Le Mouton Blanc
« Paris 16e : quoi de neuf ? Le Mouton Blanc ! »
Les frères Dumant, Stéphane et Jérôme ? On les connaît par coeur en rénovateurs de belles adresses anciennes revues à leur manière ludique et promouvant la « bonne cuisine parisienne » en des lieux de caractère volontiers années 1930 ou 1950, comme les Marches au pied du palais de Tokyo, rue de la Manutention, Aux Bons Crus, rue Saint-Maur dans le 11e, Aux Crus de Bourgogne et le Chardonnay, chers aux jumeaux Félix et Margaux, rue Bachaumont près des anciennes Halles, sans omettre leur pièce maîtresse, le Paris Seize rue des Belles Feuilles, le Royal Bar. créée par la jeune génération Achille et Stanislas, et leur maison de fondation, l’Auberge Bressane, où sont passés maints de leurs bons élèves comme les frères Dufour de Paul Chêne.
Bref, oeuvrant en famille, ils développent leur empire sans se hâter. On se souvient qu’ils s’étaient bâtis un nom et une réputation jadis à la Pizzeria d’Auteuil, revendue depuis. Les voilà de retour dans leur premier quartier fétiche par l’intermédiaire des jumeaux, Félix et Margot, fils et fille de Jérôme, qui reprennent, avec leur associé Tristan Lefebvre, ex patron du Vin de Bellechasse dans le 7e, la mythique Auberge du Mouton Blanc, de la rue d’Auteuil, cette maison de bouche que fréquentèrent la Fontaine et Molière, où Boileau, Ninon de Lenclos, la Champsmêlé et où tant d’autres vinrent festoyer gaiement.
Le lieu qui appartint en nom propre à la famille Joulie, a changé de style sous leur houlette, après d’importants travaux qui lui ont donné un air de café parisien de toujours avec son comptoir en bois et ses lambris. La cuisine est parisienne mais teintée de notes normandes, manière de rappeler que la voisine porte d’Auteuil marque le début de la route de Deauville pour les Parisiens. Avocat et crevettes sauce cocktail, oeuf mayo, harengs pommes à l’huile, palourdes sautées, moules marinière au vin blanc proposées avec leurs frites craquantes, fine et tendre escalope de veau normande – un plat « vintage », tout bête et tout bon – avec crème et champignons passent comme une lettre à la poste.
En dessert, si le riz au lait caramélisé à la normande façon teurgoule est aux abonnés absents, la mousse au chocolat est recommandable et le superbe « bread and butter pudding » avec crème fraîche et raisins secs vaut d’ores et déjà le voyage. Et coté vins, la Bourgogne joue les premiers rôles avec des trouvailles comme le chablis la Croix Saint Augustin vieilles vignes de chez Courtault-Michelet ou le rouge cotes d’Auxerre le Court Vit de chez Goisot. Mais le beaujolais, notamment avec le saint-amour, le fleurie et le morgon du copain Julien Revillon au domaine Dominique Piron a également son mot à dire.
Attention, cela démarre à peine. Il peut y avoir des lenteurs dans le service et des plats manquants. Mais l’ensemble de la musique est bonne … Pas d’étonnement si la maison fait déjà le plein après quelques jours d’ouverture!















