Paris 8e : Janette et la mer
C’était le Bistrot de Marius, une annexe bon enfant de de Marius et Janette. La déco avait un peu vieilli. Nicolas Richard a confié le soin au cabinet Richard Lafond AD, à qui on doit notamment Sénéquier, le Café Central, Huguette ou l’Escargot de revoir le lieu façon cabane du Bassin d’Arcachon. A-t-il eu la main lourde ? On pense davantage ici à une taverne de montagne. Il y a du bois, des banquettes, des tissus, de la couleurs. Bref, cette Janette ne manque pas de gaité, même si le soir les lumières tamisées sont dignes d’une boîte de nuit.
Côté cuisine, en tout cas, on fait sérieux avec de bons produits traités sans chichi par le chef Teddy Merienne, formé sous la houlette de Jean Chauvel aux Magnolias du Perreux et Bruno Brangea au Copenhague aux Champs-Elysées, qui fut étoilé du 35° Ouest rue de Verneuil, puis chez Christian Constant au Violon d’Ingres rue Saint-Dominique, avant la Ferme Saint-Simon.
Le registre maison ? Evidemment marin, avec de bonnes huîtres d’un peu partout (Cap Ferret avec Joël Dupuch, Vendée élevée en Irlande comme Ostra Regal ou pure bretonnes du Finistère avec les fines et plates Prat Ar Coum d’Alain Madec à Carantec, sans omettre Marennes Oléron avec les Gillardeau). Mais la cuisine, entre belles rillettes de saumon servies en amuse-gueule, maquereau en belles escabèche et pimentées, araignée farcie, coeur de romaine et coquillages est pleine de bonne volonté.
Le service, lui, se rôde encore, peine à expliquer ce qu’il sert, a le conseil un peu court, mais vous demande tout à trac et toutes les 5 mn : « tout va bien« , « ça a été ». Côté vins, on se fait plaisir avec le muscadet de Sèvres et Maine « Confluent » des Lieubeau. Et, en dessert, on se rallie sans mal à l’éclair XL (et non pas XXL) au chocolat comme à la glace aux pruneaux (qui évoque une compote glacée) garantie maison. Bref, une renaissance encore timide…












