Paris 2e : le Japon de Zakuro
Direction le quartier japonais de la capitale, où notre complice nippophile, Emmanuel Arnaud, a déniché une perle à ne pas manquer. On l’écoute !
Depuis plusieurs décennies, le quartier de l’Opéra accueille tellement de restaurants japonais qu’on a parfois peine à s’y retrouver. Mais lorsqu’on remarque, vers 11h30, une file d’attente de dix personnes devant un restaurant qui n’ouvre pourtant qu’à midi, cela met en confiance… Une situation totalement habituelle chez Zakuro, délicieuse enclave japonaise née en 2021 du rêve d’une mère. Atsuko Sakamoto, ex chanteuse et animatrice radio au Japon, s’est associée avec son fils, le chef Sato Go, qui après mille métiers s’est reconverti et, à force de travail, a parfait son art jusqu’à devenir l’un des seuls chefs japonais membre du collège culinaire de France.
L’ambition de ces deux-là ? Faire découvrir au grand public français des plats familiaux japonais, préparés en utilisant toutefois exclusivement des produits d’artisans français. Sympathique et attachant, le cadre est inspiré des izakayas, ces bars populaires et gourmets au Japon, dévoilant joli comptoir, tables basses en bois beige et une profusion d’alcools japonais – car l’une des spécialités de la demeure, ce sont les sakés, et shochu, dont le restaurant propose certainement l’un des plus larges choix à Paris (Ah ! quelle merveille que ce saké chaud Kurumazaka Kimoto griffé Yoshimura Hideo Shoten ….).
Atsuko, de son français légèrement imparfait, mais si charmant, vient pour prendre la commande. Que choisirons-nous ce midi ? Le « set » Katsuobushidon, avec supplément fromage : tartare de thon à la flamme et flocons de bonite, servi sur riz et soupe miso. C’est fin et gourmand tout à la fois, grâce à l’ajout du fromage bien sûr, pas forcément des plus conventionnels mais c’est là aussi tout l’esprit de Zakuro : des plats japonais dans le respect de la tradition mais vivant avec leur temps. L’alliance en bouche du thon, du fromage et du riz, forme une énorme boule qu’on avale goulûment et avec plaisir. On imagine tel personnage de manga en dévorer des dizaines de bols, et Atsuko les lui servir à la volée sans jamais se départir de son éternel sourire…
En complément, on se laisse tenter par un tataki de bœuf, sauce teriyaki, et par un « aji tamago »,un œuf mollet délicieux et dont la présentation graphique évoquerait presque un tableau de Zao Wou-ki. Mais on aurait pu aussi jeter notre dévolu avec un égal plaisir sur deux spécialités de la maison : le Age-kakuni, la poitrine de porc caramélisée aux 7 épices, au goût laqué fort addictif, ou le Agedashi de daurade royale, dont le moelleux de la chair, baignant dans son bouillon nimbé de riz blanc, se pare d’une saveur fort singulière.
Le service est prompt et efficace. A côté de nous, un couple de vieux Japonais discute sereinement alors que sonne l’heure du dessert. On hésite entre la panna cotta vanille au coulis d’azuki (les fameux haricots rouges) qui s’avère fine, nette, ciselée, point trop sucrée, ou un moelleux cheesecake fondant en bouche. On ressort heureux, moins pressé qu’en entrant, comme après un repas chez amis ou, tout simplement, en famille.
Zakuro
4, rue de Port-Mahon
Paris 2e
Tel : 09 81 13 27 72
Horaires : 12h-13h30, 19h-21h30
Carte : 20-40 €
Fermetures hebdo. : Lundi, dimanche
Métro(s) proche(s) : Quatre Septembre, Opéra
Site internet: www.instagram.com/zakuro.paris














