Girardin/La Casserole
« Strasbourg: connaissez-vous Girardin? »
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Cela s’appelait La Casserole. C’est devenu Girardin. Certes, les Girardin, Eric et Maryline, ont eu soin de garder l’ancienne enseigne, en plus, pour que le gourmet habitué du lieu ne se perde pas. Table étoilée discrète du centre, avec son gai décor artiste, sa mise de table soignée, ses belles idées changeantes au fil du marché, ses vins du moment, proposés au verre et au flacon, cette maison, sous son nom neuf, charme sans mal.
Sa manière agile et fine, douce et fraîche, plaît aisément à tous. On vient, on goûte et, forcément, on aime. La formule du midi permet de faire le tour de la question sans casser sa tirelire, le soir, c’est le grand tour, au prix fort. Mais le jeu en vaut la chandelle. Et c’est bien un grand voyage que l’on vous propose ici.
« Partez en gastronomie« : c’est la neuve devise de la maison. Les petites amuse gueule servis sur planche jouent les saveurs douces d’un sablé au parmesan ou piquantes d’une crème au wasabi, la « panna cotta » de chou fleur fait également une jolie mise en bouche, craquante et crémée et la découpe de crevettes sauvages du Mozambique plongées dans un bouillon thaï à la citronnelle et aux radis sont d’une fraîche et franche limpidité. Les papilles se libèrent et se réveillent. Si ce style libre comme l’air plaît, c’est que le goût est flatté sans chichi, ni fioriture inutile. Eric Girardin est un pur autodidacte venu de la salle, qui travailla jadis au Cheval Blanc au Lembach et comme sommelier de Jean-Pierre Jacob au Bateau Ivre de Courchevel et du Bourget du Lac.
Ce natif de Sainte Marie aux Mines, dont les parents tenaient une ferme-auberge, a le sens du goût vrai et des saveurs justes. Témoin son bar de ligne poêlé sur la peau, flanqué d’exquises pommes de terre fondantes, d’une sauce citronnée et relevée de piment d’Espelette. Ou encore ce formidable plat paysan pour seigneur gourmand que constitue son carré de porcelet servi avec une tarte fine d’oignons grelots juste relevé d’un jus de cuisson. Superbe!
Là dessus, Marylin, sa riante et blonde épouse, propose des crus de coeur qui ont du coffre, de la mâche et du nez: frais et friand pinot blanc de Boxler à Niedermorschwihr, élégant et enveloppant blanc de Palette, un tantinet vanillé et boisé, du château Henri Bonnaud en Provence côté Aix, rare, riche et fruité maranges 1er cru la Fussière en côtes de nuit de Jean-François Bachelet. Des vins de plaisir pour une cuisine qui parlent au sens comme au coeur. On ajoute les desserts légers comme ce mille-feuille à la pâte arachnéenne avec sa crème onctueuse à la vanille de Madagascar et des petits fours dans le ton. Voilà une maison de bouche qui vous réconcilie avec la fête des sens.














