C d’Amanda Sthers
Kafkaïenne, orfèvre du malaise d’être, experte du théâtre d’ombres, Amanda Sthers se penche sur le trouble existentiel né de l’après 7 octobre. Un couple « mixte », Gilles et Rebecca, est bouleversé par l’apparition d’un mystérieux champignon (le « C » du titre) dont les formes vont accentuer leur mal être. Architecte, Gilles va s’éprendre de la belle Capucine qui la mène aux réunions du Rassemblement National. Editeur, en permanent dialogue avec ses auteurs, Rebecca cherche, elle, le réconfort chez un séduisant rabbin ou d’autres amis que le malheur rassemble. Identité, engagement politique, bataille des sexes : tout se mêle avec habileté sous la plume sardonique d’Amanda Sthers dont on avait aimé « les Terres Saintes » et « Chicken Street » (où elle révélait un vrai sens de l’humour juif tragi-comique, woody allenien, drôle et désespéré). Elle indique ici qu’elle n’a pas peur de mettre ses personnages ni elle-même en danger. Voilà un livre qui se lit d’une traite, laissant, in fine, un goût amer.
C, d’Amanda Sthers (Grasset, 224 pages, 20 €)







