Les Fous de l'Île
« Paris 4e : les malices (aveyronnnaises) des Fous de l’Île »
Direction le coeur de Paris et l’Ile Saint-Louis où Pascal Arnoux, notre historien gourmet, s’encanaille joyeusement. Suivons-le.
Paisible Ile aux Vaches où le roi Saint Louis venait s’isoler pour prier, l’Ile Saint-Louis ne prendra ce nom qu’en 1725. Reliant les deux rives de la Seine, la rue des deux ponts est aujourd’hui le passage obligé des flâneurs et touristes à la découverte de ce quartier plein de charme, lieu de naissance des légendaires glaces Berthillon. Mais ce petit coin de Paris fantasmé a aussi sa brasserie de bon ton. Relancé après plusieurs mois de travaux, les Fous de l’Ile, autrefois dans le giron des Becs Parisiens, tire son épingle du jeu et fait le plein du petit-déjeuner au diner.
La faute à ? Joseph Valat, jeune aveyronnais natif d’Espalion et dont les parents tiennent l’atelier de couteaux Laguiole en Aubrac, fier de ses racines, qui met à l’honneur les produits de son terroir comme la saucisse-purée, l’aligot et les fromages de caractère. Il est épaulé aux fourneaux par Joelson Vieira Da Cruz, ex-chef privé de célébrités, comme DJ Snake, qui a voyagé au Proche Orient et tint sa propre table à Poitiers qui signe un programme alléchant. L’accueil chaleureux se double d’un décor faisant le coup du charme entre vaste comptoir en zinc, salles en enfilade dont la seconde avec sa belle verrière au plafond. Bref, on s’y sent comme à la maison pour festoyer autour d’une cuisine généreuse et sans esbroufe.
Au menu ? Le pressé de foie gras au magret fumé et ses fruits rouges, les cuisses de grenouilles persillés, les œufs mimosa à l’aïoli et safran (on les aimerait un brin plus moutardés!), le carpaccio de gambas ou les douze escargots au beurre persillé de la maison emballent d’emblée. Puis on fait un sort à la saucisse de montagne aux herbes et son aligot, au demi-homard grillé ou encore au joli suprême de volaille aux morilles.
Figurent également programme un burger maison, une côte de cochon de compétition, un splendide faux-filet sur l’os de bœuf d’Aubrac de la table de Solange (à Cassagnes-Bégonhès dans l’Aveyron) ou encore ce morceau de bravoure que constitue le bœuf Wellington, cuit à l’étouffée dans une pâte feuilletée, fondant à souhait. Glissons également que la carte des vins est l’un des maillons forts du lieu qui s’est doté d’un superbe espace en sous-sol qu’il est possible de privatiser et pensé pour une conservation optimale des flacons.
Au sein d’un choix bien étoffé, tarifé il est vrai sans tendresse, on se laisse séduire par les blancs et rouges du domaine Laurens en Marcillac Clairvaux-d’Aveyron (comme le frais sauvignon n°12/75 et le riche ferservadou cuvée de Flars), mais encore par le bourguignon pinot noir signé Nuiton-Beaunoy au nez de fruits rouges et noirs.
Au chapitre sucré, la craquante mousse au chocolat avec spéculos, la crème brûlée et le pain perdu avec glace caramel Berthillon, comme l’exquis café liégeois avec sa glace « expresso » remportent tous les suffrages. Voilà une halte revigorante qui a, de plus, la bonne idée d’être ouverte tous les jours. Qu’on se le dise !


















grenouilles de Turquie, les Dombes c’est fini
Grenouilles île Saint-Louis, délicieuses d’ailleurs…
Cuisses de grenouilles ou poulet Tchernobyl?