Wepler
« Paris 18e : le Wepler, comme hier »
Jours tranquilles au Wepler comme Henry Miller. « Par une journée grise, quand il faisait froid partout sauf dans les grands cafés, je goûtais à l’avance le plaisir de passer une heure ou deux au Wepler avant d’aller dîner … », écrivait-il dans « Jours tranquilles à Clichy’. Cette brasserie mythique qui poursuit sa destinée de lieu populaire, mi gourmand mi-littéraire a belle mine sans chercher le strass ni les paillettes.
Une mosaïque Art Déco en terrasse, le poème « l’Etranger » de Baudelaire (« Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? (…) J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages« ) au mur, un service débonnaire, des mets classiques sans chichi et un superbe banc de fruits de mer : que demander de plus à la vie?
Harengs pommes à l’huile, oeuf mayo, plateau de l’écailler, avec huîtres en folie, tourteau, demi-homard froid et crevettes bouquets, foie de veau au vinaigre et aux raisins, solide jarret de cochon à la choucroute, sole meunière découpée à la table font plaisir sans manière. On boit là dessus le frais riesling « réserve » du domaine Klipfel à Barr, épatant avec les huîtres et les coquillages et le fruité chinon clos des Marronniers du domaine du Roncée qui fait une escorte de choix.
Et, en dessert, la gourmande coupe Wepler (avec glace caramel, sorbet poire, meringue et chantilly), les crêpes Suzette flambées en salle et le craquant millefeuille vanille au coulis de framboise font tranquillement l’affaire. Le Wepler? Du bonheur comme hier …












