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Les chuchotis du lundi : les cinglants débuts d’Emilie Couturier chez Héritages, départs en cascade chez Michelin, Marco Sergiampietri la botte secrète d’Alan Geeam chez Nicolas Flamel, Jean Gary-Bobo nouvelle étoile de Montpellier, Casa Pregonda ou des Baléares très parisiennes, la course des cafés 2025, les lumières de Versailles, Casa Amor phénomène tropézien, Benjamin Moury au Four Seasons Casablanca 

Article du 7 juillet 2025

Les cinglants débuts d’Emilie Couturier chez Héritages

Emilie Couturier © GP

Peut-on être une cheffe de haute volée après avoir été une pâtissière fortiche ? Réponse : oui, apportée par Émilie Couturier qui reprend les fourneaux de l’ex Maison Ruggieri, rue Treilhard, dans le 8e arrondissement, face au marché du même nom, ex de l’Europe, dans une demeure où l’on connut au moins Dominique Bouchet et Giambatista Saliu, d’Il Sardo, avant Martino Ruggieri qui eut ici deux étoiles. Emilie Couturier, qui reprend ici le flambeau sous la houlette des Viallet, qui possèdent la Maison Dubois voisine rue de Vienne et la toute nouvelle cave du sommelier Xavier Thuizat, était jusqu’ici la pâtissière de Giuliano Sperandio, au Taillevent. Cette jeune sarthoise, née au Mans il y a 31 ans, surdouée de son métier, est une rare polyvalente entre sucré et salé. Stagiaire chez les Quinton à Bagnoles de l’Orne, au Relais Bernard Loiseau à Saulieu, chez Emmanuel Renaut à Megève au Flocons de Sel,  passée au Château Saint-Martin à Vence, aux Crayères à Reims avec Philippe Mille, au Clarence avec Christophe Pelé où elle est cheffe de partie et où elle rencontre Giuliano Sperandio, puis Apicius où elle fait ses débuts en pâtisserie aux côté du MOF Jérôme Chaucesse, avant son retour comme pâtissière au Clarence, elle œuvrera pour la partie sucrée rue Lamennais. Dans la discrète rue Treilhard, pour une vingtaine de couverts – cinq tables plus quelques places au comptoir face à la cuisine, elle délivre une partition vive et soignée. Son premier grand plat du moment ? Un veau façon blanquette, avec tendre filet, ris de veau en chapelure, légère sauce crémée aux champignons et épinards frais. Simplement grandiose !

Départs en cascade chez Michelin 

Bibendum © DR

Rien ne va plus chez Bibendum ! Alors qu’on vous parlait la semaine passée de ce débarquement surprenant en Arabie Saoudite, une vague de départs ébranle le Guide Rouge, laissant son comité de direction comme ses bureaux parisiens désertés à l’orée de l’été. Des remerciements, démissions ou fuites en série qui ont débuté côté marketing avec l’ex directrice Marie Dagrenat Helou et une partie de son équipe, suivie de près par la directrice de la communication et des relations publiques Elisabeth Boucher-Anselin lui emboitant le pas vers de nouveaux horizons (« la décision a été difficile à prendre », nous dit-elle). Résultat d’une perte de sens et d’une stratégie trop orientée vers de lucratifs partenariats internationaux ? Désaffection de Clermont-Ferrand notamment après le très discutable partenariat noué avec Top Che f ? …. Pour le moment, le pourquoi du comment de ce grand remue-ménage demeure opaque. Tout comme l’orientation et la nouvelle direction ayant à charge de reprendre les rênes du navire sinistré à la rentrée. Une crise qui irait selon les rumeurs jusqu’à Gwendal Poullennec également pressenti sur le départ après vingt-deux ans de maison. Hypothèse non sans-évoquer le mystérieux et brusque changement de cap, jamais expliqué (« ce fut assez violent« , nous glisse-t-on), après sept mois seulement de présence, de son prédécesseur Alexandre Taisne…

Marco Sergiampietri, la botte secrète d’Alan Geeam chez Nicolas Flamel

Marco Sergiampietri © GP

C’était – c’est  toujours – la plus vieille auberge de Paris, millésimée 1407, où résida l’alchimiste Nicolas Flamel, Et c’est là que l’on fit la connaissance d’Alan Geaam à ses débuts, qui, depuis, a essaimé les belles adresses en tout genre dans le quartier, Qasti le bistrot et le salon de thé, le grill à shawarma, sans omettre la boulangerie Faurn, destinée à promouvoir les manouché, cette version libanaise de la pizza. Si Alan Geeam possède toujours une étoile à son nom rue Lauriston dans le 16e, il s’attelle à récupérer celle perdue chez Nicolas Flamel, après le départ de Gregory Garimbay au Saint-James. Les fourneaux avaient été repris l’an passé par Emile de France, son ex adjoint de la rue Lauriston, parti depuis pour une aventure personnelle. Le nouvel élan de la maison est signé du le chef Marco Sergiampietri, toscan des environs de Carrare, qu’on a croisé chez Adami et ancien de Robuchon, Hélène Darroze chez Joïa ou encore Simone Zanoni au George V, et qui pratique là une cuisine française, légère et créative, avec quelques clins d’œil à ses racines. Il est relayé ici, brillamment, côté douceurs, par le ciseleur sucré Jordan Papineau et, pour la partie vins, par la malicieuse Bathilde Tautou, soeur de l’actrice vedette d’Amélie Poulain, qu’on découvrit jadis aux Lyonnais de la rue Saint-Marc. On y ajoute une service de salle au taquet et on se dit que la maison est bien partie ici pour retrouver très vite l’étoile. En tout cas le niveau, l’enthousiasme et la dynamique sont bien là.

Jean Gary-Bobo, nouvelle étoile de Montpellier

Jean Gary-Bobo © GP`

Il est le coming-man de la gourmandise montpelliéraine, la bonne étoile du moment, mitonnant, au coeur de la vieille ville des menus malicieux à sa manière. Jean Gary-Bobo, 30 ans, ancien de chez Anne Majourel à Sète, Thibault Ruggieri à Fontevraud, Georges Blanc à Vonnas et les frères Pourcel à quelques pas de là, a fait de son restaurant « Aliro », dont l’enseigne est un hommage à son père Alexandre, le témoignage vibrant de son retour dans sa ville natale. Ses menus traduisent l’amour du produit local. Ainsi l’oignon doux confit, avec sa tapenade d’olive noire, sa crème d’Isigny montée, l’anchois et ce trompe l’oeil d’olive noire et de mélisse fraîche qui fait un démarrage en fanfare. On aime aussi la courgette avec gambas, moutarde, aneth, présentée comme un cannelloni de courgette à la ricotta, avec gambas marinées, crème moutarde et jus corsé de crevettes. Très local, encore le poulpe rôti, avec brunoise d’aubergine aux lentilles, crème d’aubergine fumée et vinaigrette lentilles, plus zaatar et jus de poulpe. Mais l’oeuf parfait avec tartare de maquereau fumé, crème iodée et gel citron qui prend des airs de brandade nouvelle vague emballe aussi. On aimera aussi l’espadon fort bien (peu) cuit, car juste snacké avec sa piperade brûlée et son jus corsé au chocolat noir. On vous en dit plus très vite.

Casa Pregonda : des Baléares très parisiennes

Casa Pregonda © DR

Une parenthèse minorquine en plein Paris ? Cela se passe chez Casa Pregonda qui vient juste de poser ses valises non loin de la rue Montorgueil et crée l’événement en chantant la gourmandise ibérique entre terre et mer. Sous la houlette d’Alexandre Giesbert, artisan de Daroco, qu’on n’attendait pas vraiment de ce côté là, mais qui surfe ainsi de l’Italie aux Baléares, le lieu nommé en référence à une plage un peu secrète de l’île dévoile, derrière une façade, entre tons blancs et vert pin, une salle intimiste et empierrée mêlant souvenirs de là-bas et charme parisien. Au programme ? Cap sur l’Espagne à grands renfort de mets ensoleillés et de produits de qualité. Témoins : la cecina de Leon taillée dans un boeuf wagyu, les anchois de Cantabrie ou la tortilla crémeuse avec aïoli et poivrons qui cèdent la place à un riz à l’encre de seiche avec crevettes carabineros et pluma ibérique avant une crème catalane ou une « tarta de queso » avec coulis de cassis côté douceurs. On vous en reparle très vite. Une halte sympathique, à défaut d’être authentiquement ibérique…

La course des cafés 2025 

Course des Cafés © DR

 
A l’initiative de Bistrots & Cafés de France, d’Eau de Paris et de la Mairie, 2024 avait marqué la résurrection de la mythique Courses des Garçons de Café, rebaptisée Course des Cafés et alors disparue du paysage parisien depuis treize ans. Avec le soutien du GHR et de l’UMIH, la nouvelle édition aura lieu ce dimanche 21 septembre sur un parcours de 3,1km qui serpentera aux abords de l’Hôtel de Ville en passant par le Marais et les berges de Seine, faisant ainsi la part belle à une série de lieux emblématiques de la capitale. Si le tracé évolue, le défi reste inchangé. Les participants devront allier rapidité et équilibre en veillant sur un plateau alignant croissant, café et verre d’eau. Grande nouveauté cependant : aux côtés des professionnels et des apprentis démontrant leur savoir-faire, 150 parisiens issus du grand public pourront concourir et s’essayer à l’art du métier (les inscriptions se déroulent par ici). Une belle manière de valoriser la profession pour un moment de fête au coeur de Paris.

Les Lumières de Versailles 

Erwan Le Thomas © FA

Une perle hôtelière et gourmande toute voisine du royal Château de Versailles ? Les Lumières, cinq étoiles de charme signé 2L Collection du Groupe Caravelle, niché dans les anciens pavillons de Villacerf et de Gramont et mêlant cadre du XVIIe siècle et touches contemporaines. Depuis un an, le dynamique Erwan Le Thomas s’illustre aux fourneaux de ce boutique hôtel affilié aux Relais & Châteaux. Membre des Compagnons des Devoirs Unis, ce jeune ancien du Fouquet’s, du Shangri-La avec Philippe Labbé, du Péninsula ou encore du Mandarin Oriental avec Thierry Marx règne notamment sur la grande table maison – la Table des Lumières –  où il met en scène une cuisine conviviale et saupoudrée de touches végétales. La tomate farcie pour deux avec chèvre frais, pistou de roquette et pignons de pin, la variation autour du chou-fleur vanillé avec taboulé et noisettes du Piémont ou le soufflé noisette et chocolat flanqué de sa glace à la fleur de sureau donnent quelques bonnes idées de ce qui se trame là. Le(s) plus du lieu ? Les exquis petits-déjeuner servis dans la « Galerie des Lumières », les cocktails inventifs du bar des Philosophes et un spa estampillé « Beau Domaine » marque de Brad Pitt avec hammam et sauna. On vous en dit plus très bientôt.

Casa Amor, phénomène tropézien

Zouhair Bouhlal © DR

Ambiance festive et bohème aux couleurs de Tulum, cuisine fraiche et métissée, le tout les pieds dans l’eau avec un soupçon de glamour, de bambous et de musique live, voilà la recette gagnante pratiquée depuis cinq saisons par Casa Amor qui renouvelle le genre « beach club » sous la houlette du Moma Group sur la plage de Pampelonne à Ramatuelle. Aux manettes, Zouhair Bouhlal chef italo-marocain, natif de Padoue, formé en Italie dans des maisons étoilées, un temps précurseur de la cuisine moléculaire dans la Botte puis chef exécutif du groupe Loulou à Paris signe les deux cartes de l’enseigne également présente au Mandarin Oriental de Dubaï. Il donne ici vie à une partition méditerranéenne et moderne teintée de ses racines marocaines mais aussi de touches mexicaines et asiatiques. Crudos et carpaccios (comme celui de gambas rouges avec stracciatella, pistaches et zestes de citron) dansent ainsi la sarabande avec un tacos au mijoté de boeuf, un tempura d’aubergines agrémenté de pesto de tomates et basilic ou encore des paccheri au loup de mer. Des Emirats à la Côte, un succès appelant d’autres ouvertures à l’international notamment au Brésil puis au Maroc.

Benjamin Moury au Four Seasons de Casablanca 

Benjamin Moury © DR

Nouvel itinéraire pour Benjamin Moury, professionnel de l’hôtellerie de luxe qui quitte le Léman et le Four Seasons les Bergues où il officiait depuis 2018 pour les charmes du Maroc. Fils de restaurateurs parisiens, ayant débuté sa carrière au Marriott Paris avant de faire toutes ses armes dans la galaxie Four Seasons, il prend ainsi la direction du palace de Casablanca qui face à la mer allie architecture contemporaine et ancrage marocain. Il aura ainsi à charge de veiller sur ce cinq étoiles avec suites modernes et confortables, spa de grand luxe et s’inscrivant au coeur du développement du groupe dans un Maroc à l’attractivité croissante. La marque possède en effet également deux autres implantations de prestige dans le Royaume, à Rabat non loin de la plage mais aussi à Marrakech via un superbe ryad toisant les monts de l’Atlas.

A propos de cet article

Publié le  7 juillet 2025 par

Les chuchotis du lundi : les cinglants débuts d’Emilie Couturier chez Héritages, départs en cascade chez Michelin, Marco Sergiampietri la botte secrète d’Alan Geeam chez Nicolas Flamel, Jean Gary-Bobo nouvelle étoile de Montpellier, Casa Pregonda ou des Baléares très parisiennes, la course des cafés 2025, les lumières de Versailles, Casa Amor phénomène tropézien, Benjamin Moury au Four Seasons Casablanca ” : 3 avis

  • Dubonnet

    Cher Webmaster (Gilles, c’est vous?),
    Une petite précision : Michael Ellis a effectivement occupé son poste avant Gwendal Poullennec. Cependant, pendant sept mois, il était lui aussi placé sous la tutelle d’Alexandre Taisne. Vous trouverez davantage d’informations à ce sujet dans les protocoles des syndicats actifs au sein de Michelin Travel Partner. Ceux-ci ont été retirés d’Internet, mais je les ai soigneusement archivés.

  • Webmaster

    Merci de votre lecture attentive Jluc. Alexandre Taisne a brièvement occupé le poste de directeur (durant 7 mois) avant la nomination de Gwendal Poullennec.

  • jluc

    bonjour, rumeurs bibendum toujours troublantes, merci de les relater ici…
    en revanche, je ne comprends pas cette phrase « Hypothèse non sans-évoquer le mystérieux et brusque changement de cap, jamais expliqué (« ce fut assez violent« , nous glisse-t-on), après sept mois seulement de présence, de son prédécesseur Alexandre Taisne… »?
    Alexandre Taisne est le prédécesseur de qui? et de quel changement de cap s’agit-il?
    merci par avance

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