Casimir
« Le Bistrot du mois – Paris 10e : la révolution Casimir »
Voilà un lieu de charme qui a une histoire et même une légende, bouge dans le bon sens, s’impose aisément avec sa grande terrasse villageoise à l’ombre de l’église Saint-Vincent-de-Paul et non loin de la gare de du Nord. Thierry Breton y posséda un empire dans la mince rue de Belzunce, entre chez Michel, la pointe du Grouin et ici même. Yannick Aubrée, qui possède Marius, à quelques pas, rue de Chabrol, y fut un temps le maître des lieux, avec un duo italien en cuisine. C’est désormais Pierre Mouquet, l’aubergiste artiste de Bonvivant dans le 5e, qui s’y colle, recevant avec des grâces seigneuriales et le concours de son chef associé, le talentueux argentin Eduardo Gonzalez, passé notamment chez son compatriote Mauro Colagreco au Grand Coeur.
Le lieu a du caractère, avec son comptoir conjuguant zinc et marbre, ses affiches encadrées dédiées au vin, son sol en mosaïques. Les murs ont été éclaircis, la terrasse a évidemment du succès et donne le sentiment de déjeuner ou de dîner quelque part hors de la ville, même si la rue Lafayette et le boulevard Magenta, deux artères très roulantes, sont à deux pas. Mais on oublie vite ici les embarras de Paris. Le calme règne et même la convivialité d’une table l’autre. Là, une dame en partance pour Dusseldorf et qui part fêter ses 80 ans (on n’invente rien!) vient trinquer avec nous. Là encore, le sosie de Jean-Pierre Coffe qui habite au dessus et prend, chaque jour ou presque, le hors d’oeuvre de la formule du jour, vient gaiement squatter notre table.
C’est dire qu’à tout moment il se passe quelque chose ici et que le bistrot façon Mouquet est un théâtre. On ajoute que tout ce qui se propose sous la signature de l’excellent Eduardo, mérite l’attention. Ainsi l’exquis vitello tonnato, chef d’oeuvre du genre, le pâté en croûte d’une vraie finesse, avec une farce mariant cochon et volaille, les asperges sauce gribiche et petits pois, les splendides et si fraiches sardines marinées à l’huile d’olive la chipolata sauce vierge, les oeufs mayo à la poutargue ou encore la courgette en lamelles avec ricotta et pesto qui trône ce midi sur l’ardoise du jour.
Tout changera demain, mais le pavé de veau basque avec sa sauce crémée au poivre est un monument du genre carnassier, d’une belle tendreté et assaisonné juste ce qu’il faut, flanqué d’épaisse frites maison et de pommes sautées simplement à fondre. On ajoute le traditionnel bœuf Wellington en croûte à partager avec sa duxelles de champignons, complété de fromage et de jambon, témoignant d’une belle maîtrise à la fois classique et technique.
Là-dessus, au sein de la grande carte des vins, le gars Pierre tire pléthore de pépites. On raffole ainsi du crozes-Hermitage « Georges vignes authentiques » de David Reynaud au domaine des Bruyères à Beaumont-Monteux (Drôme) qui réalise l’opéra rouge de la syrah, et si l’on tique un peu sur l’amertume en fin de bouche du cheverny « Pure » (sauvignon et un peu chardonnay) des Gendrier au domaine des Huards, on en apprécie le nez vibrant.
Pour conclure, place au vrai Paris-Brest avec sa crème pralinée légère et/ou la tarte au chocolat avec sa crème crue, tout en sacrifiant, sur le comptoir, à un doigt de liqueur « Le Moine de Montmartre » qui est une sorte de chartreuse des hauts de Paris. Vive Casimir nouvelle formule qui fait honneur aux plaisirs de la capitale et au genre bistrot en général !

















Casimir est une valeur sûre du quartier, j’ai grand plaisir à y passer!
vous oublie la journaliste de la restauration SANDRINE STAUB
LE MATERIEL STAUB RESTE LE TOP
avis d un ancien etoile michelin et et PUDLOWSKI LE MANOIR DE BELLE RIVE PERIGORD