Les chuchotis du lundi : Guillaume Roget star basque, Christophe Scheller l’artiste du Palais biarrot, Benoît Dargère et l’événement Grand Café, Jason Gouzy déménage Pantagruel et double la mise avec Panurge, les 10 ans de Big Mamma, les bons tours du Caboulot, Reine Sammut retour en Corse au domaine Misíncu, la sensation Zia au Metropole Monte-Carlo
Guillaume Roget star basque
Il est le nouveau cuisinier star avec 2 étoiles du pays basque français. Guillaume Roget fut sommelier dans une vie antérieure, au château de Brindos à Anglet, puis au Ruffet de Jurançon alors doublement étoilé. A 23 ans, il crée son premier restaurant sur le port d’Hendaye, la Cabane du Pêcheur. On le découvrira au Brouillarta face à la plage de Saint-Jean-de-Luz, où il gagnera une étoile. Le voilà maître chez lui à l’enseigne d’Ekaitza (« la tempête » en basque) de l’autre côté de la Nive, transmué à Ciboure en grand chef moderne et créatif sur le quai Maurice Ravel. La passion ne l’a pas quitté, les deux étoiles ne lui ont pas donné la grosse tête. Ses prix de menus sont plus raisonnables que certains de ses collègues dotés d’une unique étoile et le cadre sobre et contemporain avec ses belles tables en bois sont propices à la convivialité comme à la découverte d’une expérience singulière et l’excellent choix de vins en accord comme le service au petit point ajoutent au plaisir de redécouvrir ce lieu rare. Bref, la tornade Roget emporte tout … On en reparle vite !
Christophe Scheller l’artiste du Palais biarrot
Du travail d’artiste ! Ce que promeut Christophe Scheller – à la Rotonde est de très haut niveau, comme un retour cinglant de la tradition à l’Hôtel du Palais à Biarritz. On rappelle ce que nous disions ici l’an passé : cet ancien du Hyatt Vendôme aux côtés de Jean-François Rouquette, du Royal Monceau au temps de Christophe Pelé et du Mandarin Oriental en compagnie de Thierry Marx, qui a également travaillé quelques mois au Chateaubriand avec Inaki Aizpitarte, connaît sa partition et sait jouer de tous les bons tours de la cuisine moderne mais sans nullement brader la tradition. Sa signature ici même : le retour du grand classicisme rajeuni, allégé, épousseté, mais édulcoré, qui sied parfaitement à ce cadre Second Empire au chic intemporel, avec ses colonnades, ses tables bien nappées, sa vue somptueuse, sur le plus beau coucher de soleil de l’Atlantique. Ce qui se propose là ? Une démonstration sur le bien fondé du produit local et régional, cuit, conçu, réajusté avec un doigté insigne. Ainsi le crémeux de maïs Grand Roux au coulis de piquillos, les petits pois en texture ou l’araignée locale (le « txanguro ») mariée à la fleur de courgette. Une technicité sans chichi se met ici au service d’une cuisine fine, précise, lisible d’une rigueur sans faille. Le Michelin qui a enlevé l’étoile à la demeure est franchement à côté de la plaque.
Benoît Dargère et l’événement Grand Café
Exit le Mini-Palais ! Le Grand Palais, qui a fermé ses portes pour une longue rénovation, est encore empêtré dans ses travaux. Mais a déjà rouvert sa table chic et choc sous la houlette de Gilles et Claire Malafosse, qui gèrent notamment Le Flandrin, créé par leur père au bout de l’avenue Henri Martin, mais aussi Loulou à Paris, au musée des Arts Décoratifs, à Ramatuelle, à Roquebrune-Cap-Martin, à Courchevel, au Barrière-des-Neiges, en compagnie de leur chef exécutif et associé Benoît Dargère. Leur « Grand Café », qui se situe de l’autre côté de l’ex-Mini-Palais et s’ouvre au 1 place Clémenceau, bénéficie d’un décor grand style sur un mode néo-Art Déco, avec sa splendide terrasse sous les colonnades, son bar chic, ses trois cent places, signé de Joseph Dirand, à qui on doit la rénovation du Flandrin et qui officia notamment chez Loulou Paris, mais aussi Monsieur Bleu et Girafe, que Gilles Malafosse ouvrit jadis avec Laurent de Gourcuff. La cuisine, elle, prône le grand style de la cuisine de brasserie française avec des accents méditerranéens. L’oeuf mimosa aux anchois de Cantabrie jouxte le carpaccio de gambero roso avec straciatella, les artichauts violets à cru flirtent avec les supions au chorizo et des vieilleries exquises comme le « steak à cheval » ou l’escalope viennoise retrouvent une vie neuve. La patte malicieuse de Benoît Dargère, formé jadis chez Alain Passard à l’Arpège et passé au Laurent avenue Gabriel, avant de créer son propre restaurant, Le Clos Saint Basile à Mougins, est bien là. Ce maestro de l’ombre, classique dans l’âme, mais rompu à toutes les tendances, indique qu’il sait faire moderne sans délaisser aucunement la tradition.
Jason Gouzy déménage Pantagruel et double la mise avec Panurge
Les 10 ans de Big Mamma
Les bons tours du Caboulot
Reine Sammut retour en Corse au domaine Misíncu
Vosgienne gagnée à l’amour de la Provence grâce à son mari Guy, laurée d’une étoile dès 1995, Reine Sammut fut, on le sait, trois décennies durant la reine du Luberon et l’artiste gourmande de la Fenière à Lourmarin où elle a passé le flambeau à sa fille aînée Nadia. Du Luberon à la Corse, Reine, qui porte bien son prénom, entame un nouveau chapitre de son histoire en forme de come-back. Elle met ainsi le cap sur l’ile de Beauté où elle a succombé aux charmes du domaine Misíncu tout juste rénové et rouvert à Cagagno sur le Cap Corse. Dans cet écrin niché entre mer et maquis prônant le « slowspitality » avec, entre autres, sept villas privées dotées d’une piscine et un spa dernier cri, elle succède au scandinave Fredrik Andersson et imprégnera la carte des deux restaurants maison de son style sudiste et végétal. Mêlées au terroir corse et puisant dans le potager maison, les saveurs méditerranéennes dont elle a le secret prendront ainsi un sens nouveau à « la Table » tandis que convivialité et assiettes à partager seront de mise sous l’ombre des oliviers du « Jardin ». Suivez Reine en Corse !
La sensation Zia au Metropole Monte-Carlo
A quelques mètres au dessus des deux étoiles détenues par Christophe Cussac à l’enseigne des Ambassadeurs, un duo complice et fortiche fait depuis peu merveille sur le rooftop de l’Hôtel Métropole Monte-Carlo. Rocco Seminara, que l’on connut en dynamique chef d’orchestre du groupe Bagatelle, également passé au Byblos et à la Palme d’Or du Martinez et l’artiste sucrée, Manon Santini, aixoise formée auprès de Christophe Michalak au Plaza-Athénée, Bruno Oger à la Villa Archange mais ayant également œuvré au sein du groupe Bagatelle, signent main dans la main une cuisine italienne moderne et exigeante dans un décor imaginé par Karl Lagerfeld. D’abord lancé sous forme de pop-up dans l’hôtel, leur concept « Zia » a trouvé pour cette saison 2025 un écrin durable et joliment perché. Aux côtés d’un époustouflant petit-déjeuner italien mettant en scène viennoiseries et panetonne maison, ils livrent à l’heure du déjeuner comme du diner une farandole d’antipasti et de crudi di mare de haut vol, un club sandwich twisté au pesto rosso sans oublier des pizzas salés et sucrées à tomber (ces dernières ayant d’ailleurs valu à Manon le titre de championne du monde de la pizza dessert en 2019). Le tout s’arrose de cocktails soignés. Plus d’infos ici.
















