Christophe Pelé quitte le Clarence

Christophe Pelé © GP
La rumeur bruissait et ne cessait de se préciser au fil de l’été. C’est officiel,
Christophe Pelé a quitté les fourneaux du Clarence, la
demeure de grand charme signée Clarence Dillon avenue Franklin Roosevelt. Virtuose imprévisible, petit génie de la cuisine moderne, passé au Royal Monceau, chez Lasserre et Pierre Gagnaire, ayant jadis brillé à son compte au Bigarrade dans le 17e, l’artiste Pelé semblait pourtant avoir trouvé un écrin à sa mesure dans l’hôtel particulier du prince Robert de Luxembourg où il peaufinait son art depuis bientôt dix ans. Il est vrai que sa partition couronnée de deux étoiles depuis 2017 frappait depuis en vain à la porte de l’olympe suprême. Le sort et les dissensions en ont de toute façon décidé autrement. Réagissant sans tarder, la demeure a rapidement donné les clés des fourneaux à l’italien Andrea Capasso, ex du Pavillon Ledoyen et présent ici depuis six ans comme second qui relève la délicate mission d’assurer l’intérim. Le magicien Pelé demeure quant à lui discret sur son futur rebond…
Jean Imbert, tête haute dans la tourmente

Jean Imbert © GP
Le dossier a continué de s’épaissir pendant l’été, contribuant au malaise et à une omerta pesante. Avec discernement et le souhait de ne «
pas en faire pâtir ses collaborateurs »,
Jean Imbert a pris la décision se mettre en retrait de ses affaires et des établissements avec lesquels il collabore face aux accusations de violences conjugales qui se sont multipliées à son encontre ces derniers mois. La plainte portée par l’actrice Lila Salet, son ex compagne durant douze ans est venue s’ajouter à celle de l’ancienne Miss France Alexandra Rosenfeld et de deux autres anciennes partenaires. Mais Jean Imbert continue de le marteler, il attend la justice comme un « soulagement » et une délivrance. On ne refera pas le parcours de ce chef surdoué et éminemment médiatique, breton de Sable-d’Or-Les-Pins, gagnant de Top Chef 2012, enfant gâté et ami des stars, ayant fait mouche chez Mamie dans le 16e puis relevé avec culot le pari de succéder au maestro Ducasse au Plaza-Athénée. Qu’on le révère ou non, voilà assurément une figure de la gastronomie contemporaine qui compte et que marques ou grandes maisons du monde entier ne cessaient de s’arracher. Outre celles du Plaza, il signait dernièrement les cartes du Café Dior, de la Palme d’Or au Martinez, de l’Orient Express, de la Case de Cheval Blanc à Saint-Barth et du Brando à Tahiti veillant de près ou de loin, au fil de ses différentes aventures, sur une équipe de 1000 personnes. Plaintes fondées ou opération de mise à mort ? Persistant à démentir les faits, invoquant une vérité travestie et des relations fusionnelles faites d’insultes et tendresse, l’intéressé n’en démord pas : il attend que la justice fasse son travail, loin des réseaux sociaux, pour repartir avec un blason redoré. Un exploit de plus à une époque où le verdict se fait immédiat.
Alexandre Delage, le chef des chefs

Alexandre Delage © DR
Il est le visage discret, l’inconnu flamboyant et l’artisan de tous les instants de quelques 45 restaurants. Chef exécutif du groupe Annie Famose depuis sept ans, Alexandre Delage veille sur une kyrielle de belles tables et de concepts gourmands entre soleil et montagne. La Cabane et la Réserve à Avoriaz, la Ferme Saint-Amour avec le maestro Eric Frechon à Courchevel, Megève, Gstaad et Crans-Montana, la Petite Plage ou le Café place des Lices à Saint-Tropez, comme l’Opéra sur le port avec son disciple Mathieu Grouas,sans omettre le tout neuf Kinugawa avec Ilyès Hassani ? C’est lui. Pensant les mets et les contours de chaque carte, motivant chefs et talents, jouant les coachs gourmands et les chefs d’orchestre de la Riviera en Savoie en passant par le Pays Basque et le micro paradis Saint-Barth, le dynamique Alexandre, natif de Limoges, ancien de la Grande Cascade, neuf ans durant aux côtés de Frédéric Robert, connait la musique. La petite et la grande. La preuve de son sérieux ? Le succès permanent de ces tables festives comme l’Opéra de St-Trop’ avec un défilé de mets méditerranéens frais et soignés mais aussi le Kinugawa de Ramatuelle jouant le Japon raffiné et ludique. Un concept gagnant que le groupe déploie d’ailleurs également à Paris sur le chic rooftop de l’hôtel Saxe côté 7e. Annie Famose, skieuse doublement médaillée olympique et qui a bâti un empire du goût et de l’hospitalité avec ses deux enfants, Sarah et David Brémond sans omettre leur associé, Bertrand Letartre vigneron remarquable au Domaine de Rouillère à Gassin, tiennent là leur homme de confiance.
Le Nolinski débarque à Saint-Tropez

Le futur Nolinski Saint-Tropez © DR
A Gassin, dans le golfe de Saint-Tropez c’était le Mas de Chastelas, propriété familiale nichée dans son parc de trois hectares avec sa bâtisse seigneuriale du XVIIIe, détenue par la famille Pujos et jouant le luxe tranquille depuis trois décennies. A l’été 2026, cela deviendra le Nolinski, troisième du nom. Après Paris depuis 2016 sur l’avenue de l’Opéra mais aussi Venise depuis 2021 dans un palais qui abrita jadis l’ancienne bourse du commerce, le groupe Evok mené par le dynamique Emmanuel Sauvage (associé ici avec la foncière Zaka Investments) a acquis murs et fonds pour préparer la naissance de ce troisième opus côté Provence. Un maillon de plus dans la galaxie Evok Collections (s’appuyant également sur le succès du Brach à Paris et Madrid, de la Cour des Vosges près de la place éponyme sans oublier le deux étoiles Palais Royal). Fidèle à l’ADN de la marque mêlant luxe contemporain et art de vivre à la française, ce nouveau 5 étoiles dévoilera 55 chambres et suites sans oublier un volet gastronomique soigné avec plusieurs restaurants, un bar, un espace bien-être, trois piscines et des terrains de padel et tennis. Affaire à suivre !
Marvin Lance troque Megève pour la Bretagne

Marvin Lance au Saint-Nicolas © GP
Changement de casting et nouvelle donne à venir au Saint-Nicolas, la sensation gourmande d’Au Coin du Feu à Megève. Au rez-de-chaussée de cet chalet millésimé 1939 conjuguant luxe authentique et âme montagnarde, Marvin Lance s’imposait comme le petit « coming man » de la cuisine de haut niveau dans la station et brillait depuis plusieurs saisons avec une partition enlevée , oscillant entre la Bretagne de ses racines et sa Savoie d’adoption et à laquelle on promettait aisément une étoile. Mais ce natif de Rosny-sous-Bois aux origines bretonnes, côté Côtes d’Armor, formé chez Jean-Pierre Crouzil à Plancoet, avant Thibault Sombardier à Paris, qui demeura cinq ans aux côtés de Julien Gatillon au 1920 du domaine Rothschild au mont d’Arbois avant de laisser éclore son talent ici-même. IL en a décidé autrement. Avec la fin du mois d’août et de la saison, il quittera Megève pour rentrer au bercail, s’installant pour de bon sur les rivages costarmoricains où il envisage d’ouvrir prochainement table à son nom avec l’appui de son épouse et de sa soeur. Son remplaçant Au Coin du Feu sera quant à lui dévoilé dans les mois qui viennent.
Christophe Schmitt à l’école hôtelière de Lausanne

Christophe Schmitt © DR
Nouveau départ pour
Christophe Schmitt. Ce natif de Strasbourg, qui s’illustra jadis aux fourneaux du Crocodile sous la houlette d’Emile Jung et que l’on vit plus récemment enraciné avec succès côté Provence,
au Faventia du Terre Blanche, quitte cette cage dorée. Bête à concours qui rafla en 2011 le Trophée Taittinger comme de celui de nos confrères du Chef, il décrocha sa première étoile au Diane du Fouquet’s parisien, avant de réitérer l’exploit dans les Pyrénées Orientales à l’Almandin de l’île de la Lagune à St-Cyprien. Il avait rallié, en 2021, le Var et Tourettes pour succéder au MOF Philippe Jourdin, y demeura trois ans, faisant mouche avec une cuisine provençale et créative lui valant à nouveau l’onction d’une étoile avant de céder sa place à Quentin André, ex de Pierre Gagnaire à Paris, à Courchevel et au Sketch de Londres. Entre temps, le gars Schmitt s’était octroyé un petit détour en Asie. Le voilà qui met le cap sur la Suisse afin de conjuguer expertise culinaire et goût de l’enseignement. Il prendra en effet sous peu les rênes du Berceau des Sens, le restaurant d’application de l’école hôtelière de Lausanne où il accompagnera l’éclosion des futurs talents. Bon vent à lui !
Adieu à Kathia Schillinger

Kathia et Jean-Yves Schllinger © GP
Il est le feu, elle était l’eau. Il est le mouvement sans cesse tourbillonnant. Elle incarnait la douceur et la pérennité. Kathia était l’âme de la maison, la compagne de si longue date de Jean-Yves, celle qui le calmait et l’apaisait (« Ma réussite, c’est à elle que je la dois. Elle m’a toujours fait confiance. C’est peut-être difficile à croire, mais nous ne nous sommes jamais engueulés en trente trois ans… »). On savait qu’une méchante maladie la minait mais on pensait qu’elle allait la vaincre. Kathia, née Bechler il y a 54 ans à Colmar, abandonna les ciseaux de coiffeuse pour embrasser la carrière d’hôtesse de directrice de salle, suivra le talentueux Jean-Yves Schillinger, l’un des plus brillants chefs d’Alsace, dans toutes ses aventures. Elle l’accompagnera à New-York, sera à ses côtés en salle à Colmar, quai de la Poissonnerie puis dans ses nouvelles aventures dans le parc du Champ de Mars, retrouvant avec lui les deux étoiles qu’il conquit jadis avec son père Jean rue Stanislas. Dans les articles évoquant nos expériences chez « JY’S « , on évoquait toujours sa douceur, sa présence, sa finesse, son élégance et son sourire. Tu nous manqueras, Kathia, comme tu manques déjà à Jean-Yves et à ta fille Camille.

Kathia au service en novembre dernier © GP
Fabien Lefebvre redémarre avec Cocagne au Château Autignac

Fabien Lefebvre © GP
On en sait (enfin) plus sur la future destinée de
Fabien Lefebvre, ce MOF 2004 que l’on suit depuis belle lurette. Pour rappel, ce natif de Béziers avait signé un retour triomphant au bercail en rentrant dans l’orbite du groupe bitterois LJ Hôtels ((In Situ, le XIX, l’Impérator, l’Hôtel Particulier) pour donner d’abord naissance à Pica-Pica avec sa cuisine de partage et ses tapas bistronomiques boulevard Jean-Jaurès. Puis, à l’enseigne de
Calice, table chic créée de toutes pièces au rez-de-chaussée d’une demeure année 1920, il avait décroché l’étoile plus vite que son ombre alors que le guide rouge était en plein de bouclage. Mais après une fin de collaboration abrupte, le flou régnait quant aux nouveaux horizons de cet ancien du Bristol avec Eric Fréchon et Michel Del Burgo, du Clos de la Violette d’Aix-en Provence avec Jean-Marc Banzo mais aussi du Juana à Juan-les-Pins aux côtés de Christian Morisse. Toujours dans l’Hérault, sa prochaine aventure prendra place au Château Autignac, domaine de charme se distinguant par sa bâtisse néo-classique joliment restaurée et produisant également des cuvées du côté de Faugères. Avec son épouse Rachel, l’alerte Fabien y ouvrira dès novembre Cocagne, une table limitée à douze couverts et faisant la part belle à une cuisine méditerranéenne décomplexée et exigeante. A suivre de près.
Le championnat de France de l’oreiller de la Belle Aurore

Après les olympiades de la choucroute, du pâte de tête ou du chou farci, on demande celles de l’oreiller de la Belle Aurore ! Menée par Joël Mauvigney, la Confédération Nationale des Charcutiers Traiteurs (CNCT) confirme son dynamisme avec l’organisation d’une nouvelle compétition rendant hommage à ce grand classique charcutier et giboyeux. Pour la petite histoire, cette opulente pièce d’orfèvre mêlant gibiers à plume et à poil, volailles, porc et enveloppée d’une pâte feuilletée a été baptisée en l’honneur de Claudine Aurore Récamier, dite « la Belle Aurore » et mère d’un certain… Brillat-Savarin. Le RDV est pris le 5 novembre prochain pour un championnat ouvert aux chefs, professionnels et artisans charcutiers qui rivaliseront de savoir-faire afin de proposer leur interprétation personnelle de ce mets éminemment bourgeois, sollicitant maitrise technique, sens du goût comme de l’esthétisme. Pour vous inscrire,
cela se passe ici.
Je me doutais que vous étiez de la vieille école qui minimise la violence de certains chefs. Juste pour vous dire que dorénavant je boycotte les établissements dont vous faites la promotion. Je ne tolère pas qu’on protège un individu (ici Jean Imbert) qui frappe les femmes. Je me ferai un devoir de faire passer cette info dans mon entourage.
Dans le cas Jean Imbert pourquoi s’exprimer ainsi dans un article et, par conséquent, prendre parti ?
Les présumées victimes ne méritent-elles pas également la même clémence de votre part ?
personnellement c’est davantage l’alternative « opération de mise à mort » qui me semble problématique! ici des accusations ancrées dans le réel, même s’il est inventé, là une image radicalement excessive…
mais soyons avant tout reconnaissants au rédacteur d’exprimer en pleine conscience et accès libre une opinion qui n’engage que lui!
Je ne comprends pas : « Jean Imbert, tête haute dans la tourmente »… Avez-vous imaginé que cette manchette puisse mal vieillir ?
Nul ne songe à remettre en cause la présomption d’innocence (et il en aura bien besoin puisqu’il ne s’agit non pas d’une plaignante mais de plusieurs – quatre ! – dans des circonstances différentes, et qui ne se connaissaient pas entre elles).
Qu’il démente les faits, c’était entendu, qu’il attende que la justice fasse son travail, évidemment, mais quel est l’exploit de s’en remettre à elle ? Rien que du très normal (il n’a du reste pas le choix) : il n’y a aucun « exploit » là-dedans et le présenter tel quel revient à prendre partie, avant tout procès, dans plusieurs affaires dans lesquelles vous ne connaissez rien d’autres que ses talents culinaires…
Vous pensez aux victimes, vos propos sont scandaleux, mais quel entre-soi intolérable !!!
Comment peut-on avoir ce genre de propos au sujet de Jean Imbert en 2025. Et la parole des victimes? Operation de mise à mort alors qu’il y a au moins 3 de ses ex-compagnes qui se plaignent de violences?
Avait-il la tête haute quand il a cassé le nez de l’une d’être elles. Probablement la dernière fois que je viens consulter votre blog si c’est pour lire des horreurs comme ça.
Jean Imbert, nos impôts financent gendarmerie et justice habilitées à intervenir si sollicitées. Ici seule la médiation à intérêt pour les intervenants ; le tout pour une chronique de la vie ordinaire.
Jean Imbert la tête haute !!!????
En quoi est-ce le cas ?
Autant j’apprécie les chuchotis, autant je ne peux pas adhérer à cette vision masculiniste et patriarcale qui fait l’impasse sur la multiplication des accusations. Dans le pire des cas , on s’abstient de commenter et de prendre parti. Donc il n’y arien de glorieux à etre accusé de violences conjugales (4fois) et de se mettre en retrait
La rentrée est bien là et avec elle la traditionnelle flagornerie à l’égard de Jean Imbert
C’est un régal tous les lundis matins