Marie-Paule Belle, la voix qui ne vieillissait pas
Article du 25 juillet 2026
Marie-Paule Belle s’en est allée, et c’est une époque qui remonte d’un seul souffle, comme une chanson reconnue dès les premières notes.
Je l’avais découverte au temps de Je ne suis pas parisienne, de Nosferatu, de la Maison de papier de la rue Jacob, chez Françoise Mallet-Joris. J’étais alors un jeune poète. Jacques Delfau, son mari, venait d’illustrer mon recueil Par une nuit nouvelle. Cette maison était un lieu d’intelligence et de liberté, où se croisaient écrivains et artistes, dans une élégance à la fois belge et parisienne.
Françoise Mallet-Joris, auteure du Rempart des Béguines, fut la compagne de Marie-Paule Belle. Leur lien portait la force des passions discrètes. Plus tard, Marie-Paule lui rendit un hommage bouleversant (« Comme si tu étais toujours là« ), prolongeant ce dialogue interrompu. Françoise rassemblait les êtres ; Marie-Paule en était la voix chantée.
Chez elle, se mêlaient fantaisie, élégance et mélancolie légère. Une voix immédiatement reconnaissable, un phrasé qui semblait sourire aux mots, une liberté sans posture. Elle chantait les femmes, les amours, les villes, les blessures, avec une grâce singulière.
Rien, chez Marie-Paule Belle, ne semblait avoir vieilli. Sa voix, son allure, sa présence restaient d’une jeunesse intacte. Elle appartenait à ces artistes qui traversent le temps sans devenir des souvenirs.
Aujourd’hui s’éteint une voix unique de la chanson française. Mais il suffit de réécouter ses disques pour retrouver cette présence légère et profonde.
Adieu, Marie-Paule. Les chansons, elles, ne meurent pas.








