Emile Cotte ouvre Albufera à Boulogne

Emile Cotte et José Dantas © DR
Il encanaille le tout Boulogne et fait déjà le plein dans
son excellent Baca’v qu’il a fait voyager des abords du Jardin des Plantes à la banlieue parisienne. Roi de la cuisine bourgeoise, limousin fier de ses racines,
Emile Cotte a de la suite dans les idées. Voilà cet ex du 110 Taillevent, du Taillevent époque Solivérès et qui fît également merveille chez Drouant, qui voit double en compagnie de son lieutenant et actuel second José Dantas. Rue de Meudon, en lieu et place de la Table de Cybèle où l’on connut les malices créatives et végétales de Cybèle Idelot, il ouvrira à la rentrée « Albufera » en référence à la fameuse sauce mais aussi au parc naturel qui s’élance au sud de Valence. Une table dédiée à la cuisine méditerranéenne et aux accents ibériques, rendant hommage aux racines lusitaniennes de son complice José passé par Drouant, Apicius ou encore le Bon Georges. Ouverture prévue : le 1er septembre prochain.
La belle vie de Denis Martin

Denis Martin et son épouse Joana © DR
On l’avait connu au coeur de
Sète aux manettes de The Marcel remplaçant au pied levé Fabien Page pour conserver l’étoile à la demeure. Denis Martin, 33 ans, natif d’Avignon, qui a fait ses armes à l’Hôtel d’Europe mais aussi avec Daniel Boulud au Ritz-Carlton de Montréal, chez Michel Kayser à Garons près de Nîmes vole désormais de ses propres ailes. Restant fidèle à ses racines, il vient de donner une nouvelle vie avec son épouse Joana à un hôtel restaurant sis dans une bâtisse de charme qui fût jadis une maison de famille et en conserve l’esprit avec cinq chambres de goût dans un esprit rustico-contemporain. Cela s’appelle la Belle Vie près du Pont-du-Gard dans le village de Saint-Hilaire d’Ozilhan. Avec une équipe de fort en thèmes dont la sommelière Gwendoline Thomas et le chef pâtissier Romain Berkrouber, Denis y livre une cuisine provençale qui explore et revisite avec délicatesse les classiques de la gastronomie régionale. Ainsi cette ouverture en fraicheur autour de la tomate cerise semi-confite avec fraises acidulées, amandes fraîches et un jus à la feuille de figuier, le gigot d’agneau rôti avec artichauts barigoule au zaatar et jus corsé ou en issue l’abricot confit rencontrant un crémeux caramel et fève de tonka et financier noisettes. A suivre de près.
Thomas Danigo quitte Galanga

Thomas Danigo © GP
Depuis 2019, il était l’étoile montante des abords des Champs-Elysées, usant du végétal comme des épices à bon escient, affirmant son style en combinant saveurs et créativité. L’étoile était venue couronner l’an dernier la table sur-mesure qu’il avait créée pour Monsieur Georges, cinq étoiles contemporain au design griffé Anoushka Hempel rue de Washington dans le huitième arrondissement parisien. Voilà
Thomas Danigo qui rend son tablier chez Galanga mais aussi à
la Ponche de Saint-Tropez où il opérait une petite révolution pour le compte de la marque Chapitre Six de Nicolas Saltiel qui possède les deux maisons. A 33 ans, cet ancien du Laurent et du Sergent Recruteur avec Alain Pegouret se considère comme arrivé «
à la fin d’un cycle » et ambitionne désormais de réunir toutes les conditions pour ajouter un second macaron à celui qu’il détenait ici-même. A l’issue d’un dernier service le 31 juillet, il prendra le temps de la réflexion pour mieux rebondir. Son successeur rue de Washington sera, quant à lui, dévoilé dans le courant de l’été.
Le bistrot de Lulu à Nantes

Ludovic Pouzelgues © GP
Chef créatif, technicien hors pair,
Ludovic Pouzelgues, alias « Lulu Rouget », qui travailla longtemps chez Troisgros avant de laisser éclore tout son talent à Nantes, sa ville natale, reste en mouvement. Toujours à l
a tête de sa table étoilée, ce cuisinier conquérant et enraciné, qui sublime avec brio les produits locaux avait depuis longtemps en tête de revenir aux sources et de ré-investir le théâtre de ses débuts dans la cité des Ducs. C’est chose faite depuis le 10 juillet au 6 Mail du Front Populaire. Le voilà qui inaugure « Lulu Le bistrot » mettant à l’honneur mets de tradition entre oeufs mimosa, noix de veau coupée façon Vitello et baba au rhum avec l’ambition d’offrir
« une cuisine simple et gourmande, à la croisée entre un bouillon et un bouchon lyonnais ». Un bistrot 2.0 qui se targue d’une magistrale hauteur de plafond de presque six mètres de haut et mêle esprit rétro, bar en dekton et touches contemporaines pour une cinquantaine de couverts. Un événement bistrotier et nantais à découvrir sans attendre !
Nicolas Amelin au Collectionneur

Nicolas Amelin © FA
Près du Parc Monceau,
l’Hôtel du Collectionneur, cinq étoiles aux grâces Art Déco qui affiche le plus grand nombre de chambres dans sa catégorie et où l’on connut successivement François Gagnaire, Joël Veyssière et
plus récemment le MOF Filipe Da Assuncao, poursuit sa mue gourmande. Le nouvel homme fort des lieux ? Nicolas Amelin qui a rejoint en avril dernier ce paquebot de charme et y impulse un neuf élan en qualité de chef exécutif Passé chez Dalloyau et dans plusieurs hôtels parisiens de renom comme le Westin, l’Hôtel du Louvre, le Vernet ou encore le Nolinski, ce quadra dynamique connait la musique. Au Collectionneur, il laisse libre cours à ses inspirations bistronomiques, mettant en relief la noblesse des produits au plus près de la saison. Témoins les artichauts poivrade cru et cuit à barigoule convolant avec brousse de brebis et les premières figues rôties, le suprême de volaille de la ferme du Luteau flirtant avec des aubergines en plusieurs façons et un condiment noix de cajou/café avant un tiramisu au siphon griottes et cerise amarena, biscuits marinés, café et Txapa. A suivre de près.
Les malices du Bar des Bergues

Lyece Major et Michele Fotunato © GP
Voilà un an que Michele Fortunato fait merveille au Four Seasons des Bergues, ce fleuron de l’hostellerie genevoise qui demeure au « top » de son registre et qui, dans un bâtiment de 1834, a su garder le charme ancien tout en s’ancrant dans son époque face au Lac de Genève. Cet ancien du Royal Monceau et de l’Hôtel de Paris à Saint-Tropez règne bien sûr avec maestria sur Il Lago, la grande table italienne de la demeure, laurée d’une étoile. Mais ces derniers temps, c’est au Bar des Bergues qu’il impose un nouveau style, empruntant tant à son Italie natale, qu’à la bistronomie de haute volée sur fond d’excellence du produit. Quelques témoins des mets bien vus qui s’offrent dans ce salon cosy devenu restaurant à part entière ? La variation autour de l’artichaut cru et cuit avec sauce pecorino, le filet de boeuf avec épinard et pommes grenailles ou ce chef d’oeuvre de milanaise avec roquette et parmesan. En conclusion, les exquises douceurs, comme la Tatin avec meringue rhubarbe verveine ou le fondant chocolat avec glace pistache sont signées du virtuose Lyece Major, ex du K2 à Courchevel et du Duende à Nîmes. On vous en dit plus bientôt.
Le nouvel élan de la Brasserie du Royal Savoy

Nicolas Diegues et Ludovic Duto © D
A Lausanne, en lisière d’Ouchy, c’est toujours un palace comme un château de conte de fée, avec son côté pile face au lac, son côté face vers la ville, son allure de castel néo-écossais à la Walter Scott élancée de tours quasi gothiques. Millésimé 1909,
le Royal Savoy et ses 196 chambres toisent fièrement le Léman. La nouveauté ? Sa brasserie, dont la carte fut jadis signée de Marc Haeberlin et qui se réveille sous la houlette d’un duo fortiche. Aux manettes, Ludovic Duto ex de Coutanceau à la Rochelle, du George V côté pâtisserie et du Caprice triplement étoilé au Four Seasons Hong Kong sans oublier le Peninsula à Hong-Kong et Shanghai assure l’ensemble de la direction culinaire de l’hôtel, veillant également sur « le Sky Lounge » du dernier étage et sa vue panoramique. Depuis trois mois, il a placé aux fourneaux de la brasserie un fin connaisseur du genre en la personne de Nicolas Diegues, passé au 114 Faubourg du Bristol, chez Disciples avec Jean-Pierre Vigato ou encore au Dali du Meurice. Ce dernier imagine une cuisine bourgeoise à la parisienne, redonnant toute sa noblesse à l’art de la découpe en salle et mettant l’accent sur les sauces et les produits locaux suisses. Quelques exemples ? Le tartare de veau suisse avec moutarde à l’ancienne et caviar osciètre, l’oeuf parfait aux girolles avec sabayon au beurre noisette et truffe d’été qui se prolongent d’un suprême de volaille flanqué d’artichauts poivrades et d’un mille-feuille à la vanille de Madagascar, praliné de noix de pécan et glace vanille.
Les 3C des Trois Couronnes

Morgan Genelle © DR
L’art de la belle brasserie a le vent poupe en Helvétie ! On vous parlait la semaine passée des envolées nippones d’Alastair Long à
l’Hôtel des Trois Couronnes de Vevey. Mais les plaisirs de la demeure ne s’arrêtent pas là. Sous la houlette de Morgan Genelle, chef exécutif du palace, compagnon du Tour de France des Devoirs Unis, rallié depuis belle lurette à la Suisse Romande, la brasserie maison met en exergue tradition et mets réconfortants à l’enseigne des 3C. La partition composée par cet ancien du Mandarin Oriental Paris ou de la Réserve à Genève fait habilement rimer clins d’oeil français et touches italiennes et alpines. Ainsi la croquette de crabe croustillante avec crème d’avocat, pickles de radis et moutarde qui précède malicieusement le tartare de boeuf, la salade Caesar ou ce couplet végétal autour du céleri rôti avec pleurotes du pays et risotto de boulgour aux herbes. On achève avec des douceurs bien vues telles ce parfait aux cerises rôties, amandes amères, crème légère estragon. On vous en reparle vite.
Armel Bedouet s’engage pour la planète au Royal Genève

Armel Bedouet recevant sa plaque © DR
Aux commandes des fourneaux de l’Hôtel Royal à Genève, Armel Bedouet ne cesse d’affirmer son style
à l’Aparté, la belle table maison couronnée d’une étoile depuis 2020. Ex de la Maison Lameloise à Chagny puis de Dominique Gauthier au Chat Botté, ce morbihannais exilé sur les rivages du Léman joue dans un écrin contemporain et intimiste une pièce convoquant touches marines, associations culottées et technicité non superflue. La langoustine en chapelure de riz avec tomate ananas, émulsion eau de tomates au basilic thaï ou la ventrèche de thon séchée comme un jambon rencontrant un jus corsé au lard de Colonnata, chanterelles d’été et sauce chimichurri figurent quelques-uns de ses bons tours délivrés en 6 ou 8 actes. La nouveauté ? Il vient tout juste de rejoindre les établissements labellisés
Less Saves The Planet, distinction récompensant tables conjuguant excellence gastronomique et engagement écologique. Une reconnaissance résonnant avec les convictions de ce breton sensible aux équilibres marins, défendant une cuisine respectueuse des saisons sans oublier de revendiquer son ancrage paysan.