Kehribar Istanbul
« Paris 5e : le bon coût de Kehribar Istanbul »
Direction le Quartier Latin, où notre philosophe gourmet, Jean-Roch Frionnet, nous dévoile une escale greco/turque qui vaut le détour. On l’écoute.
À quelques pas du Panthéon, dans la discrète rue des Fossés Saint-Jacques – devant son nom aux fossés de la porte Saint-Jacques de l’ancienne enceinte de Philippe Auguste – se tient un chaleureux restaurant dont il est difficile de dire s’il est turc ou grec. Au déjeuner, les étudiants fines gueules s’y pressent pour prendre un kebab à emporter.
Malgré son extérieur qui ne paye pas de mine et sa clientèle estudiantine du midi, on aurait tort de ne pas s’y attarder. Décor soigné, quoiqu’un peu sombre, et service aimable vous attendent à l’intérieur. En sus des malignes formules entrée-plat, la carte nous laisse l’embarras du choix. À plusieurs, l’astuce consiste à prendre plusieurs entrées pour avoir le loisir de goûter à tout.
Ainsi, malgré des piments à la feta quelque peu plan-plan ici ou là , tout est bien relevé, et délicieusement maîtrisé. On taquine par exemple des calamars marinés à la grecque, un tzatziki réalisé dans les règles de l’art, un caviar d’aubergine bien aillé ou encore un chypriote (fromage grec de brebis et poivrons rouges) à tomber. L’on reconnaît d’ailleurs la bonne qualité de la maison à son pain pita tout chaud qui pourrait presque se suffire à lui-même.
Les plats n’ont pas à rougir non plus. Les viandes du kebab, comme celle du koftë de bœuf, sont bonnes, bien grillées, la salade sur le côté bien assaisonnée. Seul bémol : les frites ont un goût de trop peu se comptant sur les doigts d’une main dans l’assiette. A escorter impérativement d’une bonne Mythos (la bière grecque) bien fraîche. Côté sucré, on achève avec plaisir sur une glace vanille artisanale ou un très sérieux baklava. Une cantine très recommandable !













