Casimir
« Paris 10e : la nouvelle donne de Casimir »
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Direction la Gare du Nord où toujours en quête de bons bistrots, notre ami Benjamin Berline a été séduit par ce Casimir à la peau neuve. On l’écoute.
Nouvelle ère chez Casimir ! Tandis que son taulier historique se consacre pleinement à l’art de la boulange, l’ancien rade phare de Thierry Breton s’est refait une santé, passant dans le giron de la Vertigo Family et, plus précisément, de l’alerte duo Pierre Mouquet/Eduardo Gonzalez, architectes gourmands de Bonvivant et de ses satellites côté 5e. Se dédoublant aux abords de la Gare du Nord, le binôme a pris les rênes de ce bistrot star du 10e profitant du glas de la gérance assurée par Yannick Aubrée qui avait marqué les lieux d’une palette à mi-chemin entre l’Italie et les classiques de bistrot.
Cette transition (scellée, cela ne s’invente pas, le jour de la Saint-Casimir) s’est accompagnée d’un « relooking » de choc. Aux oubliettes les fresques folklo’ laissant place à des murs immaculés et vert bouteille et aux scintillements d’une boule à facette rythmant l’ambiance festive des fins de soirées. Un sérieux coup de jeune pour ce troquet bien né conservant néanmoins ses mosaïques au sol et son comptoir dodu. Autre nouveauté ? Sous l’éternelle façade toute de lierre vêtue, la terrasse joue quant à elle les points de chutes parfaits prenant ses aises dans une rue de Belzunce désormais piétonnisée.
Produits de premier choix, viandes reines et classiques joliment revisités, en cuisine, cela file droit. Mitonné par l’habile Eduardo, le répertoire chanté ici-même se fait tour à tour canaille (portant le cochon aux nues), carnassier (avec de solides couplets à partager tels ce boeuf wellington ou cette côte de boeuf maturée 30 jours) et tradi avec juste ce qu’il faut de créativité. La patte franco-italienne héritée de l’ère Aubrée continue néanmoins de s’exprimer ici ou là à l’instar de ces exquis artichauts à la juive ou de ce vitello tonnato revisité avec ses fines lamelles de rôti de porc et sa pluie de câpres en liminaire.
Reprenant les bons tours et la formule ayant fait ses preuves chez Bonvivant, tout le reste est à l’avenant. Les mises en bouche de rigueur (rillettes maison avec canard des landes, genièvre et poivre rose ou renversante cecina de Leon) passent le flambeau à des entrées bien ficelées comme ce parfait tartare coiffé de sa brioche et d’os à moelle ou ces moules du Mont Saint-Michel jouant le terre/mer sur fond de gingembre et de ventrèche de porc Ibaïama. Puis les choses sérieuses se précisent. Magistral ris de veau petits pois couronné de lard, filet de boeuf nageant dans sa sauce au poivre avec la bénédiction de ses frites craquantes ou encore ce maousse navarin en croûte avec carottes, navets, légumes du moment (parfait pour les végétariens) signent un sans faute.
Au registre vineux, ce Casimir ressuscité en a sous la pédale, dévoilant quelques 250 références sans oublier de s’improviser caviste non-stop moyennant un rabais de 40%. Des jolies trouvailles ligériennes et jurassiennes aux sirupeux nectars signés Sérol, difficile de ne pas trouver son bonheur dans une bible longue comme le bras. Ultime bonne nouvelle ? Ce Casimir nouveau a gardé le bec sucré comme en témoigne ce choix délicat entre la tarte au chocolat ou ce suave fontainebleau aux gariguettes ultra-fraiches. Mais le diable de Paris Brest généreusement barbouillé d’un extra coulis de chocolat trône toujours en vedette. « In fine, » on nous glisse également lors de notre départ que quelque chose de nouveau se tramerait du côté de la voisine Pointe du Grouin. Sacré Casimir !














