Paris 18e : quand les vins de Gaillac montent à Paris !

Article du 14 juin 2024

Lorsque la fine fleur des crus de Gaillac se déplace dans la capitale, cela se passe forcément à la Bonne Franquette. Notre complice Benjamin Berline, qui était au rendez-vous, raconte …

Ambiance © BB

Ambiance © BB

Le 11 juin dernier, les vignerons de Gaillac s’étaient donné rendez-vous sur les hauteurs de Montmartre pour faire pétiller l’atmosphère naturellement enjouée de la Bonne Franquette. L’occasion de (re)découvrir toutes les facettes de ce vignoble singulier qui, entre cépages autochtones (mauzac, loin de l’oeil, braucol ou prunelard)  paternité de la méthode dite ancestrale et le bel élan impulsé par une nouvelle génération de vignerons, possède plus d’une corde à son arc et mérite qu’on s’y attarde.

Romain Guérard © BB

Romain Gérard © BB

S’épanouissant au nord de Toulouse et au fil de la Vère et du Tarn, cette terre de vin, à la confluence des climats océaniques et méditerranéens et souvent considérée comme un trait d’union entre le raffinement des assemblages bordelais et le caractère solaire et sauvage des crus languedociens, fédère plus de 110 domaines et vignerons, pouvant se targuer d’un riche passé viticole. En effet, la culture de la vigne trouve ici ses racines à l’époque gauloise, quatre siècles avant notre ère, conférant à ce terroir à part le titre « de plus ancien vignoble de Gaule » (Narbonne n’ayant alors pas été fondée par les romains).

Cuvée Victorine de Borie-Vieille © BB

Cuvée Victorine de Borie-Vieille © BB

Bref assez d’histoire. Du fameux Perlé avec son reste de gaz carbonique aux surprenants « vins de voile » exhalant leurs arômes de noix sans oublier ces rouges souples et gouleyants aux notes épicées, la patte Gaillac est aujourd’hui bel et bien là. Pour en témoigner, c’est, l’ampélographe érudit et vedette du vignoble Robert Plageoles, qui a largement participé à la renaissance du Gaillacois en remettant à l’honneur une palette de cépages alors oubliés, qui ouvrit le bal à distance à l’occasion d’une table ronde animée avec Alix Gérard du Château de Terride. Puis, avec les bonnes grâces d’une ambassade vigneronne coordonnée avec malice par Romain Gérard, président de l’interprofession, vint le temps de la dégustation égrenant son lot de découvertes hautes en couleurs.

Laure Fabre & son loin de l'oeil © BB

Laure Fabre & son loin de l’oeil © BB

Ainsi, le Perlé fin et fruité de la cave de Labastide, le séducteur effervescent aux croquants arômes de pomme verte signé du Château de Terride sans oublier les bulles joliment ciselées distillées par la cuvée V7=5 du domaine Vaysette faisant tous des escortes de fort bon ton au registre de l’apéritif comme du dessert. Coup de chapeau au bien nommé « blanc de caractère » du Château de Terride mêlant loin de l’oeil et mauzac avec ses flaveurs de fruits jaunes et au blanc sec griffé Gayssou associant loin-de l’oeil, muscadelle et sauvignon. Du côté du domaine de Borie-Vieille, on raffola de la suave cuvée Victorine, ainsi baptisée en hommage à la créatrice de la propriété et grand-mère de l’actuelle propriétaire, associant avec brio syrah et braucol issu de vignes cinquantenaires sans omettre un brin de Duras pour le côté épicé. Mais le coup de coeur de la soirée revient sans doute aux charmeurs nectars élaborés par Laure & Pierre Fabre sous le sceau du domaine Gayrard, avec en têtes de file ce rustique et végétal braucol (autre nom du fer servadou) faisant mouche avec ses arômes de cassis et en blanc le superbe Loin de l’oeil 2022 révélant ses notes de fleurs d’acacias doublées d’une gourmande finale miellée.

A table © BB

A table © BB

Sous la houlette de Patrick Fracheboud, malicieux maitre des lieux, un menu 100% tarnais permettait de mettre en exergue la polyvalence de ces vins singuliers et contrastés. Des salaisons signées Hervé Tristant à la cote de cochon de Sébastien Uson, sans oublier les melsats (sorte de boudin blanc) snackés et les fraises au gaillac avec croquants de cordes (biscuits aux amandes) côté sucré, les contrepoints gagnants se succédèrent convoquant tout azimut mauzac rose & blanc du domaine Sarabelle, braucol « Ta main sur ton chemin » du Château de Terride ou, en 100% prunelard, les plus robustes « confidences » du domaine de Borie-Vieille. On ajoute enfin qu’en matière d’oenotourisme, le Gaillacois n’a pas sa langue dans sa poche et qu’outre le festival dédié aux pigeonniers, caractéristiques du vignoble et organisé par l’association de vigneronnes les Zelles Gaillacoises, des animations fleurissent tout l’été combinant concerts, apéros et bonne chère dans de nombreux domaines. Assurément un vignoble qui a plus d’un tour dans son sac.

Cote de cochon et vins de Gaillac © BB

Cote de cochon et vins de Gaillac © BB

 

Vins de Gaillac 

81600 Gaillac

Site internet : www.vins-gaillac.com

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Publié le  14 juin 2024 par

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