Quatre jours sans ma mère de Ramsès Kefi
Il a eu son master, aurait pu avoir son doctorat, mais a laissé ses ambitions de côté, pour revenir vivre dans cette cité qu’il n’a jamais vraiment quittée. Salmane Gammoudi, 36 ans, vit chez ses parents entre lesquels s’est creusé un fossé invisible. Il travaille dans un fast food, traîne avec ses potes. Lorsque sa mère décide de partir, de fuir son foyer et son couple, laissant un mot sibyllin en guise d’au revoir ou d’adieu, Salmane décide d’aller à sa recherche. Il mène l’enquête, explore sa cité, part vers ses racines tunisiennes pas si lointaines, laissant son père – ex maçon dépressif – désemparé, s’efforçant de retrouver, coûte que coûte, cette mère taiseuse et tant aimée. Ramsès Kefi, qui a a déjà livré non seulement un reportage littéraire sur les rixes adolescentes en banlieue (A la base c’était lui le gentil) mais aussi un récit polyphonique sur l’art du conte dans les cités (le Retour du roi Jibril), publie son premier roman en forme d’hommage aux siens. Cette famille morcelée façon puzzle, cette mère d’apparence forte, ce père désarmé, cette cité dite « la Caverne »‘ qui se colore au delà de sa grisaille : voilà cet univers dont ce journaliste, qui collabora à Rue89 et à Libé, paraît si proche et qu’il fait vivre avec force. On se laisse prendre au jeu du récit joliment cravaché et de l’enquête menée comme un itinéraire de vie. Voilà un attachant premier roman.
, de Ramsès Kéfi (Philippe Rey, 203 pages, 20 €).








