Les chuchotis du lundi : Clément Leroy reprend Héritages, les Trophées Pudlo des Bistrots 2026, Michel Scheidler booste le Château Hochberg, Pierre Nési chez Clodette, le palmarès du Chef, les plaisirs arabo-tropéziens de Lionel-Samuel Lévy, François-Laurent Apchié à la Sivolière, Cédric Gallais le locavore du Pullman Bercy, la Cheese & Wine Night au Musée du Fromage
Clément Leroy reprend Héritages
« Ils avaient besoin d’un taulier« , glisse Clément Leroy, qui reprend les commandes d’Héritages, la maison des Viallet où s’illustra brièvement l’excellente Emilie Couturier, rue Treilhard à Paris 8e, où elle remplaça le deux étoiles Martino Ruggeri. Avec une partie de l’ancienne équipe du Chiberta, il va tenter de retrouver rapidement son étoile, celle qu’il eut, non loin, rue Arsène Houssaye, dans le même arrondissement de Paris. On rappelle pour la petite histoire qu’il fut le chef de Guy Savoy et son homme de confiance durant douze ans, ouvrit notamment pour lui Etoile-sur-Mer et l’Huîtrade rue Troyon, avant de s’envoler pour Chantilly à l’Auberge du Jeu de Paume, où il remplaça Arnaud Faye, puis de partir pour Londres et de remplacer Phil Howard au Square, le deux étoiles de Mayfair. Formé dans de grandes maisons, Taillevent époque Michel del Burgo, Lasserre aux côtés de Bernard Joinville, Laurent avec Philippe Braun, Clément Leroy connaît la musique de la cuisine étoilée sur le bout des doigts… Et ses plats fétiches (foie gras cuit en cire d’abeille, rouget en écailles, filet de boeuf à la royale) devraient figurer à son futur programme. La maison a fermé provisoirement ses portes pour deux semaines afin de rôder la nouvelle formule en vue de la ré-ouverture le 15 octobre.
Les Trophées Pudlo des Bistrots 2026
Vous le savez, l’auto-promo n’est pas notre genre. Mais quand il s’agit de la gloire de nos comptoirs, on s’autorise un petit écart ! Après les sacres du Paris Seize rue des Belles-Feuilles en 2022, du Moulin à Vent ressuscité par Théophile Moles à Jussieu en 2023, puis de la Grille Montorgueil portée par ce modèle d’aubergiste nommé Laurent Nègre en 2024/2025, les Trophées Pudlo des Bistrots sont de retour. Un millésime 2026 et une 4e édition pour laquelle notre credo demeure le même : valoriser les aubergistes méritants, ce pan de notre gastronomie et ces lieux qui font notre fierté et l’âme de notre pays. Le 8 décembre, 8 trophées seront décernés avec le concours d’un écosystème de partenaires partageant notre goût du zinc et de ces lieux de convivialité. Parmi eux : Rungis et son gourmand président Stéphane Layani, Staub et ses cocottes bien mijotées, les Ateliers Nectoux, orfèvres du comptoir en étain, mais aussi Pernod Ricard, France Boissons et les Tripiers de France qui récompenseront respectivement le Bistrot, la Cheffe, la Transmission, le Jeune Bistrotier et l’Accueil de l’année sans oublier les rois du cinquième quartier. Alain Fontaine et son association des Bistrots & Cafés en France, oeuvrant pour la sauvegarde de nos comptoirs et leur inscription à l’UNESCO, remettront à nouveau à nos côtés le prix de l’Art de Vivre et la Tradition. Toujours affiché au prix d’un oeuf mayo et d’une belle tranche de pâté en croûte, le Petit Pudlo « Nouveau » sera quant à lui au rendez-vous en kiosque pour les fêtes de fin d’année. Bon appétit à tout et large soif !
Michel Scheidler booste le Château Hochberg
Changement de chef et coup de boost au Château Hochberg. L’annexe chic de la Villa Lalique à Wingen-sur-Moder, installée, juste en face du musée Lalique, dans une ancienne demeure de style Second Empire millésimée 1863-1866, qui abrita une ancienne verrerie, devenue un hôtel quatre étoiles avec ses quinze chambre sobres et fonctionnelles, abrite une table de très bon ton. On y a connu Eric Frieden assisté de Jérôme Schilling, puis Arnaud Barberis et Valérie Boulanger. C’est désormais Michel Scheidler qui officie aux fourneaux. Ce briscard de 51 ans, né à Bitche, passé au Tilleul à Philipsbourg, qui suivit longtemps Jean-Georges Klein, et gagna avec lui les trois étoiles à l’Arnsbourg de Baerenthal, avant de poursuivre avec lui l’aventure de la Villa René Lalique, qui gagna très vite deux étoiles, joue là une partition classique, raffinée, mêlant beaux produits, recettes éprouvées, mise en scène moderne et fort soignée. Parmi ses bons tours, le foie gras d’oie, avec sa brioche toastée, sa marmelade d’orange à la fleur de sureau, sa tuile au grué de cacao, les queues de crevettes marinées à la vanille grillée et poivre Timut, avocat, oignon rouge et gingembre en pickles, la superbe aile de raie beurre noisette, pommes de terre aux appétits ou encore l’omble de Sparsbach confit avec tombée d’épinards, sa vinaigrette à la fleur de sureau, abricots et amandes séduisent sans mal. A dire vrai, une étoile ne déparerait cette maison qui se veut « bistronomique », avec ses menus à tarifs sages, mais dont les prestations volent nettement au-dessus du genre bistrot.
Pierre Nési chez Clodette
Le nouveau boutique hôtel qui fait parler de lui à l’ouest parisien ? Belinda, une maison singulière qui plonge avec malice et élégance dans l’univers des 70’s, à coups de mobilier rétro et grâce au design signé de l’architecte d’intérieur Sybille Holmberg s’exprimant au fil de 73 chambres confortables dont une suite avec vue sur la Tour Eiffel. Au rez-de-chaussée, l’autre vedette des lieux a été pensée comme un lieu de vie ouvert du matin au soir et se nomme Clodette. Une table à l’esprit rétro-contemporain qui dévoile tons orangés, courbes arrondies, banquettes, bar moderne, jardin façon patio un peu secret et constitue le terrain de jeu Pierre Nési. Ce parisien, demeuré longtemps au Pays Basque d’abord à la Réserve de Saint-Jean-de-Luz puis chez les frères Ibarboure à Bidart, mais aussi avec Mathieu Moity chez Erroa avant de revenir à Paris aux côtés d’Amandine Chaignot revisite ici classiques familiaux, plats de grand-mère et la cuisine bourgeoise avec esprit et un soupçon de modernité. Poireaux vinaigrette acoquinés d’oeuf mimosa râpé et noisettes, volaille fermière aux morilles, régressives coquillettes jambon, île flottante et riz au lait caramélisé forment un joli répertoire entre goûts d’hier et d’aujourd’hui et s’accommodant sans mal d’une série de cocktails bien dosés. On vous en dit plus très vite et on vous glisse déjà l’adresse : 73 Rue Boileau, Paris 16e.
Le palmarès du Chef
Pour leur 39ème édition, les Trophées de nos confrères du magazine Le Chef ont illuminé le Pavillon Gabriel en distinguant ce lundi 22 septembre six grands gagnants dans autant de catégories. Un casting éminemment talentueux pour un podium astucieusement réparti aux six coins de l’Hexagone. Carton plein pour Hugo Roellinger, qui succède à Jérôme Banctel mais également vingt ans après à son père Olivier comme Chef de l’Année, confirmant la belle santé de son Coquillage de Cancale dans la foulée de l’obtention des trois étoiles au guide rouge tandis que la palme d’or sucrée a pris le chemin de l’Alsace avec le sacre mérité de l’orfèvre Pascal Hainigue nommé Pâtissier de l’Année à l’Auberge de l’Ill. Le prix de la Transmission revient lui à Laurent Petit qui a signé un retour flamboyant à Langres en plaçant sur le devant de la scène son disciple Valentin Loison .Dans la catégorie, « Espoir de l’Année » Xavier Dadaux rafle la mise pour la partition délivrée à la Feuillée au Couvent des Minimes à Mane. Côté service et salle, c’est la jeune Coline Humbert qui triomphe chez Jean Sulpice à Talloires alors que Steve Gellot chez Anne de Bretagne à la Plaine-sur-Mer fait mouche dans la catégorie sommellerie . Un joli palmarès complété par la sélection « Tremplins Le Chef » qui valorise une sélection de jeunes chefs ayant inauguré leur table dans l’année et parmi lesquels on retrouve Julien Dumas au Pergolèse, Romain Meder chez Pétrelle ou encore Camille Saint M’Leux, breton magnifique qui après la Villa 9.Trois révèle toute l’étendue de ses talents chez Geolia.
Les plaisirs arabo-tropéziens de Lionel-Samuel Lévy
La neuve sensation orientale qui agite le tout Saint-Tropez ? Elle se nomme Zayna ou « Beauté » en arabe. Elle est signée Lionel-Samuel Lévy. Ce natif de Haïfa, élevé en France à Marseille, ancien élève de l’Institut Paul Bocuse à Ecully qui a fait ses armes à la Pinède de Saint-Tropez avant de revenir en Israël à Tel Aviv (au Raphaël de Raphy Cohen, chez Meyer Adoni du temps de Cattit, chez Toto avec Yaron Shalev, au marocain Ewa Safi dans Neve Tsedek), sans omettre le King David à Jérusalem avec David Bitton et l’italien Regata au Dan Hotel d’Eilat avant de rentrer dans l’Hexagone à la Bastide de Saint-Tropez et au sein du groupe Famose, notamment au Chacha à Megève, connait la musique et maitrise aussi bien les traditions culinaires de l’Orient et du Maghreb, que les classiques français. Il met ici en scène une partition enlevée et dépaysante empruntant tant au Liban qu’à la richesse des saveurs marocaines. Kemia à partager, houmous, tajine de souris d’agneau aux pruneaux, couscous dans tous ses états et assortiment de douceurs libanaises dansent la sarabande dans un cadre alliant chic contemporain et atmosphère feutrée des riads de Marrakech. Pour en savoir plus, cliquez ici.
François-Laurent Apchié à la Sivolière
La Sivolière est, à Courchevel, depuis une demi-siècle, la perle de charme la plus discrète de la station. Sous la direction chaleureuse de Florence Carcassonne, qui veille sur la maison avec des attentions maternelles depuis plus de 20 ans, elle cultive une hospitalité conviviale,. Ansi à sa « Table de Madame », qui connut par le passé de belles signatures comme Bilal Amrani, Fanny Rey, Dominique Olivieri ou Stéphane Jégo de l’Ami Jean. Elle accueille cette année François-Laurent Apchié qu’on vit il y a peu à Saint-Tropez au Strand de l’hôtel Arev. Ce passionné, au beau parcours – de Georges Blanc à Vonnas à Jacques Chibois à Grasse, en passant par Eric Frechon au Bristol, en passant par Alain Ducasse au Jules Verne, au Dorchester et aux Ombres, sans omettre la Tour d’Argent à Paris – a forgé une solide expérience au contact de grands noms de la gastronomie. Il jouera, cet hiver, à La Sivolière une partition traditionnelle et de saison, montagnarde, certes, avec élégance, fidèle à l’esprit de la maison, entre planches à partager et jolis plats mijotés.




















« astucieusement réparti au quatre coins de l’Hexagone »…
mais nous ne vous lisons pas pour la géométrie!
merci pour ces nouvelles du lundi matin devenues bien essentielles…
Mais quelle blague avec les Viallet encore une fois !
Parions sur l’arrivée d’un énième nouveau chef avant Noël !
Mais comment font la Maison Dubois et la Cave Xavier Thuizat pour supporter ça ? Ah oui bien sûr… L’argent !