Strasbourg : la Casserole version Kevin Stroh
On l’avait découvert à l’Auberge des Templiers des Bézards où il avait pris la place du belge Martin Simonart. Voilà Kevin Stroh de retour en Alsace. Ce natif de Saverne, élevé à Waldowisheim, qui a fait son apprentissage au Kasbür de Monswiller, puis chez Klauss à Dossenheim-sur-Zinsel, poursuivant au glorieux Burehiesel à Strasbourg, puis au double étoilé le Cygne de Gundershoffen, avait oeuvré à la Villa Lalique à Wingen-sur-Moder avec Jean-Georges Klein et Jérôme Schilling. Il avait suivi ce dernier au restaurant Lalique du Château Lafaurie-Peyraguey, avant de revenir à Wingen, seconder Paul Stradner à la Villa Lalique.
Ce parcours multi-étoilé (dont huit ans sous la bannière Lalique) devrait bénéficier à la nouvelle maison du gars Kevin, désormais chef de la Casserole à Strasbourg. Depuis dix ans, sous la direction de Cédric Kuster, ex maître d’hôtel du Crocodile, cette demeure fort soignée qui eut l’étoile du temps d’Eric Girardin, court après une nouvelle distinction fort méritée. On connut ici Marc Weibel, ancien du Crillon, du Plaza et de l’Ami Fritz, puis Jean Roc, lui aussi ancien du « Croco ». C’est désormais Kevin Stroh qui instille sa marque au lieu, travaillant brillamment des produits de grand luxe et de grand goût, mariant avec habileté les produits et saveurs d’Alsace avec ceux d’ailleurs.
Raviole de chou rave et crevette carabineros, tartare végétal, duo de fraise et tomate et émulsion de scarmoza en fringants amuse-bouche, déclinaison de carottes et cardamome à l’orange revues en noir avec charbon végétal ou encore brillant foie gras de canard aux cerises, pistache et citron font des mets beaux, bons et singuliers. On y ajoute le carpaccio de langoustine crue à la framboise et kéfir, le maigre de ligne aux petits pois, sucrine, livèche ou encore le homard bleu breton à la pêche, amande, verveine qui vous mène vers le grand Ouest et achève de vous convaincre de faire ici étape.
Le morceau de bravoure qui permet au service de donner toute sa mesure au guéridon : le Pithiviers d’agneau et artichaut, avec citron noir, divine chair à saucisse et artichaut frit, à la juive comme on dirait à Rome en accompagnement. Superbe. Là-dessus, le sommelier Bertrand Dupont, isérois ancien du Palais à Biarritz et, comme Cédric Kuster, du « Croco » strasbourgeois, vous trouve le flacon adéquat. Ainsi le vif riesling du Clos Saint Landelin, domaine René Muré à Rouffach en 2021 et le charpenté marsannay les grandes vignes de chez Bart 2022 que l’on prend soin de vous carafer et qui s’harmonise fort bien avec la bisque corsée du homard.
On achève en douceur sur les exercices très mode de la fraise d’Alsace revue avec crème et île flottante, mariée au géranium (!) et à la vanille, avec son élixir au jus de fraise, le chocolat avec abricot, miel et thym citron et enfin cette jolie tarte de partage comme une pêche Melba revisitée qui fait merveille avec l’eau de vie d’abricot de chez Hagmeyer à Balbronn. Voilà un festival qui devrait vite valoir à la maison son étoile…
La Casserole
67000 Strasbourg
Tél. 03 88 36 49 68
Menus : 52 (déj). 109, 129 €
Carte : 110-150 €
Horaires : 12h-13h30, 19h-21h
Fermeture hebdo. : Lundi, dimanche
Site: www.la-casserole.fr














Superbe on viendra pour voir et déguster