Paris 1er : Langosteria, l’Italie en fête et au sommet
Il faut prendre de la hauteur pour saisir tout le charme de la Langosteria, perchée au 7e étage de Cheval Blanc Paris. Vue spectaculaire sur la Seine, élégance feutrée, lumière dorée du jour comme du soir sur les toits de Paris à fleur de Seine : le décor donne déjà le ton d’un repas de célébration. Mais l’essentiel est dans l’assiette, portée avec talent par Alessandro Stella, natif des Abruzzes, formé au Blue Bird dans le groupe Conran, passé notamment au Magnolia, le deux étoiles de Cesenatico en Emilie-Romagne, mais aussi chez Ilario Vinciguerra dans la province de Varese, avant de pratiquer les codes et rites de la Langosteria de Milan durant trois ans.
Le bel Alessandro signe ici une cuisine italienne, maritime et raffinée, précise et intensément gourmande.Le service, souriant, rythmé, plein d’allant, est mené à la baguette ert avec le sourire par le napolitain Fabio Buonocore, aperçu jadis chez Marsan par Hélène Darroze rue d’Assas et qui a oeuvré au Metropole à Venise, mais aussi à Londres, au Connaught avec la grande Hélène, au Dorchester d’Alain Ducasse et au Ritz, sans omettre, en lisière, au fameux Gidleigh Park, le deux étoiles de Chagford. Une équipe qui sait recevoir avec chaleur sans jamais perdre le fil du grand luxe discret.
Le repas démarre fort avec un gaspacho de tomate datterino qui joue la fraîcheur pure, puis un superbe carpaccio de thon rouge escorté d’aubergine, de tomates confites et de basilic, alliance méditerranéenne franche et solaire. Suit un frito misto d’école – gamberi rossi, langoustines et calamars – croustillant et léger, avec sa fine panure, relevé par une malicieuse mayonnaise au wasabi. Tandis que les gamberi rossi de Sicile aux fèves rappellent combien la maison maîtrise les produits marins d’exception.
Les pâtes confirment le niveau : les « mezze maniche » alla Norma avec rascasse, aubergines et ricotta salée, puis les splendides spaghetti all’assassina aux calamaretti, nerveux, al dente bien sûr et pimentés juste ce qu’il faut, dans ce style des Pouilles devenu culte. Les desserts restent dans le ton festif : meringue soufflée Rossini à la fraise, puis stracciatella glacée aux pistaches torréfiées et caramélisées, et aussi cerises amarena, d’une gourmandise sans retenue.
Côté verres, le Negroni Speziato — gin, Campari, vermouth rouge, basilic, thym et poivre noir — ouvre brillamment le bal. L’Etna Rosato DOC Sul Vulcano Donnafugata 2023 apporte sa fraîcheur volcanique sur les produits de la mer, avant le très élégant Crognolo 2022 de Tenuta Sette Ponti, rouge toscan ample et racé, qui servis au verre, permettent de se perdre sur une carte de vins immense où les grands crus de toutes les région poussent à la ruine.
Voilà une table de grand spectacle, chic sans raideur, qui donne à Paris un vrai parfum de Riviera italienne.
Langosteria
Cheval Blanc Paris (7e étage), 8 quai du Louvre, Paris 1er
Tél : 01 79 35 50 22
Fermeture hebdo. : lundi midi, mardi midi.
Métro : Pont-Neuf, Louvre-Rivoli
Carte : 150-250 €
Site : Langosteria Paris














