L’oreille absolue d’Agnès Desarthe

Article du 20 août 2025

Cela commence par une réunion de mairie où est débattu le devenir du cimetière, où il n’y a plus de place pour enterrer qui que ce soit. Mais, voilà un livre où personne ne meurt, si chacun vacille. Il y a ceux qui vont changer de vie, ceux qui ont échappé à la mort (une corde nouée autour du cou dans une grange, une balle tirée en forêt, une maladie apparemment inéluctable, un accident de la route prévisible, un chat qui coince sa patte dans un piège à renard). Il y a un gamin qui disparaît à la suite d’un pari stupide, un jeune prodige qui ne sait pas lire les notes, un orchestre qui se met en place, à la veille de Noël, au long d’un « hiver lumineux et sec où rien ne semblait devoir mourir« . Bref, tout un village avec des liens invisibles et tendres, raconté par une petite fille devenue grande et presque célèbre, mais qui se croit ignorée de tous. Dans ce roman choral, que l’on peut lire et relire à l’infini tant il est riche de destins croisés, Agnès Desarthe conte la vie d’un village où les des destins des uns et des autres s’entremêlent avec subtilité. La musique ne résout rien, mais elle est un langage commun. On apprend ici ce qu’est un euphonium et l’on enseigne surtout à mieux respirer au fil des lignes. Voilà un grand petit roman qui cache sa richesse sous le sceau de la discrétion.

L’oreille absolue d’Agnès Desarthe (éditions de l’Olivier, 138 pages, 19,50 €)

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Publié le  20 août 2025 par

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