Paris 16e : Maison Roland, le bistrot de palace façon auberge

Article du 2 août 2026

Timothy Lam et Simon Havage © GP

L’un des plus exquis jardins secrets et gourmands de l’été parisien :  la Maison Roland, au Shangri-La, dans l’ancien hôtel particulier de Roland Bonaparte revu en palace de haut vol, où Simon Havage continue de rebattre les cartes de l’offre gastronomique maison. Ce Lorrain de Nancy – comme Frédéric Anton, eh eh ! -, a trouvé la bonne manière de réveiller la belle endormie de l’avenue d’Iéna : transformer le jardin secret du palace – qui fut un temps le Summer – en un auberge à la fois champêtre et princière, avec vue sur la Dame de Fer, nappes blanches, porcelaine, argenterie et grands classiques bourgeois au garde-à-vous.

Une table © GP

On pense évidemment à la Ferme du Pré, l’auberge du Pré Catelan où Frédéric Anton, déjà cité, décline lui aussi, dans un cadre bucolique, une cuisine plus simple, généreuse et décomplexée. Même idée de faire vivre un lieu d’exception autrement, de donner envie aux Parisiens de franchir la porte d’un palace sans forcément venir y chercher la haute gastronomie. À la différence que Maison Roland joue ici la carte de la demeure familiale chic, avec le supplément de faste et d’histoire propre à l’ancien hôtel particulier de Roland Bonaparte.

Les entrées © GP

Le gaspacho de tomates arrive avec ses condiments — câpres, stracciatella, tomate séchée et croûtons — puis vient l’œuf mimosa aux œufs de saumon, suivi d’une terrine de campagne au porc, au veau et au foie gras. Du classique, certes, mais du classique qui ne s’excuse pas d’être classique. Le homard Thermidor joue les grands seigneurs et la sole à la grenobloise rappelle opportunément qu’un peu de beurre, de citron et de croûtons peuvent encore faire le bonheur des gens raisonnables.

Homard Thermidor © GP

Les douceurs du pâtissier expert Timothy Lam, ancien du Bristol, époque Pascal Hainigue, prolongent la fête avec notamment une exceptionnelle île flottante au caramel avec sa crème anglaise très vanillée, une très fraîche coupe de fraises avec son yaourt glacé ou encore une « simple », quoique pas tant que ça, crème renversée au caramel. C’est régressif, précis, généreux, et l’on se dit que les desserts de palace ont parfois tout intérêt à retrouver le chemin de l’enfance.

Sole grenobloise © GP

On boit là-dessus un Château Minuty, cuvée Rose et Or, qui fait un vin d’été sans complication, en regrettant toutefois que le choix de rosé sans un brin restrictif. Mais l’on se réjouit de voir le Shangri-La retrouver, avec cette Maison Roland, un peu de son esprit de maison particulière. Une maison de famille, oui, mais une maison de famille où l’argenterie est impeccable, où le jardin donne sur la tour Eiffel et où l’on vous sert du homard Thermidor. Il y a pire façon de réinventer le bistrot et la demeure de tradition !

Ile flottante © GP

Maison Roland – Shangri-La Paris

10, avenue d’Iéna

Paris 16e

Tél. 01 53 67 19 98

Horaires : 12h-22h

Fermeture hebdo. : aucune.

Carte : 65-95 €.

Métro (proche): Iéna

Site : shangri-la.com

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Publié le  2 août 2026 par

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