Les chuchotis du lundi : Yazid Ichemrahen chez lui, le futur du Restaurant du Palais Royal, Thibault Sombardier remplace Mathieu Pacaud chez Anne, Simon Havage nouvel homme fort du Shangri-La, les malices du duo du Frame au Pullman Eiffel, le Gault & Millau en Arabie Saoudite, Elie Fischmann au restaurant de la Fantaisie, les joyeux Tontons de Neuilly
Yazid Ichemrahen chez lui
De lui, on vous a presque tout dit : son parcours chaotique, celui d’un natif d’Epernay d’origine marocaine balloté entre familles d’accueil, sa passion pour la pâtisserie, son travail acharné, la palme de champion du monde des desserts remportée à 23 ans, ses voyages à travers le monde, bref ce parcours de « winner » parti de rien pour conquérir le monde, devenu presque deux fois millionnaire sur instagram. Il l’a raconté en livre puis dans un film (A la Belle Etoile) retraçant sa vie et sa passion. Orfèvre du sucré, ayant fourbi ses armes chez Bourguignon à Metz, avec le MOF Pascal Caffet à Troyes, aux côtés du MOF Angelo Musa et de Philippe Conticini à la Pâtisserie des Rêves sans oublier l’école Robuchon à Monaco avant l’aventure à travers le monde, depuis sa boutique d’Avignon où nous le découvrîmes jadis. Il est aujourd’hui à la tête d’une douzaine d’enseignes et boutiques au Bahrein, à Doha, à Gstaad, sans oublier le Royal Monceau à Paris. Globe trotter sucré, Yazid Ichemrahen prouve aujourd’hui qu’il est aussi doué pour le salé que pour le sucré. La maison, qu’il vient d’ouvrir rue Croix des Petits Champs, non loin de la Place des Victoires, du Palais Royal, du Musée du Louvre et des anciennes Halles, est un lieu de vie habillé tout en blanc, sobre et scintillant, sur deux étages (entre sous sol et rez-de-chaussée), avec boutique et terrasse, cuisine ouverte et comptoir de bouche, tables individuelles ou personnelle. Le lieu, qui se nomme « Yazid Ichemrahen at home », lui ressemble. Comme il rassemble ses plats souvenirs, ceux de ses voyages. Avec une équipe partiellement italienne, il bluffe son monde à coups de « finger César », « escapade romaine » végétale, sushi comme à Kyoto, paccheri all’arrabbiata, tartare de boeuf au vieux parmesan. Sans oublier une partition sucrée d’exception entre affogato aux noisettes et flan vanille aux pistaches avec son feuilletage croustillant. Chapeau Yazid ! On revient vite.
Le futur du Restaurant du Palais Royal
Le mystère s’épaissit sous les arcades du Palais Royal où les portes de la table doublement étoilée chapeautée par le groupe Evok et menée jusque là avec maestria par l’artiste grec Philip Chronopoulos demeurent désespérément fermées depuis le 25 juillet dernier. Alors que le groupe, collectionneur de belles adresses entre Paris, Venise et Madrid, évoque un communiqué de presse imminent, la rumeur bruisse et enfle : Philip, virtuose natif d’Athènes formé dans la grande restauration parisienne, chez Alain Passard à l’Arpège, chez Joël Robuchon à son Atelier de l’Etoile et qui signait également les cartes du Nolinski, serait sur le départ ou déjà parti pour un projet plus personnel. Une hypothèse corroborée par le récent transfert du directeur de salle Ahmad Houmani qui a quitté le navire début septembre pour rejoindre les rangs de Stéphanie Le Quellec à la Scène. Selon nos informations – encore au conditionnel – après sa courte escapade dans les Pouilles du côté de Polignano a Mare, le prodige italien et vainqueur du Bocuse d’Or transalpin, Martino Ruggieri serait pressenti pour reprendre le flambeau et ainsi signer un retour flamboyant à Paris, le plaçant directement au niveau des deux étoiles qu’il détenait il y a peu dans la maison à son nom rue Treilhard (devenue aujourd’hui Héritages sous la houlette d’Emilie Couturier puis de Clément Leroy). A moins qu’Evok ne souhaite rompre avec la course aux étoiles et le jeu de la haute gastronomie difficile à tenir dans cet emplacement de prestige. Affaire à suivre.
Thibault Sombardier remplace Mathieu Pacaud chez Anne
Anne au Pavillon de la Reine ? C’était une des tables étoilées (avec Apicius, Divellec et le restaurant de la Ferme à Murtoli en Corse) que gérait Mathieu Pacaud. La maison, élégante et discrète dans son bel écrin XVIIe, était toute voisine de celle de ses parents, Bernard et Danièle, qui tenaient l’Ambroisie, juste de l’autre côté de la place des Vosges, et qui a été reprise par le groupe Butler Industries, avec, à la manoeuvre, le chef Shintaro Awa. Une page se tourne donc de la gastronomie française dans cette partie de Paris. Le remplaçant de Mathieu Pacaud chez « Anne » n’est pas un inconnu, loin de là, puisqu’il s’agit de Thibault Sombardier. Cela fait d’ailleurs belle lurette que nous suivons ce jeune lyonnais devenu très parisien, formé jadis chez Larivoire à Rilleux-la-Pape, avant le Meurice à Paris puis au Carré des Feuillants, avant de devenir le chef du Trou Gascon d’Alain Dutournier dans le 12e, et qui a multiplié les belles adresses dans la capitale, comme Antoine, où il détint une étoile avenue de New York, Mensae dans le 19e, Sellae dans le 13e, et Mojju dans le 7e. On notera qu’il signe également, depuis trois ans, la carte du restaurant « les Parisiens », au sein de l’hôtel Pavillon Faubourg-Saint-Germain, propriété de la famille Chevalier, comme d’ailleurs le Pavillon de la Reine de place des Vosges de la place des Vosges. Avec son complice Matthieu Pirola, il proposera chez « Anne », « une cuisine sincère, précise et généreuse, qui célèbrera l’instant présent et les produits du marché« . Affaire à suivre de près…
Simon Havage, nouvel homme fort du Shangri-La
Les malices du duo du Frame au Pullman Eiffel
Le Gault & Millau en Arabie Saoudite
Elie Fischmann au restaurant de la Fantaisie
Les joyeux Tontons de Neuilly
Au départ, deux copains Alexandre Baïzet (ex-Meating dans le 17e, avenue de Villers, où l’on connut Emile Cotte, depuis parti au 110 de Taillevent, chez Drouant puis au Bacav à Boulogne) et Roger Castellani, corse de Balagne, qui fut son voisin au Petit Champerret, tous deux déjà en duo au Pinzutu à Neuilly. Ils ont embarqué leur chef, le talentueux Rachid Djilllali, passé notamment à Baumanière, au George V et à la Cantine du Faubourg, l’ont associé à leur aventure en créant ensemble les « Tontons de Neuilly », sur la gourmande place Parmentier, à l’emplacement de l’ex Orient-Extrême, qui pris lui-même la place de l’étoilé la Truffe Noire. Leur recette pour donner à Neuilly sa belle adresse drôle, joyeuse même, un brin canaille, et surtout gourmande : des produits superbes, des recettes toniques et éprouvées, des assaisonnements au petit point et des vins fort bien choisis. On adore ici la salade de haricots verts à la mimolette vieille et aux noisettes, le foie gras de canard mi-cuit, avec son confit de figues, son pain aux noisettes et raisins, comme le filet de bar snacké sauce vierge avec ses légumes de saison glacés au fumet ou, en plat star, le tartare de bœuf au couteau avec son jaune d’œuf confit et ses frites maison ou encore le crémeux au citron meringué et son crumble noisettes. On en reparle !

















La phrase citée, concernant le nouveau chef d’Anne, Thibault Sombardier, vient de son compte instagram. Tout le reste de notre cru. Nous n’avons pour habitude de reproduire les communiqués de presse tels quels. Merci, en tout cas, pour votre vigilante remarque et merci de nous lire si bien.
Épatants les communiqués pondus par les attachés de presse. Concernant « Anne », il eût été surprenant que le nouveau chef proposât une cuisine hypocrite, évasive et pingre…