Jacaranda de Gaël Faye

Article du 17 septembre 2024

Vous avez aimé, comme nous, « Petit Pays », paru en 2016, pour lequel on s’était battu pour lui faire obtenir le prix du premier roman. Vous ne serez pas déçu par « Jacaranda », patiemment rédigé depuis huit ans et qui constitue un nouvel opus, comme une suite,  une symphonie neuve et disjointe, un appendice au premier, un hommage affirmé au pays de sa mère, meurtri par le génocide des Tutsis commis par les Hutus. Gaël Faye se penche à nouveau sur le Rwanda par le biais de Milan, vivant avec ses parents à Versailles. Il est le fils d’un français et d’une rwandaise – qui refuse obstinément de parler de son pays, jusqu’au jour où on amène chez lui le petit Claude qui a son âge mais qui est maigrelet et porte une horrible blessure à la tête. C’est le début, pour Milan, d’une quête incessante vers ses racines, ses malheurs tus, sa famille secrète, à travers les générations et les personnages hauts en couleurs. Découvrant Kigali et Butaré, ses grand-mère et arrière grand-mère, retrouvant Claude et ses amis bigarrés, comme Sartre, qui squatte un immeuble ancien et collectionne les livres, accumulants les récits de Rosalie ou d’Eusébie – déjà croisée dans « Petit Pays » -, Milan traverse les époques, les générations, les âmes et leurs secrets, ceux de sa petite cousine Stella qui se cache dans le jacaranda qui orne son jardin pour oublier les tracas du monde. Grand livre de la mémoire, entre haine et indifférence, vengeance, reconstruction et pardon, ce roman embrasse des décennies de malheurs, panse des plaies encore vives. Ecrit avec force et sensibilité, sans larmes  inutiles, mais avec conviction, comme l’était « Petit Pays », il nous mène plus loin encore, en quête d’une mémoire endommagée, disparue,et finalement retrouvée.

Jacaranda de Gaël Faye (Grasset, 288 pages, 20,90 €).

A propos de cet article

Publié le  17 septembre 2024 par
Catégorie : Livres Tags : ,

Et vous, qu'en avez-vous pensé ? Donnez-nous votre avis !