Paris 16e : Rosie Jolie, l’Azur à Paris
On les a découverts il a y a six ans déjà à la Brasserie Rosie sur le faubourg Saint-Antoine, première pépite de leurs « Brasseries à la Mode » . Ils ont doublé leur premier succès avec Rosie Lou, boulevard de Bonne Nouvelle, près du Grand Rex. Leur 3e maison, créée ex nihilo dans un immeuble de bureaux avenue Raymond Poincaré, à deux pas du Trocadéro, fait l’événement « popu chic » du 16e à Paris. Cela s’appelle « Rosie Jolie ». Et se double d’un rooftop en devenir avec vue sur toute la capitale, la Tour Eiffel comme la Défense en ligne de mire, nommé « Bigoudi ». Juliette Cerdan et Kevin Caradeuc, passés tous deux par l’école Big Mamma, indiquent bien qu’ils sont les dignes héritiers de leurs ex patrons Victor Lugger et Trigrane Seydoux, anciens élèves d’HEC comme eux.
Ils reprennent à leur manière à la fois ludique et rigoureuse une recette qui a fait ses preuves : celle d’une restauration populaire au meilleur sens du terme, conjuguant produits soigneusement sourcés, cuisine faite maison, service jeune et enthousiaste, prix fort sages, décor léché et atmosphère joyeusement décontractée.
Cette fois-ci, ils regardent droit vers le Sud. Leur nouvelle table joue, avec la complicité du chef Etienne Méot, la carte de la Provence gourmande, avec un clin d’œil appuyé à Nice et à l’esprit de La Merenda, l’adresse culte de Dominique Le Stanc rue Raoul Bosio. On retrouve ici cette cuisine solaire, sans chichis, généreuse et franche, qui fait parler les produits avec naturel.
À table, les sardines farcies aux blettes donnent le ton, savoureuses et parfumées. La poutargue finement émincée à l’huile d’olive crétoise joue sa partition iodée avec élégance. Les artichauts crus, finement émincés, servis en salade avec straciatella, vinaigrette au jus de citron et estragon, plus olives Taggiasche se révèlent croquants et gourmands, tandis que la belle niçoise au thon dite « salade sea, sex & sun« , séduit par sa fraîcheur — même si elle pourrait fort bien se dispenser de son quinoa, concession un brin contemporaine à une recette qui n’en demande pas tant.
L’aïoli de morue à la provençale se montre franc et généreux, les linguine au pistou franchement délicieuses, quoique servies un rien tièdes lors de notre passage. Rien qui vienne ternir le plaisir d’ensemble. Pour escorter le tout, le rosé maison signé du Domaine Les Valentines apporte cette touche méridionale qui met instantanément de bonne humeur et fait presque entendre le chant des cigales malgré le ciel parisien.
Les douceurs finales confirment la belle inspiration sudiste : tourte aux blettes bien dans l’esprit niçois, millefeuille vanille soigné, tarte aux fraises nette et gourmande, avec sa tarte sablé et sa crème vanille. De quoi faire de Rosie Jolie une vraie cantine azuréenne de quartier, idéale pour oublier Paris le temps d’un déjeuner ou d’un dîner.
D’autant que la maison ouvre tous les jours, que le cadre éclectique sur le mode de la trattoria sudiste, avec ses salles variées et joyeuses, a de l’esprit et les prix (avec plats à moins de 20 €) sont d’une exemplaire sagesse. A marquer d’une pierre blanche…
Rosie Jolie
10 avenue Victor-Hugo, Paris 16e
Tél. : 01 84 74 05 05
Fermeture hebdo. : aucune.
Prix : 45-55 €
Métro : Victor Hugo, Trocadéro
Site : brasseriesalamode.com/brasserie-rosie-jolie
















