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Les chuchotis du lundi : le retour du roi Renaut, Marc Veyrat et ses amis … du guide rouge, Mickey Bourdillat le Bocuse de Chamonix, le nouveau duo de l’Alpaga, Sébastien Tasset au Saint-Nicolas, Tess Evans-Mialet nouvelle star sucrée, Florent Meyer la perle de Combloux, un Trappeur qui a du chien, le divorce de Paris Society/Mathieu Pacaud, Christophe Raoux au Château de la Commaraine, le Gallia lauréat de la Bouteille d’Or 2026, la belle surprise du Greem au Novotel Paris Tour Eiffel 

Article du 12 janvier 2026

Le retour du roi Renaut

Emmanuel et Kristine Renaut © GP

Il a réouvert ses « Flocons de Sel » après un an et demi de fermeture, pour rebâtir les fondations du lieu et réparer un vice de construction. Mais, qu’on se rassure, rien n’a changé chez le roi de la montagne. Le « Manu » rieur et modeste, homme de la montagne d’adoption enraciné avec force et passion dans cet univers sobre, boisé, chaleureux, reste identique à lui-même, comme son décor boisé sans bouleversement aucun. Emmanuel Renaut a beau multiplier les maisons (sa Cave en ville, son Garde Manger, son Flocons Village devenu une halte savoyarde et fromagère, sa taverne du Prieuré, ses chambres d’hôtes « le Chalet des Allobroges », sans omettre son « Bois Prin » de Chamonix, sa table d’altitude de Saint-Gervais « le Boitet », sa table double (bistro et gastro) pour l’hôtel des Horlogers d’Audemars-Piguet au Brassus en Suisse), son coeur reste bien enraciné au Leutaz. MOF 2004, formé jadis au Crillon, époque Constant, second de Marc Veyrat durant sept ans, plus chef du Claridge’s à Londres, d’où il rapporta ses tabliers de bouchers anglais rayés de bleus et de blancs, qui depuis, ont fait florès un peu partout, et où il connut la belle Kristine, native de l’Allemagne du Nord, qui était alors directrice du F&B, qu’il épousa et avec qui il créa son mini-empire megevan, il a toujours créé les modes, imposant sa manière qui est celle d’un créateur d’aujourd’hui aux racines classiques, aimant les pommes soufflés, les sauces grand veneur et les tourtes de gibier, mais s’il sait faire végétal, à la manière de son copain Alain Passard, l’un des rares trois étoiles, qui comme lui, touche à toutes les assiettes qui sortent de sa cuisine. On revient ici avec plaisir aux classiques maison, comme les « deux millimètres de polenta avec champignons et aspérule odorante, les splendides cardons cuisinés un risotto truffé ou encore le fameux biscuit de brochet et lotte du lac avec son jus d’oignon grillé qui peut être confectionné, suivant l’arrivage avec du gardon et auquel les mini boules craquantes de sarrasin confèrent un goût d’enfance. Mais on s’extasie devant cette création somptueuse et végétale qui laisse pantois : des choux verts rôtis avec un jus de choux rouges. Comme un chou farci sans viande, si savoureux, copieux même, mais si digeste. C’est bien « le » chef d’oeuvre du moment pour fêter le retour du roi de Rochebrune dans son domaine .

Marc Veyrat et ses amis … du guide rouge

Marc Veyrat le le 6 janvier 2026 © GP`

Le tout Landerneau gourmand s’interroge : Marc Veyrat s’est il réconcilié avec le Michelin. Ou plutôt la hache de guerre est elle enterrée avec les inspecteurs qui avaient jadis trouvé du « cheddar » dans sa cuisine manigodine. Oubliées les invectives, les polémiques et les procédures juridiques… Gwendal Poullennec a d’ailleurs si bien enterré la hache du guerre qu’il est venu dîner ici même, chemin des Anes, côté Jaillet dans la nouvelle maison megevanne du chef au chapeau. A 900 € pour deux (hors boissons), la réconciliation a tout de même un prix. Mais c’est le même Gwendal qui, sur son propre compte instagram, a publié jeudi dernier le récit en images de son périple de « fin d’année » en Savoie, de Courchevel à la Tania, d’Annecy à Talloires, sans omettre Megève, citant des tables et des chefs comme Emmanuel Renaut (Flocons de Sel), Julien Gatillon (Vous, Nous et Anata), Alexandre Baule (la Table de l’Apalga) et, en premier d’ailleurs dans sa liste, Mallory Gabsi et … Marc Veyrat qui avait assuré,  grands dieux, que les inspecteurs Michelin étaient interdits chez lui. Les inspecteurs, on ne sait pas, mais le grand patron, lui, était bel et bien là. « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis », a noté ainsi le Marco de Manigod assagi et qui a assuré « ne pas vouloir pénaliser les jeunes qui travaillent à ses côtés ». De là à imaginer la table de Marc Veyrat à Megève étoilée dans l’édition 2026 du guide rouge, il n’y a qu’un pas vite franchi…

 

Mallory Gabsy, MV, GP © compte instagram de Gwendal Poullennec

 

 

Mickey Bourdillat, le Bocuse de Chamonix

Mickey Bourdillat © GP

Il a la forte stature d’un Bocuse savoyard, exerce dans une table de palace face au Mont Blanc que réchauffe une cheminée centrale – où il n’hésite pas à servir des diots, la saucisse locale, ou des merguez (contisées dans de l’agneau des Alpes), défend les produits et les traditions de sa région d’adoption avec un coeur gros comme ça. Mickey Bourdillat fut le second de Pierre Carrier à l’Albert Ier, avant de tenir son « Bistrot » étoilé en ville. Ce Bourguignon de Sens, formé jadis au classique Paris et Poste chez les Godard, mais aussi chez Marc Veyrat, côté Eridan en Savoie, connaît son répertoire régional par coeur, même si ce Savoyard d’adoption, rallié depuis 40 ans à Chamonix, a également le coeur ancré côté Sud. D’où cette cuisine bourgeoise, vive, généreuse, canaille et montagnarde, qu’il sert sans complexe, sous l’emblème du « Matafan » (le mate-faim savoyard), dans le chic hôtel Mont Blanc, vieux palace entièrement rénové avec chic au coeur de Chamonix. La planche de charcuteries de montagne maison est une leçon de choses, ses saint Jacques aux truffes et féra fumée une jolie composition en trompe l’oeil mais qui ne trompe pas le goût ! Le champignon en velouté, avec cèpes, marron et roussette de Savoie, œuf parfait et tacos de champignons un morceau de bravoure à la Marcon, c’est dire à quel niveau. Le pâté en croûte maison, morilles, ris de veau et truffe est un chef d’oeuvre du genre. Quand à son chou – souvenir d’enfance – farci au foie gras de canard, croustillant de pieds de cochon, il est à se rouler par terre. Contrairement à son modèle, Mickey Bourdillat affirme se moquer désormais des étoiles. Et si le guide rouge le détrompait ?

 

Le nouveau duo de l’Alpaga

Alexandre Baule et Léa le Berre © GP

Le nouveau duo gourmand qui fait vibrer l’Alpaga, à la fois hôtel de luxe façon hameau, table étoilée,  bistrot chic et  fort bien mené : le chef Alexandre Baule et la pâtissière Léa Le Berre qui veillent l’été sur la table étoilée des Roches Rouges, appartenant au même groupe Beaumier, à Saint-Raphaël. Le premier, présent ici depuis trois ans, a remplacé Anthony Bisquerra après avoir été l’adjoint de Christian Sinicropi au Martinez a travaillé avec Sylvestre Wahid à Baumanière puis à Paris, la seconde, bretonne native de Saint-Malo, fut la pâtissière émérite de la Villa Belrose à Gassin. Tous deux pratiquent une cuisine raffinée côté table étoilée, ouverte le soir, et bistrotière avec allant, au déjeuner, comme au dîner. Taquinant les classiques (blanquette de veau, salade d’endives façon tonnato ou galette des rois) revus avec allant.

Sébastien Tasset au Saint-Nicolas

Sébastien Tasset © GP

Le Saint-Nicolas de Megève : la belle table du Coin du Feu, ce petit bijou hôtelier, jadis lancé par Jocelyne Sibuet et depuis mis en valeur par le passionné Nicolas Grivet, collectionneur et amoureux de la Savoie, qui a peaufiné ce vrai chalet comme autrefois. On y avait connu le jeune Marvin Lance qui avait donné une nouvelle tonalité gourmande au lieu. Ce dernier parti en Bretagne,  voilà qu’on y redécouvre Sébastien Tasset que l’on connut jadis au service d’Hélène Darroze (notamment chez Toustem) et qui passa notamment au Plaza Athénée avec Jean-François Piège et au Lucas Carton d’Alain Senderens avec Bertrand Gueneron. La table a du chic, la cuisine, sous la houlette de ce briscard chevronné, qui eut sa table en Seine-Marne, n’en manque pas. Avec les conseils en prime du sommelier corse Ange Mirande. Les amuse-bouche (brioche d’escargot au génépi, beurre à l’ail et jambon ibérique, sablé aux épices, dôme de foie gras et figue de barbarie, maki de riz frit aux agrumes, dôme gnocchi au homard) donnent le ton des impulsions créatives du lieu.Ensuite ? L’œuf fermier de Savoie façon parfait, avec son jaune d’œuf au cumin, sa royale de maïs, topinambour, châtaigne rôtie et sarrasin soufflé et le cannelloni à la truffe noire du Luberon, avec sa farce d’artichaut et foie gras de canard, plus gratiné au vieux parmesan, inspiré de celui de Jean-Louis Nomicos à la Grande Cascade et revu par Eric Frechon au Bristol, ne manquent ni de charme ni de gourmandise. On vous dit tout très vite.

 

Tess Evans-Mialet nouvelle star sucrée

Tess et la tarte aux pralines © GP

Elle est la nouvelle star de la pâtisserie megevanne. Tess Evans-Mialet, qu’on connut au Clarence, chez Contraste et à l’Alpaga et a été formée chez Lameloise à Chagny, au Bristol côté Epicure avant le Meurice aux côtés de Cédric Grolet, a ouvert sa pâtisserie salon de thé face au palais des sports, côté Jaillet. Elle y propose sa version à elle des gâteaux de tradition où cette auvergnate aux racines anglaises (et l’inverse!) élevée dans le nord Isère donne le meilleur d’elle même avec des clins d’œil rhônalpins aux gourmandises préférées de sa grand-mère maternelle comme cette tarte aux pralines fondante et crémeuse … En vedette, le gâteau de Savoie au miel jouxte la brioche des reines, avec jus et zeste d’agrumes, le cake à la châtaigne, les muffins de saison, aux épices d’hiver et oranges confites, le « bescoin » – cette brioche montagnarde – au safran de Savoie et au carvi, la brioche lyonnaise aux pralines , le cookie signature, la galette des Reines, noisettes et amandes ou la tarte praline à partager. Il y a encore les pâtisseries individuelles, comme le sablé agrumes et sapin, la tarte poire de Savoie et noix grillées, le « Mont Joly », dans l’esprit d’un Mont-blanc, avec reine des bois et citron ou encore le « Paris-Megève », clin d’oeil local aux Paris-Brest avec noisettes et praliné maison. La maison accueille pour les achats vite fait comme la dégustation prolongée avec ses quelques tables bien mises à l’intérieur et en terrasse. NB : Écir désigne, en Auvergne, le vent qui soulève la neige en altitude. Voilà un lieu à vivre.

Florent Meyer la perle de Combloux

Florian Meyer © GP

La belle surprise gourmande de Combloux pile face au Mont Blanc : la découverte de Florent Meyer chez « Signature ». En lisière de la grand route vers Saint-Gervais et Megève, qui coupe le village, dans une venelle où l’on se faufile sur la gauche, se dévoile une ancienne ferme qui cache un lieu intime, d’une rustique simplicité avec ses murs peints à la chaux, son plafond et son parquet en bois. Florent, belfortin de 34 ans, ancien des Meilleur à la Bouitte côté Saint-Martin-de-Belleville, d’Emmanuel Renaut au Flocons de Sel et de Julien Gatillon au Four Seasons Megève, cuisine, selon son humeur, des mets pleins de vivacité et de caractère tarifés à prix de raison. La cuisine suit avec coeur et envie, comme ce « dôme » de cèpe au café ou cette huître pochée au “’Brut Alpin” de chez Blard, plus sabayon au persil, la jolie terrine de cerf pleine de goût au chutney d’échalotes et myrtilles de Combloux, l’oeuf parfait et champignons, l’avocat crevettes dit « comme chez mamie » et revu façon tartare ne manquent ni de séduction ni de caractère. On ajoute la tendre et juteuse côte d’agneau de lait, avec courge et ail noir, la jolie volaille sauce vin jaune avec sa peau croustillante, ses bougnettes (ou râpée de pommes de terre à la savoyarde) et ses champignons des montagnes, enfin l’exquis Mont-Blanc « vu de Signature”, avec châtaignes certes, mais rafraîchies aux clémentines. Culotté et délicieux ! C’est la table du moment à dénicher hors des circuits étoilés et balisés.

Un Trappeur qui a du chien

Marianne Pouedras et Laurent Bienfait © GP

Un déjeuner surprise de très bon ton et même mieux à Megève : à l’hôtel Saint Georges repris par le groupe  Chapitre Six de Nicolas Saltiel et nouveau Relais & Châteaux de la station. La déco signée du designer anglais Luke Edward Hall a du chic, de la couleur, de l’élégance, gardant le côté d’un. bistrot cosy avec comptoir et banquettes de velours. Et la cuisine sous la houlette double des chefs à demeure depuis quelques années déjà, le fidèle Jérôme Blanchetière et son adjointe la bretonne Marianne Pouedras, « déçoit en bien » comme disent nos amis suisses. L’élégant directeur Laurent Bienfait reçoit comme à la maison, relayé par un service jeune, souriant et enthousiaste. Ce qui vous attend ? Du bon, du classique, du frais, bien pondu, fort bien condimenté, à partir de produits de qualité. Ainsi le croustillant de reblochon, avec jambon cru de Savoie, croûtons et noix, le carpaccio de saint Jacques marinées aux agrumes ou encore l’encore oeuf fermier bio mayo pour demeurer dans l’optique bistrot. On y ajoute les crozets de Savoie au parmesan et le petit chef d’oeuvre maison : un tendre et moelleux saumon miso cuit à la flamme c’est à dire au chalumeau dans l’assiette, avec gingembre et sésame, plus des pousses d’épinard frais absolument délicieux. Plus une superbe côte de veau rôtie flanquée d’une purée de pommes de terre et d’une sauce aux morilles. Sur lesquels on boit local et régional. On vous en reparle vite.

Le divorce de Paris Society/Mathieu Pacaud 

Laurent de Gourcuff & Mathieu Pacaud devant le Laurent © DR

Ensemble, ils avaient trouvé une formule gagnante, donnant raison à l’adage « l’union fait la force », mettant en commun leurs atouts pour s’associer autour de l’exploitation de deux des lieux les plus chics et en vue de Paris (Le Laurent & Apicius). Mais la rupture est bel et bien actée et consommée entre Paris Society, le groupe pionnier et leader de la restauration festive en France fondé par Laurent de Gourcuff et désormais aux manettes d’Accor et Mathieu Pacaud, le fils du maestro Bernard mué en petit génie des fourneaux et des affaires qui apportait sa signature et son expérience en cuisine. Un schisme qui laisse chacun régner en son royaume. Avenue Gabriel, Le Laurent et sa terrasse de charme continueront leur route dans le giron d’Accor et de Paris Society tandis que Mathieu Pacaud conserve lui dans son escarcelle le très chic Apicius, sis dans son superbe hôtel particulier du 18e et où il a pris la succession de Jean-Pierre Vigato depuis 2017. Rappelons, que comme on l’évoquait la semaine passée, Mathieu Pacaud a également fraichement cédé les rênes de l’étoilé Anne du côté de la place des Vosges où Thibaut Sombardier opère avec brio sa petite révolution. Son périmètre d’activité semble donc se restreindre momentanément. Même s’il n’oublie pas de se consacrer à d’autres projets dont la rénovation imminente de sa table marine et toujours étoilée, le Divellec (pour laquelle on parle d’un changement prochain de cap) et le développement de son activité de boulangerie initiée avec l’ouverture d’une première Maison Mathieu Pacaud rue du Faubourg Saint-Honoré dans le 8e et sur laquelle ce néo-boulanger/pâtissier semble miser gros, avec dans le viseur plusieurs unités supplémentaires courant 2026.

Christophe Raoux au Château de la Commaraine 

Christophe Raoux © GP

 

C’est la renaissance d’un domaine historique et chargé d’histoire au coeur des vignes bourguignonnes. Un chateau du 12e siècle désormais mué en cinq étoiles de charme, sous la houlette du groupe « Champagne Hospitality » créé par Mark Nunnelly et Denise Dupré, américains, épicuriens et fous de vins tricolores, propriétaires de la maison Leclerc-Briant et déjà derrière la résurrection du Royal Champagne, ex relais du XVIIe siècle surplombant la Vallée de la Marne depuis le village de Champillon. Pour leur troisième implantation de taille (après le Barthélémy à Saint-Barth’), ils ont choisi la Cote d’Or et la Bourgogne des grands crus. A Pommard, après quatre ans de rénovation d’envergure, le Château de la Commaraine a fait peau neuve avec l’ambition de s’imposer comme un nouveau fleuron de l’oenotourisme bourguignon. Depuis l’été 2025, la bâtisse dévoile 37 suites et chambres de grand confort mais aussi un spa moderne et une piscine s’épanouissant au milieu des quatre hectares de vignes classées en Pommard premier cru. Voilà désormais le volet gourmand qui prend un nouveau tournant, affirmant ses ambitions avec l’entrée en scène du MOF Christophe Raoux. L’ex maestro du Café de la Paix et du Péninsula, qui supervisa aussi un temps les brasseries et restaurants du groupe Bocuse à Lyon, fait déjà mouche au Royal côté Champagne. Se dédoublant du pays des crayères à celui des climats, il sera également ici à la manoeuvre en signant dès février les cartes des deux tables de la demeure, le gastronomique « VIII » et le bistronomique « Clos ». A suivre de près !

Le Gallia, lauréat de la Bouteille d’Or 2026

Eric Ling au Gallia © TO

 
Aux côtés de sa grande soeur, la vénérable Coupe du Meilleur Pot fraichement raflée par l’excellent Chantefable de Tom Le Fèvre, la Bouteille d’Or s’affirme également comme un précieux baromètre du zinc parigot et une palme d’or convoitée par tous les patrons de bistrots. Distinguant depuis 1986 un bistrot brillant par la qualité de son choix de vin, ce Goncourt du bon goulot souffle bien souvent dans la bonne direction. Dans le sillon des heureux récipiendaires des précédentes éditions parmi lesquels Vincent Limouzin au Bistrot des Halles, Stéphane Reynaud et Nicolas Bessière chez Oui Mon Général ou encore le truculent Sébastien Mayol chez Oh Vin Dieu, ce nouveau millésime vient de couronner Eric et Justine Ling, unis à la ville comme à la scène et à la tête du Gallia dans le 11e. A l’angle des rues Saint-Ambroise et Saint-Maur, ce couple passionné, possédant tous deux des origines chinoises, a repris depuis 2015 le flambeau de ce lieu singulier, bistrot d’angle jadis d’obédience aveyronnaise en lui conservant sa vocation historique de bureau de tabac… tout en développant une cave de premier choix pouvant vous mettre nez à nez avec un Hermitage de Jean-Louis Chave ou un beaujolais de première bourre. Mais si le liquide vaut le détour, le solide n’a pas à rougir avec des classiques sans esbroufe dont le tartare de boeuf au couteau ou la belle andouillette de Troyes. On vous glisse l’adresse : Le Gallia, 69 rue Saint-Maur, Paris 11e

La belle surprise du Greem au Novotel Paris Tour Eiffel

Nicolas Bourgeois et Pierre Yves Adam © FA

Symbole de modernité lors de sa construction à l’orée des années 80, jadis siège de l’envolée du maestro Robuchon lorsque l’hôtel s’appelait encore le Nikko, le Novotel Paris Tour Eiffel demeure fidèle au poste face à la Maison de la Radio entre Beaugrenelle et le quai André Citroën. Le bon coup des lieux ? Il se trouve un étage au-dessous de l’iconique Benkay, pionnier du spectacle de la cuisine au teppanyaki dans la capitale et dont raffolait le gourmand nippophile Jacques Chirac. Au Greem, la brasserie contemporaine surplombant la Seine, décor soigné, ambiance cosy et sérieux culinaire vont de pair grâce à la complicité d’un duo de fort en thème. D’un côté, Nicolas Bourgeois, directeur F&B, jadis ouvreur truculent pour Alain Ducasse aux Ombres du Quai Branly mais aussi vigie du Ciel de Paris, haut perché sur la Tour Montparnasse. De l’autre, Pierre-Yves Adam, chef des fourneaux, couronné du titre de maitre Cuisinier de France, qui a bourlingué à travers le monde entier, de New-York à Moscou, avant d’occuper des postes dans différents ministères. Avec une attention toute particulière accordée la saisonnalité des produits, ce dernier affiche ici sa maitrise des classiques tricolores parés de fines touches bistronomiques, mitonnant avec précision pâté en croute, foie gras poêlé, joli tataki de bœuf, sans oublier un paleron de bœuf à fondre, une ballotine de volaille au cœur mêlant champignons et épinards et un riz au lait très recommandable. A découvrir !

Les chuchotis du lundi : le retour du roi Renaut, Marc Veyrat et ses amis … du guide rouge, Mickey Bourdillat le Bocuse de Chamonix, le nouveau duo de l’Alpaga, Sébastien Tasset au Saint-Nicolas, Tess Evans-Mialet nouvelle star sucrée, Florent Meyer la perle de Combloux, un Trappeur qui a du chien, le divorce de Paris Society/Mathieu Pacaud, Christophe Raoux au Château de la Commaraine, le Gallia lauréat de la Bouteille d’Or 2026, la belle surprise du Greem au Novotel Paris Tour Eiffel ” : 1 avis

  • Laurent

    Merci pour ces chuchotis du lundi en altitude cette semaine.
    Quand allez vous nous régaler avec un nouveau coup de projecteur sur La Bouitte et la famille Meilleur ?

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