Paris 20e : la sensation Dandelion
Direction le 20e où notre ami gourmet, Emmanuel Arnaud, passe en revue la neuve adresse bistronomique qui ne cesse de faire parler d’elle. Suivons-le !
L’un des pièges à gourmets parisiens les plus redoutables du moment ? Il est situé sur une place bucolique et pleine de charme du 20e dont émane un parfum très villageois. On se croirait dans Jour de fête de Jacques Tati, quand on débarque pour la première fois chez Dandelion.
Aux manettes de ce bistrot aux accents gastro, un duo fortiche composé d’Antoine Villard, et de son associée sommelière, Morgane Souris. Lui, ex- Ferrandi, passé par Septime, le Georges V, a aussi multiplié les pop-ups, de la maison Ona notamment, elle, venant de la publicité, a fait ses armes, en cuisine, management, et sommellerie, chez Quinsou et Parcelles. A eux deux, en un peu plus d’un an, ils ont fait de leur restaurant un succès affichant complet un mois à l’avance même si Morgane prend soin de garder quelques places au chaud pour les réservations de dernière minute.
Une fois la porte franchie, le caractère déjà « international », de la maison ne nous échappe guère longtemps. Deux couples anglo-saxons, un autre Allemand, un Japonais – sans oublier ce voisin, qui a tout l’air d’être un chroniqueur gastronomique américain… Au total, c’est presque autant de clients étrangers que Français ! Si l’extérieur du restaurant est poétique, l’intérieur se révèle simple, élégant, presque épuré, car c’est aussi cela, Dandelion : un bistrot gastronomique, à l’accueil chaleureux et à l’ambiance intimiste.
Midi comme soir, point de menus, mais une carte resserrée, se renouvelant toutes les trois semaines environ, et ne contenant que des classiques éprouvés. L’influence du passage d’Antoine chez Septime est palpable et se complète du goût de ses différents voyages au Vietnam et en Inde (sauces ou épices disséminés par touches dans chacun des plats). En liminaire ce midi, on jette notre dévolu sur le bouillon d’oignons de Roscoff, anguille fumée et morteau – un bouillon corsé jusqu’à l’extrême et qui pourtant retombe pile, au bon moment, en état de grâce – « grâce » peut-être le terme qui sied à l’agrément procuré par l’association fromage et lardon, terriblement réconfortante surtout par temps froid.. Sur un mode végétal et marin, la sardine, épinard, et pric pao de tournesol s’impose également comme un choix gagnant.
Quant au plat, ce midi, c’est le filet de bœuf du Perche qui tient la vedette avec sauce cognac et purée de pomme de terre. Une vraie réussite qui n’épargne pas la purée qui l’accompagne, soyeuse comme de la broderie. Enfin, au chapitre dessert, une autre des spécialités maison, le chou à la tropézienne en version haute-couture ! Pour nous, qui avons dégusté des tropéziennes de Micka toute notre enfance à Sainte-Maxime, cela fleure bon la nostalgie… Et surtout, mon Dieu, que c’est bon ! Un grand oui pour Dandelion !
Dandelion
46 rue des Vignoles
Paris 20e
Tel : 01 42 50 01 55
Carte : 50-70€
Fermeture hebdo. : le soir, lundi et dimanche – le midi, du dimanche au jeudi
Métro(s) proche(s) : Avron – Alexandre Dumas – Maraîchers
Site internet : www.restaurantdandelion.com














