 juillet prochain.

Julien Gatillon, nouveau maestro gourmand du Saint-Nicolas de Megève

Julien Gatillon © GP

Le feu follet de Megève, c’est lui ! Sur les cimes de la station savoyarde, Julien Gatillon reste en mouvement et continue de développer son empire gourmand. Jadis auréolé de deux étoiles au 1920 du Four Seasons Megève, l’ex prodige du Mont d’Arbois, natif du Poitou, enraciné en Savoie depuis belle lurette et formé à l’hôtel de Ville de Crissier et au Meurice époque Alléno, multiplie concepts et signatures avec adresse. Il a d’abord créé l’événement avec sa compagne Sonia Torland et  « Nous » sa table privée de haute volée, accueillant dans son chalet comme à la maison, avant d’imaginer rue Saint-François une demeure délivrant une double expérience, entre le raffinement d’un comptoir nippon de belle tenue (Anata) au rez-de-chaussée et les envolées françaises du premier (Vous). Trois signatures gagnantes qui s’étoffent désormais d’un quatrième projet sous la forme d’un consulting de choix. L’artiste Gatillon relève en effet un nouveau défi Au Coin du Feu, petit bijou hôtelier, jadis lancé par Jocelyne Sibuet et depuis mis en valeur par le passionné Nicolas Grivet veillant sur les charmes de ce vrai chalet comme autrefois. Dans le sillon de Marvin Lance et de Sébastien Tasset, Julien le conquérant prend les rênes des fourneaux du Saint-Nicolas la belle table maison dont il s’apprête à totalement renouveler l’esprit. Avec la complicité de son lieutenant Jean-Baptiste Doualan, créations autour de l’omble chevalier, du homard breton ou du pigeon du Poitou sans oublier un menu « Partage » proposé pour l’ensemble de la table rythmeront une partition mettant en relief saisons, terroir savoyard, classiques français et souvenirs de Julien. Pour cette nouvelle étape, le maestro Gatillon ne limitera pas à la signature de la carte, adoptant une approche globale et mettant également son savoir-faire à profit quant à la sélection des fournisseurs et à la formation des équipes.

Les Viola lancent le Splendide rue de Courcelles 

Serge et Jean Viola © GP

Ambassadeur et pilier du bon goût Corse à Paris, natif de Saint-Pierre-de-Venaco et patriarche d’une dynastie défendant avec ferveur charcuteries, vins, fromages et meilleurs produits de l’ile de Beauté, Serge Viola a fait de son Elysée Saint-Honoré, brasserie de luxe près de la Salle Pleyel un temple de la belle tradition corse dans la capitale. Mais, dans la famille Viola, on demande le fils, Jean, qui désireux de voler de ses propres ailes, enrichit le royaume familial en créant sa propre affaire non loin du fief paternel. Cela se passe rue de Courcelles et cela s’appelle le Splendide. Le dynamique Jean y a métamorphosé l’ex Murillo en néo-brasserie parisienne de charme, dotant les lieux d’une grande coupole au plafond avec vitraux aux allures d’antan, long bar en marbre sans oublier une terrasse paisible et champêtre. Les réjouissances s’écartent cette fois-ci de l’orbite Corse pour célébrer traditions et grands classiques français dans leurs largesses. Au programme ? Oeuf mayo, soufflé au comté ou harengs pommes à l’huile jouxtent ici l’aile de raie grenobloise ou le jambon à l’os glacé au cidre avant la note régressive des pêches Melba et des profiteroles au chocolat. Bref, une jolie ode à la tradition et un bel événement estival à deux pas des Champs. On vous en reparle vite et on vous précise déjà l’adresse : le Splendide, 63 Rue de Courcelles, Paris 8e.

Les menus vitalité de Lionel Rodriguez 

Lionel Rodriguez au Deck du Baron Tavernier © FA

Il demeure le magicien discret du Léman, incollable sur les vignobles du Lavaux qui s’étirent en contrebas de son écrin panoramique, épatant son monde avec une partition se baladant entre terroir local, Piémont et Lombardie et délivrée avec l’une des vues les plus époustouflantes de Suisse. De Lionel Rodriguez ? On vous a tout dit. L’itinéraire de ce Toulousain  rallié depuis deux décennies aux vertus de la Suisse vaudoise parle pour lui. Passé au Lausanne Palace avec Edgard Bovier comme au Bar et Boeuf monégasque avec Alain Ducasse, il fit ensuite des étincelles à Vevey, marquant de son empreinte les fourneaux de l’Hôtel des Trois Couronnes à Vevey, récompensé de l’onction d’une étoile avant de prendre de la hauteur et de s’enraciner à Chexbres au sein de l’hôtel Baron Tavernier. A l’enseigne du Deck dans ce quatre étoiles de charme à fleur de Léman et encerclé par les vignes, il reste plus que jamais au faite de son sujet. La nouveauté ? Le vif Lionel élabore chaque mois avec le concours de la Clinique Eden, spécialiste beauté et bien être, des plats et menus vitalité au gré desquels il concilie gourmandise, diététique approche locavore et santé. Puisant dans les herbes de montagne et légumes des producteurs environnants, misant sur des aliments reconnus pour leur action positive sur la santé (artichaut, radis, curcuma…) il livre une série de plats sains, équilibrés mais non moins savoureux. Exemples avec ce blanc de turbot tout juste grillé accompagné d’aubergine fumée, curcuma et spaghetti aux fleurs de courgettes ou la jolie issue prenant la forme d’une ruche avec granola multi-céréales, abricots rôtis et glace au miel du Jura. Une démarche qui prouve que plaisir et santé peuvent aller de pair et résonne étroitement avec son engagement éco-responsable salué par le label Less Saves The Planet distinguant les acteurs engagés pour une gastronomie plus durable dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration.

La renaissance des Bas-Rupts

La façade © GP

Se dévoilant toujours comme une perle au coeur de la forêt vosgienne, à quelques kilomètres du centre de Gérardmer,  l’hôtel des Bas-Rupts renait fièrement de ses cendres. Trois mois et demi après le dramatique incendie dont la demeure a été victime et ayant dévasté une partie de la toiture, ce Relais & Châteaux familial que l’on suit depuis belle lurette a rouvert ses portes ce 1er juillet, pile au rendez-vous de la belle saison. Comme un nouveau départ savamment orchestré par Sylvie Witdouck et le patriarche Michel Philippe qui ont profité de ce coup dur pour initier des travaux conférant un neuf éclat à la demeure. Boiseries blondes, atmosphère chaleureuse, lignes plus contemporaines, nouveau spa, confort repensé, tout a été revu avec soin tout en préservant le charme montagnard qui fait depuis toujours le caractère de la maison avec ses trois chalets offrant de magnifiques vues sur la montagne environnante. Garant de la gourmandise maison, Hervé Cune, débarqué il y a un an, poursuit sur sa lancée avec sérieux. L’enfant de Remiremont, passé chez les Marcon à Saint-Bonnet-le-Froid et ancien chef étoilé des Jardins de Sophie, imprime sa patte avec délicatesse, entre respect du terroir vosgien, maîtrise technique et gourmandise bien comprise. Au milieu de la collection de toiles de Muhl, il alterne couplets bourgeois, créatifs et régionaux entre royal pâté en croûte de volaille fermière, belle cassolette d’escargots à l’oseille, tripes au riesling à la crème et moutarde – ici de fondation – avant le gourmand soufflé chaud au Grand-Marnier avec sa crème glacée à la vanille de Madagascar. Une réouverture comme le symbole d’un renouveau au coeur des Vosges.

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