Illhaeusern : la célébration du Clos Saint-Hune à l’Auberge de l’Ill

Article du 16 novembre 2024

Marc Haeberlin et Jean Trimbach © GP

Quand une dynastie (protestante) alsacienne fête les cent ans de sa cuvée le plus prestigieuse, où se réunit-elle ? Chez une autre dynastie (protestante) alsacienne, bien sûr. Le même amour des bonnes choses, mais sans tapage, la même rigueur appliquée en toute chose, la même volonté d’aller vers le haut de gamme et la même discrétion légendaire : voilà, entre autres, ce que relie les Haeberlin aux Trimbach (qui en sont à la 12e et 13e génération). Et, bien sûr, pour célébrer dignement leur glorieux Clos Saint-Hune, c’est à l’Auberge de l’Ill que Jean et Pierre Trimbach et leurs enfants Pauline, Frédérique, Anne et Julien…

Tartare de langoustines au caviar osciètre © GP

Au programme de ce dîner historique, des plats de mémoire, des mets mythiques se mariant avec les vins du même acabit. Mais pour bien démontrer qu’ils ont l’esprit ouvert, les Trimbach, qui ne produisent pas de crémant, sur leurs 63 ha et n’en vendent pas en négoce, propose un superbe champagne Agrapart Mintral Grand Cru avec les amuse-bouche de l’Auberge :  tarte flambée mini, fine et craquant, carpe (légèrement) frite, comme dans le Sundgau, miueux que dans le Sundgau, avec sa mayonnaise légère et toast de foie gras maison.

La mousseline de grenouilles « Paul Haeberlin » © GP

Ensuite, ce fut la valse des cuvées des grands  Clos Sainte Hune (2012 en magnum d’une grande fraîcheur, fin, vif, iodé, pétrolé, mais sans outrance, 2002 et 2001 tous deux très évolués, tirant vers la noix et l’oxydation) avec le magnifique tartare de langoustine au caviar osciètre avec sa fine sauce bisque corsée avec les carcasses du crustacé (ah, le beau, mariage, tout en iode, avec le 2012).

Le filet de turbot aux cèpes des Vosges © GP

Il y a bien sûr ce plat ancien mais rajeuni en finesse et toujours d’actualité, cette magnifique mousseline de grenouilles « Paul Haeberlin » avec son appareil à quenelle renfermant des grenouilles, ce jus de vin blanc citronnée à la ciboulette qui fait un mariage d’amoour avec le vif mais riche riesling Clos Sainte Hune 2015 en magnum, sans négliger les vertueux cousins  et ancêtres 2005 et 1988 en magnum.

Le tournedos de pigeon au chou, foie gras et truffes © GP

On épilogue sur le splendide filet de turbot aux cèpes des Vosges flanqué de sa duxelles de champignons comme un croque avec le riche riesling Clos Sainte Hune 1990 en magnum dont les sucres résiduels ne sont pas absents et ce 1983 très iode, sans omettre le 1975 au nez de torréfaction et de café grillé. L’un des moments  du repas et reflet de l’esprit d’ouverture des Trimbach qui vendent, rappelons-le,  90% de leur production à l’étranger et sont des ambassadeurs de l’esprit français, avec le somptueux  tournedos de pigeon au chou, foie gras et truffes, qu’escortaient un volnay 1er Cru Clos des Ducs du Marquis d’Angerville 2009, un Clos de Vougeot Grand Cru Méo-Camuzet 2005 et un antique riesling Clos Sainte Hune 1967. Grandiose !

La pêche Haeberlin © GP

On achevait sur la pêche Haeberlin,pochée, avec son sabayon, sa glace pistache, s’harmonisant à merveille avec le riesling cuvée Frédéric Emile (réunissant les vignes du Geisberg et de l’Osterberg, deux grands crus de Ribeauvillé, en sélection de Grains Nobles 1989 en magnum), pour une finale sans excès de richesse avec son bel esprit de digestibilité. Avant la ponctuation finale du marc de Clos Sainte Hune signée conjointement de F.E. Trimbach et du distillateur artiste Michel Windholtz, façon « grappa » de haute tenue ! Vivent les Trimbach, le Clos Saint-Hune et les Haberlin !

Petit clin d’oeil en cuisine © GP

Auberge de l’Ill

rue de Collonges au Mont d’Or
68970 Illhaeusern
Tél. 03 89 71 89 00
Menus : 188 (« tradition »), 220 (végétal), 245 (« Haeberlin ») €
Carte : 200-300 €
Horaires : 12h-13h30, 19h-21h
Fermeture hebdo. : Lundi, mardi
Site: www.auberge-de-l-ill.com

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Publié le  16 novembre 2024 par

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