Mittelhausen : la permanence de la belle Etoile
On vous a déjà parlé plusieurs fois de cette demeure modèle de l’Alsace de toujours dans un village discret du Kochersberg, dont la famille Bruckmann avait fait une sorte de temple iconique du bon rapport qualité/prix. Serge Buchi, qui fut longtemps le second de Jacques Bruckmann, l’a reprise avec son associé et ami, ex-prof d’histoire-géo gagné à l’amour des bons plats, Sébastien Voisot. Ils n ‘ont rien touché au cadre cosy – on dit « heimlich » en Alsace – , avec ses banquettes et recoins, son « stammtich » près du comptoir, ses tables bien nappées, plus, dans sa petite salle attenante à la grande – le fameux tableau de Luc Hueber représentant un Alsacien pensif et nostalgique : tout cela demeure.
Le registre culinaire maison reste, lui aussi, identique à ce qu’il fut. Les menus constituent des cadeaux véritables et les tarifs des plats (autour de 20 €), comme des vins, demeurent d’une exemplaire sagesse. Ce qui est proposé ces temps-ci ? Du bon, du classique et du frais. Avec le presskopf vinaigrette et ses crudités, le pressé de légumes et de fromage frais, le dos de merlu et sa tombée de choux (proposé au menu à 16 €), le pot à feu à l’alsacienne façon tafelspitz autrichien (la pointe de culotte de boeuf fondante) avec raifort et pommes sautées.
On propose là, sous l’oeil du sage Bruno au service, qui pratique également l’art du guéridon avec précision, des vins locaux de qualité comme le frais muscat de chez Frédéric Mochel à Traenheim et le riant pinot noir « rouge du Kochersberg » de chez Bohn, le voisin de Gimbrett, avant les desserts d’enfance, comme la tarte aux mirabelles avec sa glace vanille et l’exquise « forêt noire » glacée – soit revue avec habileté et gourmandise en parfait glacé. Bref, on fait là, sans aucunement se ruiner, un repas digne de l’Ami Fritz façon Erckmann-Chatrian et de l’Alsace de toujours, avec gentillesse et générosité.
Ps : question au Michelin, qui l’oublie dans son édition 2025 : comme une telle maison, rigoureuse et affable, juste et gourmande, pratiquant son métier avec autant de sérieux et défendant les valeurs de son terroir avec conviction peut-elle échapper à la sagacité des inspecteurs, au bib gourmand, comme à la simple présence dans les recommandations ? C’est peut-être le signe, un de plus, que le guide rouge époque Poullennec ne comprend pas grand chose à la région …
À l’Étoile
67170 Mittelhausen
Tél. 03 88 51 28 44
Chambres : 92-110 €
Menus : 13,50 (déj.,form. sem.), 16 (déj.), 20 (déj.), 35 €
Carte : 45-65 €
Fermeture hebdo. : Lundi, dimanche soir
Site: www.hotel-etoile.eu











