Les chuchotis du lundi : le retour du roi Renaut, Marc Veyrat et ses amis … du guide rouge, Mickey Bourdillat le Bocuse de Chamonix, le nouveau duo de l’Alpaga, Sébastien Tasset au Saint-Nicolas, Tess Evans-Mialet nouvelle star sucrée, Florent Meyer la perle de Combloux, un Trappeur qui a du chien, le divorce de Paris Society/Mathieu Pacaud, Christophe Raoux au Château de la Commaraine, le Gallia lauréat de la Bouteille d’Or 2026, la belle surprise du Greem au Novotel Paris Tour Eiffel
Le retour du roi Renaut
Marc Veyrat et ses amis … du guide rouge
Le tout Landerneau gourmand s’interroge : Marc Veyrat s’est il réconcilié avec le Michelin. Ou plutôt la hache de guerre est elle enterrée avec les inspecteurs qui avaient jadis trouvé du « cheddar » dans sa cuisine manigodine. Oubliées les invectives, les polémiques et les procédures juridiques… Gwendal Poullennec a d’ailleurs si bien enterré la hache du guerre qu’il est venu dîner ici même, chemin des Anes, côté Jaillet dans la nouvelle maison megevanne du chef au chapeau. A 900 € pour deux (hors boissons), la réconciliation a tout de même un prix. Mais c’est le même Gwendal qui, sur son propre compte instagram, a publié jeudi dernier le récit en images de son périple de « fin d’année » en Savoie, de Courchevel à la Tania, d’Annecy à Talloires, sans omettre Megève, citant des tables et des chefs comme Emmanuel Renaut (Flocons de Sel), Julien Gatillon (Vous, Nous et Anata), Alexandre Baule (la Table de l’Apalga) et, en premier d’ailleurs dans sa liste, Mallory Gabsi et … Marc Veyrat qui avait assuré, grands dieux, que les inspecteurs Michelin étaient interdits chez lui. Les inspecteurs, on ne sait pas, mais le grand patron, lui, était bel et bien là. « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis », a noté ainsi le Marco de Manigod assagi et qui a assuré « ne pas vouloir pénaliser les jeunes qui travaillent à ses côtés ». De là à imaginer la table de Marc Veyrat à Megève étoilée dans l’édition 2026 du guide rouge, il n’y a qu’un pas vite franchi…
Mickey Bourdillat, le Bocuse de Chamonix
Il a la forte stature d’un Bocuse savoyard, exerce dans une table de palace face au Mont Blanc que réchauffe une cheminée centrale – où il n’hésite pas à servir des diots, la saucisse locale, ou des merguez (contisées dans de l’agneau des Alpes), défend les produits et les traditions de sa région d’adoption avec un coeur gros comme ça. Mickey Bourdillat fut le second de Pierre Carrier à l’Albert Ier, avant de tenir son « Bistrot » étoilé en ville. Ce Bourguignon de Sens, formé jadis au classique Paris et Poste chez les Godard, mais aussi chez Marc Veyrat, côté Eridan en Savoie, connaît son répertoire régional par coeur, même si ce Savoyard d’adoption, rallié depuis 40 ans à Chamonix, a également le coeur ancré côté Sud. D’où cette cuisine bourgeoise, vive, généreuse, canaille et montagnarde, qu’il sert sans complexe, sous l’emblème du « Matafan » (le mate-faim savoyard), dans le chic hôtel Mont Blanc, vieux palace entièrement rénové avec chic au coeur de Chamonix. La planche de charcuteries de montagne maison est une leçon de choses, ses saint Jacques aux truffes et féra fumée une jolie composition en trompe l’oeil mais qui ne trompe pas le goût ! Le champignon en velouté, avec cèpes, marron et roussette de Savoie, œuf parfait et tacos de champignons un morceau de bravoure à la Marcon, c’est dire à quel niveau. Le pâté en croûte maison, morilles, ris de veau et truffe est un chef d’oeuvre du genre. Quand à son chou – souvenir d’enfance – farci au foie gras de canard, croustillant de pieds de cochon, il est à se rouler par terre. Contrairement à son modèle, Mickey Bourdillat affirme se moquer désormais des étoiles. Et si le guide rouge le détrompait ?
Le nouveau duo de l’Alpaga
Le nouveau duo gourmand qui fait vibrer l’Alpaga, à la fois hôtel de luxe façon hameau, table étoilée, bistrot chic et fort bien mené : le chef Alexandre Baule et la pâtissière Léa Le Berre qui veillent l’été sur la table étoilée des Roches Rouges, appartenant au même groupe Beaumier, à Saint-Raphaël. Le premier, présent ici depuis trois ans, a remplacé Anthony Bisquerra après avoir été l’adjoint de Christian Sinicropi au Martinez a travaillé avec Sylvestre Wahid à Baumanière puis à Paris, la seconde, bretonne native de Saint-Malo, fut la pâtissière émérite de la Villa Belrose à Gassin. Tous deux pratiquent une cuisine raffinée côté table étoilée, ouverte le soir, et bistrotière avec allant, au déjeuner, comme au dîner. Taquinant les classiques (blanquette de veau, salade d’endives façon tonnato ou galette des rois) revus avec allant.
Sébastien Tasset au Saint-Nicolas
Le Saint-Nicolas de Megève : la belle table du Coin du Feu, ce petit bijou hôtelier, jadis lancé par Jocelyne Sibuet et depuis mis en valeur par le passionné Nicolas Grivet, collectionneur et amoureux de la Savoie, qui a peaufiné ce vrai chalet comme autrefois. On y avait connu le jeune Marvin Lance qui avait donné une nouvelle tonalité gourmande au lieu. Ce dernier parti en Bretagne, voilà qu’on y redécouvre Sébastien Tasset que l’on connut jadis au service d’Hélène Darroze (notamment chez Toustem) et qui passa notamment au Plaza Athénée avec Jean-François Piège et au Lucas Carton d’Alain Senderens avec Bertrand Gueneron. La table a du chic, la cuisine, sous la houlette de ce briscard chevronné, qui eut sa table en Seine-Marne, n’en manque pas. Avec les conseils en prime du sommelier corse Ange Mirande. Les amuse-bouche (brioche d’escargot au génépi, beurre à l’ail et jambon ibérique, sablé aux épices, dôme de foie gras et figue de barbarie, maki de riz frit aux agrumes, dôme gnocchi au homard) donnent le ton des impulsions créatives du lieu.Ensuite ? L’œuf fermier de Savoie façon parfait, avec son jaune d’œuf au cumin, sa royale de maïs, topinambour, châtaigne rôtie et sarrasin soufflé et le cannelloni à la truffe noire du Luberon, avec sa farce d’artichaut et foie gras de canard, plus gratiné au vieux parmesan, inspiré de celui de Jean-Louis Nomicos à la Grande Cascade et revu par Eric Frechon au Bristol, ne manquent ni de charme ni de gourmandise. On vous dit tout très vite.
Tess Evans-Mialet nouvelle star sucrée
Elle est la nouvelle star de la pâtisserie megevanne. Tess Evans-Mialet, qu’on connut au Clarence, chez Contraste et à l’Alpaga et a été formée chez Lameloise à Chagny, au Bristol côté Epicure avant le Meurice aux côtés de Cédric Grolet, a ouvert sa pâtisserie salon de thé face au palais des sports, côté Jaillet. Elle y propose sa version à elle des gâteaux de tradition où cette auvergnate aux racines anglaises (et l’inverse!) élevée dans le nord Isère donne le meilleur d’elle même avec des clins d’œil rhônalpins aux gourmandises préférées de sa grand-mère maternelle comme cette tarte aux pralines fondante et crémeuse … En vedette, le gâteau de Savoie au miel jouxte la brioche des reines, avec jus et zeste d’agrumes, le cake à la châtaigne, les muffins de saison, aux épices d’hiver et oranges confites, le « bescoin » – cette brioche montagnarde – au safran de Savoie et au carvi, la brioche lyonnaise aux pralines , le cookie signature, la galette des Reines, noisettes et amandes ou la tarte praline à partager. Il y a encore les pâtisseries individuelles, comme le sablé agrumes et sapin, la tarte poire de Savoie et noix grillées, le « Mont Joly », dans l’esprit d’un Mont-blanc, avec reine des bois et citron ou encore le « Paris-Megève », clin d’oeil local aux Paris-Brest avec noisettes et praliné maison. La maison accueille pour les achats vite fait comme la dégustation prolongée avec ses quelques tables bien mises à l’intérieur et en terrasse. NB : Écir désigne, en Auvergne, le vent qui soulève la neige en altitude. Voilà un lieu à vivre.
Florent Meyer la perle de Combloux
La belle surprise gourmande de Combloux pile face au Mont Blanc : la découverte de Florent Meyer chez « Signature ». En lisière de la grand route vers Saint-Gervais et Megève, qui coupe le village, dans une venelle où l’on se faufile sur la gauche, se dévoile une ancienne ferme qui cache un lieu intime, d’une rustique simplicité avec ses murs peints à la chaux, son plafond et son parquet en bois. Florent, belfortin de 34 ans, ancien des Meilleur à la Bouitte côté Saint-Martin-de-Belleville, d’Emmanuel Renaut au Flocons de Sel et de Julien Gatillon au Four Seasons Megève, cuisine, selon son humeur, des mets pleins de vivacité et de caractère tarifés à prix de raison. La cuisine suit avec coeur et envie, comme ce « dôme » de cèpe au café ou cette huître pochée au “’Brut Alpin” de chez Blard, plus sabayon au persil, la jolie terrine de cerf pleine de goût au chutney d’échalotes et myrtilles de Combloux, l’oeuf parfait et champignons, l’avocat crevettes dit « comme chez mamie » et revu façon tartare ne manquent ni de séduction ni de caractère. On ajoute la tendre et juteuse côte d’agneau de lait, avec courge et ail noir, la jolie volaille sauce vin jaune avec sa peau croustillante, ses bougnettes (ou râpée de pommes de terre à la savoyarde) et ses champignons des montagnes, enfin l’exquis Mont-Blanc « vu de Signature”, avec châtaignes certes, mais rafraîchies aux clémentines. Culotté et délicieux ! C’est la table du moment à dénicher hors des circuits étoilés et balisés.
Un Trappeur qui a du chien
Un déjeuner surprise de très bon ton et même mieux à Megève : à l’hôtel Saint Georges repris par le groupe Chapitre Six de Nicolas Saltiel et nouveau Relais & Châteaux de la station. La déco signée du designer anglais Luke Edward Hall a du chic, de la couleur, de l’élégance, gardant le côté d’un. bistrot cosy avec comptoir et banquettes de velours. Et la cuisine sous la houlette double des chefs à demeure depuis quelques années déjà, le fidèle Jérôme Blanchetière et son adjointe la bretonne Marianne Pouedras, « déçoit en bien » comme disent nos amis suisses. L’élégant directeur Laurent Bienfait reçoit comme à la maison, relayé par un service jeune, souriant et enthousiaste. Ce qui vous attend ? Du bon, du classique, du frais, bien pondu, fort bien condimenté, à partir de produits de qualité. Ainsi le croustillant de reblochon, avec jambon cru de Savoie, croûtons et noix, le carpaccio de saint Jacques marinées aux agrumes ou encore l’encore oeuf fermier bio mayo pour demeurer dans l’optique bistrot. On y ajoute les crozets de Savoie au parmesan et le petit chef d’oeuvre maison : un tendre et moelleux saumon miso cuit à la flamme c’est à dire au chalumeau dans l’assiette, avec gingembre et sésame, plus des pousses d’épinard frais absolument délicieux. Plus une superbe côte de veau rôtie flanquée d’une purée de pommes de terre et d’une sauce aux morilles. Sur lesquels on boit local et régional. On vous en reparle vite.
Le divorce de Paris Society/Mathieu Pacaud
Christophe Raoux au Château de la Commaraine
Le Gallia, lauréat de la Bouteille d’Or 2026
La belle surprise du Greem au Novotel Paris Tour Eiffel
Symbole de modernité lors de sa construction à l’orée des années 80, jadis siège de l’envolée du maestro Robuchon lorsque l’hôtel s’appelait encore le Nikko, le Novotel Paris Tour Eiffel demeure fidèle au poste face à la Maison de la Radio entre Beaugrenelle et le quai André Citroën. Le bon coup des lieux ? Il se trouve un étage au-dessous de l’iconique Benkay, pionnier du spectacle de la cuisine au teppanyaki dans la capitale et dont raffolait le gourmand nippophile Jacques Chirac. Au Greem, la brasserie contemporaine surplombant la Seine, décor soigné, ambiance cosy et sérieux culinaire vont de pair grâce à la complicité d’un duo de fort en thème. D’un côté, Nicolas Bourgeois, directeur F&B, jadis ouvreur truculent pour Alain Ducasse aux Ombres du Quai Branly mais aussi vigie du Ciel de Paris, haut perché sur la Tour Montparnasse. De l’autre, Pierre-Yves Adam, chef des fourneaux, couronné du titre de maitre Cuisinier de France, qui a bourlingué à travers le monde entier, de New-York à Moscou, avant d’occuper des postes dans différents ministères. Avec une attention toute particulière accordée la saisonnalité des produits, ce dernier affiche ici sa maitrise des classiques tricolores parés de fines touches bistronomiques, mitonnant avec précision pâté en croute, foie gras poêlé, joli tataki de bœuf, sans oublier un paleron de bœuf à fondre, une ballotine de volaille au cœur mêlant champignons et épinards et un riz au lait très recommandable. A découvrir !
























Merci pour ces chuchotis du lundi en altitude cette semaine.
Quand allez vous nous régaler avec un nouveau coup de projecteur sur La Bouitte et la famille Meilleur ?