Les chuchotis du lundi : l’avènement de Youssek Marzouk, Christophe Ducros nouveau prince d’Occitanie, Olivier Pierpaoli retour à Uzès, connaissez-vous Hugo Mercier ? l’Aube baisse le rideau, le championnat d’Europe des produits tripiers, le retour de la Cheese & Wine Week en novembre
L’avènement de Youssek Marzouk
Il s’appelle Youssef Marzouk, a créé l’événement parisien de la rentrée, avec une jeune équipe. Cela s’appelle Aldehyde, en clin d’oeil au composant chimique de la coriandre. Et Youssef y pratique une cuisine française créative aux accents tunisiens, rendant ainsi hommage à ses racines, celles d’un p’tit gars du 9.3 (haut de 1m95 tout de même) qui n’oublie pas la cuisine familiale, celle de ses parents originaires de Sfaxc. A 31 ans, ce jeune ancien du Ritz au temps de Nicolas Sale, de Tomy & Co avec Tomy Gousset, du Tout Paris au Cheval Blanc, avec Arnaud Donckèle et William Béquin, sans oublier Jacques Faussat dans le 17e, se lance sans filet. Dans un cadre sobre et intimiste, avec sa mini-cuisine très apparente, ses 22 couverts, ses deux assistants aux fourneaux, son sommelier dynamique, il passe aisément des fourneaux au service, expliquant chaque met avec minutie, livrant une partition apparemment simple au déjeuner, plus ambitieuse au diner, dans les deux cas mêlant fraîcheur, raffinement et légèreté. En vedette, son couplet sur les carottes et la splendide épaule d’agneau confite, avec sa déclinaison de navets. On y revient vite !
Christophe Ducros nouveau prince d’Occitanie
Il est l’étoile montante de l’Occitanie nouvelle vague au coeur d’Uzès, face à la cathédrale. Christophe Ducros, qui officiait à la Maison d’Uzès, le Relais & Châteaux historique et charmeur, certes, mais un peu étriqué, en ville, a élargi son horizon avec cette table faite sur mesure pour lui en lieu et place d’une maison d’antiquaire transformée en salle à manger contemporaine par la décoratrice Nathalie Mégret façon jardin d’hiver. Natif de Valence, ancien du Port Marine à Sète, de la Tour Rose avec Philippe Chavant à Lyon, de l’Oasis à la Napoule au temps des frères Raimbault durant une décennie mais aussi des Jacob au Bourget du Lac et à Courchevel, avant le Vieux Castillon à Castlllon-du-Gard, Christophe Ducros, quinqua filiforme et dynamique, donne le meilleur de lui même dans cette neuve « Table d’Uzés » qui se double d’une terrasse au premier étage, prisée aux beaux jours. Ce qui vous attend là ? Un périple de saveurs justes, précises et fines à travers ce que l’on nommait, il y a peu encore, le Languedoc-Roussillon, si proche et toute voisin de la Provence. Ainsi les encornets de la pêche du Grau du Roi cuisinés en fin ragoût, si tendres, avec leurs tomates acidulées, leur huile de basilic et le suprême rôti sur coffre, picoté d’un jus au vinaigre de Barbaresco, flanqué d’une «tapenade » de foie et d’un caviar d’aubergine subtilement relevé à la réglisse. On sent bien que la seconde étoile est proche…
Olivier Pierpaoli de retour à Uzès
On l’a connu à l’Angevin, jadis, rue Montmartre, dans le deuxième arrondissement parisien. Il fut, auparavant le lieutenant zélé de Ghislaine Arabian, titulaire alors de deux étoiles chez Ledoyen, après avoir travaillé chez Pierre Gagnaire et Joël Robuchon. Olivier Pierpaoli, qui est cambodgien d’origine, italien par sa mère d’adoption, mais français d’éducation et de coeur, est, depuis deux décennies déjà, le bon chef méconnu du coeur historique d’Uzès. Après “Au fil de l’eau”, devenu un temps « le Bistrot du Duché« , en lisière de l’iconique place aux herbes, le voici, toujours dans la même commune gardoise, cornaqué par le malicieux Fred Chazal, chez “Midi à l’Ombre”. Le jardin ombragé sur l’arrière a du succès, le service féminin ne manque pas de répondant et, côté cuisine, on se rend compte que le gars Olivier n’a pas perdu la main avec un superbe foie gras en terrine au porto flanqué d’un chutney d’oignons et échalotes ou encore un épatant pavé de morue confite aux agrumes et romarin avec sa très gourmande fregula sarda au condiment aillé. Une bien jolie retrouvaille !
Connaissez-vous Hugo Mercier ?
Il est le jeune loup dont on se repasse le nom dans la région gardoise, la belle surprise de l’Uzège. Hugo Mercier, 26 ans, régional de l’étape et originaire du village voisin de Saint-Quentin la Poterie, a créé « le P’tit Mercier » route de Bagnols à Saint-Siffret. Il a débuté à La Table d’Uzès aux côtés de l’étoilé Christophe Ducros et a poursuivi au Castellet dans le Var avec les trois étoiles Christophe Bacquié et Fabien Ferré … Excusez du peu ! De fait, ses assiettes sont belles, vives, colorées, subtiles et savantes. Ainsi le foie gras, avec figue et focaccia provençale, le médaillon de baudroie avec son ragoût de blettes et son jus de tomates rôties, le filet mignon de cochon au miso, artichaut et gingembre, le filet de bœuf poêlé, avec son paleron « comme une gardianne », avec son mille-feuille de pomme de terre et carotte. Ses menus de 37€ , la formule, à 49 € le tour du sujet – donnent envie d’y voir de près.
L’Aube baisse le rideau
Clap de fin pour l’Aube, la table gastronomique de Thibault Nizard qui s’était installé depuis un an (seulement) en lieu et place de l’ex Zébulon de la rue de Richelieu à Paris 1er. Après avoir fait un passage remarqué chez Drouant, ce technicien hors pair, ayant fait ses armes au Chiberta avec Guy Savoy mais aussi aux côtés de Gérald Passédat à Marseille ou encore au Taillevent et à la Monnaie de Paris toujours avec le grand Guy, jouait ici une partition charmeuse teintée de classicisme sans oublier de faire la part belle au gibier. Secondé en salle par son épouse Elinor et le sommelier breton Loïc Seznec, cette symphonie séductrice semblait pourtant avoir trouvé son public et promise à un avenir étoilé. Mais les conséquences de la morosité olympique pour le secteur de la restauration, des divergences entre associés et surtout l’importance des travaux engagés pour la rénovation des lieux ont eu raison de cette courte aventure. Avec à peine 31 ans au compteur, Thibault digère actuellement ce coup dur et réfléchit à la suite. On souhaite en tout cas à ce chef prometteur de trouver un nouveau projet à la mesure de son talent.















