Paris 16e : retour aux Coltineurs
Retour à Paris aux Coltineurs, le bistrot de Gabin Jarry (également aux commandes du voisin San Francisco), on s’amarre à deux pas de la Seine pour une escale gourmande qui sent bon le Paris populaire et maritime d’antan. Le lieu rend hommage aux dockers — ces « coltineurs » qui portaient jadis les lourdes cargaisons débarquées des bateaux à quai — et l’esprit est là : bois à mi-hauteur, photos-souvenirs évoquant Saint Nazaire et les ports d’autrefois, ambiance portuaire, chaleur vivante d’un bistrot d’aujourd’hui sans folklore appuyé.
Dans l’assiette, une cuisine de bistrot qui a du cœur et du relief. Les calamars frits arrivent dorés et croustillants (dans une portion, il est vrai, un peu chiche), la salade de lentilles, œuf poché et lardons joue la partition du juste équilibre, tandis que le carpaccio de Saint-Jacques apporte une note iodée et délicate.
Le vol-au-vent de volaille aux champignons rassure par sa générosité, la tête de veau croustillante sauce gribiche affirme un vrai caractère, le turbot au jus de viande est bien balancé et le cœur de ris de veau aux morilles (même si ces dernières sont aux abonnés absents) signe l’acmé d’un repas, profond et soyeux.
Les desserts prolongent le plaisir sans fausse note : exquis cheese cake au citron vif, plaisant, aérien, profiteroles au chocolat gourmandes (mais avec sa sauce chocolat un peu « collée »), crème brûlée bien exécutée et pavlova aux fruits aérienne, mais bien crémeuse.
Côté liquides, un bourgueil « Côte 50 » 2024 de Yannick Amirault accompagne le tout avec justesse et un joli fruité, avant une vieille prune Nusbaumer de Steige, nette et chaleureuse, pour conclure.
Service enjoué, ambiance sincère, addition cohérente au regard du quartier et de la qualité : une adresse qui a du coffre et une vraie personnalité, comme on les aime.
Les Coltineurs
Fermeture hebdo. : Lundi, dimanche
Métro(s) proche(s) : Mirabeau, Eglise d’Auteuil














