Paris 17e : A l’Improviste selon Notelet
Question à 50 €, le prix ici d’un repas, (bon) vin inclus : que se passe-t-il quand un vieux bistrot de caractère se trouve repris par deux passionnés, un esthète pour la salle, un briscard des fourneaux côté gastro en cuisine ? La réponse : du bon, du sûr, du magistral, avec un décor de rêve qui nous donne l’illusion d’être un film de Jacques Becker (« Touchez pas au Grisbi ») ou de Georges Lautner (« les Tontons Flingueurs »), voire de Claude Autant-Lara (« la Traversée de Paris ») plus une bectance du tonnerre et le jaja à l’unisson.
Voilà donc un superbe bistrot d’angle, où se croisaient Bartholdi et Eiffel, entre deux esquisses et deux rêves de fer et de cuivre, à deux pas des ateliers Gaget et Gauthier, et juste en face de l’école de cuisine Médéric où les professeurs avaient leurs ronds de serviette. Les casiers sont toujours là, près du beau bar en bois et non loin de cuisine. Le lieu a été repris par Nicolas Fouques Duparc, normand, dont la famille descend de Guillaume le Conquérant, et qui travailla jadis chez Hugo Boss et Calvin Klein avant d’oeuvrer dans le développement chez Lenôtre.
Il est associé avec Jean-Marc Notelet, ancien de chez Gérard Boyer à Reims et de Marc Meneau à Vézelay que l’on connut il y a trois décennies chez Caius rue Troyon puis rue d’Armaillé, où il reprit la Rôtisserie de Jacques Cagna. Celui-ci réalise une véritable cuisine d’auteur sur un répertoire « tradi », mitonnée avec justesse et des ingrédients de qualité et le tout tarifé à prix très raisonnables. Céleri rémoulade aux raisins chasselas de Moissac et saucisson chaud pistaché lyonnais ou bisque de tourteau tradition font des hors d’oeuvre comme les aime, justes de ton, de caractère et sans chichi.
On y ajoute les jolis plats de résistance du moment, la fondante joue de bœuf avec sa sauce corsée au vin rouge des Corbières et salsifis, le superbe chou farci à la saucisse de Morteau et macreuse, mais aussi le paleron de veau braisé avec boutons de culotte, sauce poulette et riz basmati, la raie de Roscoff servie en terrine avec épinards, oseille et câpres, le tout d’une précision de goût sans faille.
On achève sur un splendide clafoutis aux pommes et amandes à partager ou une mousse chocolat à la fleur de sel qui tous deux enchantent. Et on goûte, au verre, l’exquis macon-cruzille les Geniévrières 2023, si joliment noiseté, de Guillot-Broux et la solide syrah gardoise 2022 du château Campuget qui ajoutent au pur bonheur d’être ici. Vive l’improviste, Paris et les bistrots! Surtout quand c’est un briscard gastro d’antan sui s’y met …













