La Taverna à l'Hôtel Amour Nice
« Nice : la Grèce gourmande selon Xavier Burelle »
L’hôtel Amour Nice ? Le cousin niçois de ceux de Paris 9e et 10e, avec son air de maison de famille, ses livres anciens et objets collectionnés ici et là. Plus ses 38 chambres, sa piscine sur le toit et, pour ce qui nous occupe ici, une « Taverna » franco-grecque avec sa carte malicieuse signée Xavier Burelle. On connaît depuis belle lurette ce briscard expérimenté qui fut notamment le chef de la Flibuste à Villeneuve-de-Loubet, où il avait brièvement remplacé Eugénie Béziat partie au Ritz, s’était retrouvé un temps au Bacon à Antibes.
Cet Auvergnat voyageur, qu’on a connu au Mas Candille à Mougins où il détint une étoile, et qui a travaillé avec Gérald Passédat au Petit Nice, Reine Sammut à la Fenière à Lourmarin, Jean-François Piège au Plaza Athénée, Arnaud Poëtte à l’Eden Roc du Cap d’Antibes et Michel Del Burgo au Chantecler du Negresco; avant de passer chef du Colombus à Monaco, puis du Mas des Herbes Blanches à Joucas en Luberon, joue ici une partition hellénique fort sérieuse. Il y a là, en plus, des clins d’oeil à l’univers bistrotier français à la parisienne, des idées dans le vent, des plats de partage, sans omettre une pita maison de qualité.
La Grèce gourmande vue par Xavier Burelle, proposé dans le joli patio végétalisé près du grand bar? Œuf mayo et anguille plus céleri rémoulade, carpaccio de Saint-Jacques avec leur vinaigrette à l’orange ou saucisse au fenouil et lentilles jouxtent tarama blanc et pita, saumon et betteraves, avec saumon gravlax, sauce tahini et yaourt de brebis, beignets de champignons et tzatziki, barbajuans monégasques et poulpe à la braise et purée de fèves (la « fava »), moussaka de joue de bœuf et aubergines, poulet mariné aux épices ou encore kefta de bœuf et cumin.
On boit là-dessus le fringant rosé de xinomavro d’Apostolos Thymiopoulos en Macédoine pour faire grec avec délicatesse ou celui du domaine de la Mongestine cuvée les Monges, en coteaux d’Aix, pour rester en Provence, tout en faisant un sort aux jolies douceurs: galaktoboureko (crème caramel et vanille plus croustillant de phyllo), loukoumades (beignets) au miel et pistaches grillées, mousse au chocolat et poire pochée hibiscus ou encore gâteau à l’orange traditionnel (« portokalopita »), yaourt et confiture de clémentines. Yammas et Kaliorexi !













